Agrumes de Provence : des agrumes tous terrains et adaptés au froid

Publié le 01 juin 2021

Une centaine d’espèces et de variétés d’agrumes sont proposés à la vente. (© J. Dukmedjian)

Collectionneur d’agrumes, Jérôme Barnéoud-Rousset a fait de cette passion sa profession. Il cultive désormais, sous serres, des plants de variétés résistantes au froid destinées aux professionnels et au grand public.

Cultiver des agrumes en pleine terre, hors des régions méridionales ?  La question était jusqu’à quelques années en arrière inenvisageable, faute de variétés disponibles capable de résister à des températures négatives. Mais ce rêve, caressé par les collectionneurs, est désormais possible, depuis l’apparition de variétés rustiques, introduites par des pépiniéristes passionnés comme Bernard Riera, implanté à Venelles ou encore Michel Bachès. “Ils font partie des pionniers qui ont ramené des agrumes du monde entier, et en particulier de régions voisines de l’Himalaya, où ils poussent en altitude” explique avec passion Jérôme Barnéoud-Rousset. Jardinier-paysagiste pendant presque dix ans, après l’obtention d’un BP horticulture, ce dernier s’est intéressé aux agrumes, avant de les collectionner, au fil des années. Une passion vite devenu dévorante mais surtout... envahissante au fur et à mesure de l’acquisition de nouvelles espèces et variétés plus ou moins rares. “Je me suis d’abord renseigné sur les forums internet, avant de me tourner vers les professionnels, pour essayer d’obtenir des conseils. Ils m’ont répondu au départ... Avant d’estimer que je posais trop de questions ! Le monde des collectionneurs d’agrumes est tout petit et fermé” résume le pépiniériste.
Ce dernier a donc cherché et expérimenté avec succès différents porte-greffes susceptibles d’être acclimatés hors de l’arc méditerranéen, autrement dit dans des régions où le mercure descend potentiellement au-delà de -10 °C. Son choix s’est finalement porté sur plusieurs espèces, dont Poncirus trifoliata et des hybrides qui en sont issus. Ceux que j’ai sélectionné répondent à plusieurs critères déterminants, dont les principaux étaient une bonne adaptation à la culture en pot, en pleine terre ou encore en bord de mer, où la plante est confrontée à un taux de salinité important dans le sol ou dans l’atmosphère. L’idée de professionnaliser cette activité menée jusqu’alors en amateur commence en parallèle à germer, même s’il poursuit en parallèle son activité de paysagiste et d’entretien des jardins et des espaces verts jusqu’à la création en 2020 de sa société, Agrumes de Provence, implantée vers Salon-de-Provence. 


Une centaine d’agrumes en catalogue

Celle-ci est née, comme souvent, d’un constat simple comme l’explique Jérôme Barnéoud-Rousset : “les arbustes destinés au grand-public, que l’on trouve en jardineries sont importés de Sicile ou de pays chauds, mais sont rarement adaptés à une plantation en plein champ ou à des typologies de terres spécifiques, contrairement à ceux que je propose”. Les collectionneurs, en particulier les novices, “sont d’autre part à l’affut de tout ce qui fait le buzz”. Mais les cultivars qui s’échangent ou se vendent entre particuliers sont rarement testés et sont dès lors susceptibles d’être porteurs de maladies comme la tristeza des agrumes, un phytovirus très contagieux qui entraîne le dépérissement des arbres. “La transmission s’effectue via des plants contaminés par des pucerons vecteurs de la maladie ou à l’occasion des greffes, si les outils ne sont pas désinfectés, avec le risque de voir sa collection réduite à néant précise Jérôme Barnéoud-Rousset. Autant d’arguments qui séduisent ce public très spécifique de passionnés d’agrumiculture, certes restreint, mais susceptible de débourser des sommes importantes dans le cadre de leur passion, auquel il donne volontiers des conseils de culture et d’entretien. Le dernier public visé est celui des agriculteurs qui souhaitent se diversifier vers la culture des agrumes, une tendance qu’on observe déjà dans la Région et qui se développe de plus en plus. Le créateur d’Agrumes de Provence dispose pour l’heure d’une centaine d’espèces et de variétés en catalogue, dont certaines assez rares sur le marché comme le Sudachi, le Satsuma, le yuzu, certaines variétés de kumquat ou le tangelo, un hybride de mandarin et de pomelo... Il envisage à terme de produire dans ses serres 2500 plants/an d’agrumes commercialisés via le site de vente en ligne qu’il a créé via un système click & collect original avec une pré-commande au printemps pour un retrait sur place, à l’automne. Un “show-room” prendra également place sur une partie de la parcelle où sont implantés ses serres, afin de montrer les plants proposés à la vente en situation réelle. 

Julien Dukmedjian

Les chiffres clés
• 2 500 arbres produits annuellement à terme.
• 100 espèces et variétés d’agrumes sont proposés à la vente.
• 350 agrumes dans le cadre de sa collection personnelle.


Agrumes de Provence s’adresse aux professionnels comme aux particuliers. (© J. Dukmedjian)

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