Apprentissage : un soutien à l’embauche qui devrait faire du bien

Publié le 30 juin 2020

Il est encore un peu tôt pour savoir comment l’aide à l’embauche d’apprentis va se traduire, mais le soutien a été très bien perçu dans les établissements comme les entreprises.

Pour accompagner la reprise d’activité, le gouvernement a décidé de soutenir l’apprentissage. Les dispositions, annoncées début juin, ont été bien accueillies dans les établissements qui dispensent de la formation par alternance dans le département.

La fin d’année scolaire était encore bien chargée pour bon nombre d’établissements, entre la préparation de reprise des cours physiques pour certains, la remontée des notes des contrôles continus pour d’autres, et une phase de recrutements qu’il a fallu aussi gérer, dans un contexte toujours très contraignant. L’annonce de mesures exceptionnelles, visant à encourager les entreprises a? accueillir des apprentis, n’est néanmoins pas passée inaperçue. La mesure phare concerne l’aide financière à l’embauche d’apprentis : elle sera versée, sous forme de prime, pour un contrat signé entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021 aux entreprises qui embauchent des alternants. “L’aide allouée sera différente selon le diplôme concerné et la taille des entreprises. Elle sera inférieure pour les formations post-bac, dans l’objectif de relancer les petits niveaux de l’apprentissage. C’est un peu tôt pour savoir concrètement comment cela va se traduire pour nous, mais c’est très positif“, retient Florence Robert, directrice du centre de formation du lycée Fontlongue de Miramas.

En effet, cette aide sera de 5 000 € pour l’embauche d’alternants de moins de 18 ans, et de 8 000 euros pour les alternants majeurs. Les entreprises de moins de 250 employés seront toutes éligibles, tandis que les grandes entreprises devront justifier d’un taux de 5 % d’alternants dans leurs effectifs d’ici 2021, pour profiter de cette aide. “Encore faut-il que les messages passent bien au sein de la profession et des entreprises avec qui nous collaborons. Nous allons tenir pour cela une première réunion, pour annoncer aux employeurs agricoles les mesures en faveur de l’apprentissage et les aides dont ils pourront bénéficier“, indique Thierry Quéré, directeur du LEAP de Fontlongue.

Les annonces sur le soutien à l’apprentissage concernent aussi les Maisons familiales rurales (MFR) du département, qui les ont bien accueillies. “Nous avons tenu un conseil d’administration. Nos partenaires et collègues de l’apprentissage des métiers de bouche nous indiquaient, par exemple, leur intérêt de pouvoir en bénéficier. Mais combien seront encore là demain pour pouvoir embaucher un apprenti, même s’ils le souhaitent ?“, s’interroge Isabelle Ganteille, directrice de la Fédération départementale des MFR des Bouches-du-Rhône, pour qui l’impact de la mesure est encore difficile à mesurer. “Ce sont des aides significatives pour embaucher un apprenti en première année, et l’idée du gouvernement est que le coût à l’embauche soit le plus proche possible de zéro pour les employeurs. Mais nos contrats sont sur des cycles de deux ans, et l’on ne sait pas si l’aide sera reconduite la deuxième année. Il y a encore des interrogations, mais la volonté du gouvernement de ne pas laisser les jeunes sur le bord de la route est la bonne. D’un autre côté, la mesure a été perçue avec beaucoup d’intérêt par les employeurs des différents secteurs.“

Plus de temps pour signer un contrat

Autre annonce forte de ce plan : le délai plus important accordé aux apprentis pour trouver une entreprise. Jusqu’à présent, ils disposaient en effet de trois mois pour trouver un patron après le début de la formation, avec une certaine tolérance. Désormais, un délai de six mois leur sera accordé pour trouver leur entreprise et signer leur contrat d’apprentissage. Pendant cette période, ils pourront être accompagnés par le CFA dans leurs démarches. “Cette mesure pourra apporter un ‘plus’, si tout le monde joue le jeu. Ces dernières années, les contrats se signent de plus en plus tard. Mais il y a aujourd’hui tellement d’incertitudes sur ce qui va se passer pour les futurs apprentis, dans les mois qui arrivent, que cette solution leur offre plus de perspectives. Elle peut ainsi permettre aux jeunes de démarrer sans générer de retard, sans attendre qu’un patron vienne les solliciter“, commente Isabelle Ganteille. “La mesure peut être aussi intéressante en cas de rupture, dans le cas où un premier contrat n’a pas fonctionné avec un patron, pour permettre à l’apprenti d’en signer un nouveau“, ajoute Florence Robert, du lycée Fontlongue.

Enfin, le gouvernement va aider les jeunes à obtenir des ordinateurs pour poursuivre la formation à distance. L’achat d’un ordinateur portable ou d’une tablette sera compatible à l’aide au premier équipement professionnel, à hauteur de 500 €.

La continuité pédagogique – assurée à distance par les établissements ces derniers mois – a en effet souligné que, pour travailler en virtuel, les équipements des élèves (et les connexions) n’étaient pas forcément toujours au rendez-vous. “Comme l’aide au permis de conduire, versée aux apprentis depuis l’an dernier, celle pour l’achat d’un ordinateur semble très intéressante pour les apprentis“, note Isabelle Ganteille.

Les recrutements très actifs

Pour l’heure, la fédération des MFR n’a pas évalué le montant des aides dont pourraient bénéficier les apprentis à ce niveau. La priorité est d’abord au recrutement. Un domaine où les MFR sont depuis plusieurs semaines très actives : quand les conditions sanitaires étaient très restrictives, différentes alternatives ont été développées pour communiquer sur les formations, et beaucoup d’entretiens ont été réalisés par visio-conférence. Mais depuis qu’il est plus facile de circuler, des rendez-vous individuels sont aussi organisés.

Il en est de même dans les lycées professionnels où la promotion des filières bat son plein. “Les inscriptions se poursuivent, et le confinement n’a pas induit de ralentissement de ce côté-là. Il reste cependant des places pour les candidats à la formation de chef de culture au sein du lycée Fontlongue. La deuxième session se termine fin juin, et une troisième sera ouverte en septembre. Très récente et pas forcément encore très connue dans le milieu du maraîchage, cette formation accueille non seulement de jeunes apprentis, mais aussi des adultes salariés “, rappelle Thierry Quéré. 

Emmanuel Delarue

 


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