Afidol / France Olive : nouveau nom et nouvelle stratégie

Publié le 02 juillet 2019

L'AG se déroulait au sein du domaine de Jean Tigana (au centre). Plusieurs anciens présidents de l'association étaient présents pour le 20e anniversaire de sa création.

Les acteurs de la filière oléicole étaient réunis la semaine dernière à Cassis, pour l’assemblée générale de l’Afidol. S’il s’est félicité de l’abondance des deux dernières récoltes, le président de l’interprofession, Laurent Belorgey, a rappelé que d’importants efforts sont encore nécessaires pour améliorer la productivité des vergers.

L’assemblée générale de l’Afidol (Association française interprofessionnelle de l’olive) qui s’est déroulée vendredi dernier au sein du Domaine de Jean Tigana, à Cassis, était symbolique à plus d’un titre pour Laurent Belorgey, son président. En premier lieu parce qu’il s’agissait pour lui d’une “première”, après son élection l’an dernier à la tête de la structure auparavant présidée par Olivier Nasles, désormais trésorier. En second lieu parce que l’Afidol fête, cette année, ses 20 ans et s’offre du même coup un sérieux coup de jeune, avec une nouvelle dénomination ‘France Olive’ et un nouveau logo (voir encadré). Au-delà de cette opération, c’est à une véritable remise à plat de la stratégie de l’interprofession que Laurent Belorgey a proposé aux adhérents de mettre en œuvre. Lors de la lecture de son rapport moral, ce dernier s’est d’abord félicité des volumes enregistrés pour la récolte 2018 qui coïncide peu ou prou, avec 5800 tonnes récoltés, celle de 2017 (plus de 6000 tonnes), avant de nuancer son propos. “Je ne mésestime pas les difficultés que cela crée pour les opérateurs. La reconquête des marchés perdus, après des années de faible production est un travail de longue haleine. Mais n’oublions pas que la filière oléicole française aurait pu disparaître après des récoltes calamiteuses”, a indiqué le président de l’Afidol, avant de préciser que “la facilité à court terme” serait d’espérer une petite récolte, pour rééquilibrer le marché. “Je me réjouis, au contraire, de la floraison prometteuse de ce début d’été.” S’il s’est également félicité des “réussites” enregistrées par l’interprofession, comme “le travail de valorisation de nos huiles d’olive de France, l’amélioration de la qualité, la recherche de diversité de goûts” notamment, Laurent Belorgey a pointé “l’absence de rentabilité” de la majorité des oliveraies. “Nous avons atteint un plafond de verre en matière d’acceptabilité du prix par le consommateur. Il nous faut désormais actionner d’autres leviers”. L’enjeu est, selon lui, multiple : “Il s’agit de permettre aux oléiculteurs de vivre de leur production, d’assurer le renouvellement des générations et offrir aux mouliniers la possibilité de pérenniser leurs outils de transformation. Il s’agit d’une nécessité pour notre filière”.

Des vergers plus productifs et plus réguliers

Pour Laurent Belorgey, les efforts d’investissements consentis par les producteurs, comme les mouliniers, con­duisent à “un coût pratiquement fixe” des chantiers de récolte, “qu’il tombe une centaine d’olives à chaque coup de pei­gne ou une dizaine. Il en va de même pour un moulin dont le coût de fonctionnement n’est pas proportionnel au tonnage trituré, tant l’investissement est important pour une période annuelle d’utilisation réduite”. Autrement dit, “le verger français doit être plus régulier et plus productif. C’est la raison pour laquelle nous devons poursuivre nos efforts en ce sens”. Dans son allocution, très offensive, le président de l’Afidol a appelé à une mobilisation des acteurs de la filière : “tous les metteurs en marché doivent prendre leurs responsabilités pour porter un stock utile et même nécessaire pour garantir l’approvisionnement de leur marché. D’autant plus que nous savons maintenant comment le conserver dans de bonnes conditions”. Le cas échéant, la filière risque d’entrer dans un cercle vicieux : “un oléiculteur qui n’arrive pas à commercialiser sa production sera tenté de faire l’impasse sur la fertilisation, la taille ou l’irrigation. Cela ne se ressentira pas nécessairement sur la récolte suivante. Mais c’est déjà hypothéquer celles des deux années suivantes”. Une décision dévastatrice à terme, le risque étant que l’alternance naturelle de l’olivier soit amplifiée, “avec toutes les connaissances que nous avons !”. Pour éviter ce type de situation, Laurent Belorgey annonce plusieurs axes stratégiques prioritaires, dont celui de la recherche. L’Afidol cofinance ainsi plusieurs travaux, dont une expérimentation menée conjointement depuis mars 2018 par une équipe du CNRS de Lille et l’Inra Montpellier, au Mas d’Asport, avec un verger en pleine production. L’objectif est d’optimiser la compatibilité pollinique entre les principales variétés françaises et de maximiser ainsi le ratio entre le nombre de fleurs et les olives produites par l’arbre.

Julien Dukmedjian


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