Aredvi : redonner sa vocation régionale à l’association

Publié le 08 février 2022

Aux côtés de Florence Fraisse, chargée de mission R&D et du volet diffusion à l’Aredvi, le président, Jean-Claude Pellegrin, souhaite que la structure redevienne un lieu d’échanges et de choix sur la recherche et développement (© E. Delarue)

L’ambition du nouveau président de l’Association régionale d’expérimentation et de développement viti-vinicoles, Jean-Claude Pellegrin, est de repositionner l’organisme de coordination de la recherche et du développement pour l’ensemble de la viticulture régionale.

Créée il y a plus de 40 ans, l’Association régionale d’expérimentation et de développement viti-vinicole (Aredvi) est une structure essentielle pour la viticulture régionale. Depuis ses débuts, l’association est chargée d’orienter et de coordonner l’ensemble de l’expérimentation. Le transfert des références et connaissances auprès des techniciens et des agriculteurs est aussi au cœur de ses missions. En récupérant sa présidence en décembre dernier, au titre de président de la commission viticole de la Chambre des Bouches-du-Rhône, Jean-Claude Pellegrin souhaite pouvoir “relancer son activité, lui insuffler une nouvelle dynamique, du moins repositionner l’entité en tant qu’organisme régional de coordination de la recherche et du développement dédié à la viticulture“.

L’Aredvi ne fonctionne pas sur le mode des appels à projets, mais sur un programme et des actions annuelles définis avec la Région Sud et financées par elle. Pour 2022, l’enveloppe devrait se situer autour des 280 000 €. Le contenu technique et le plan de financement des actions sont généralement déposés avant la fin de l’année, et les expérimentations démarrent fin mars - début avril.

Une chance pour la viticulture régionale !

Il faut savoir que, dans beaucoup de régions, ce lieu de concertation purement dédié à la recherche et au développement (R&D) au niveau régional n’existe pas. Aussi, “disposer d’un tel outil est une chance pour la viticulture régionale !“, souligne Jean-Claude Pellegrin.

Les membres constitutifs de l’Aredvi, c‘est-à-dire le noyau dur de la structure, sont les Chambres d’agriculture. Mais l’association compte aussi une multitude d’acteurs qui viennent contribuer à la réflexion globale autour de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) qui reste l’outil de coordination technique. “Chacun emmène ses compétences, son analyse, mais aussi ses orientations. C’est un lieu qui permet de définir des choix d’actions les mieux adaptées aux besoins des vignerons, ainsi que leur mise en œuvre. Il doit aussi permettre d’éviter toute opération de redondance sur le territoire régional“, explique le président.

Il y a encore quelques années, les financements de l’expérimentation, avec la mécanique des Contrats de projets État-Région, étaient plus faciles et les budgets alloués au secteur viticole conséquents. Même si les CPER ont disparu pour l’expérimentation, la Région souhaite toujours s’appuyer sur cet outil technique, en finançant les actions prioritaires validées par une gouvernance professionnelle. Des attentes qui ont d’ailleurs été réaffirmées à l’occasion de l’étude conduite par la Chambre régionale d’agriculture sur la R&D 2007-2017. “Il est donc primordial de montrer notre sérieux dans notre capacité à porter des programmes, en renforçant la concertation technique pour optimiser les financements, et en se positionnant sur des projets de R&D avec plus de cohérence“, indique Jean-Claude Pellegrin.

Enjeux multiples

Ce lieu à la fois de convergence et de gouvernance professionnelle, appuyée par les acteurs techniques de la recherche et du développement, doit continuer d’amener des réponses aux enjeux de la viticulture régionale actuelle. Et ces derniers sont nombreux : “Le changement climatique sous tous ses aspects, les cépages résistants, la réduction des intrants, l’irrigation et l’optimisation des rendements sont sur le devant de la scène“. Pour le président, la question des référentiels technico-économiques des coûts de production est un sujet qui demande à être également rapidement travaillé. “Avec la Loi Égalim II, la filière viticole doit pouvoir afficher ces indicateurs précis sur ces coûts“, insiste-t-il.

Un des enjeux de l’Aredvi aujourd’hui est aussi de retrouver une répartition équitable en matière de représentativité sur le territoire, sur l’ensemble des dénominations et des sujets viticoles. “La vocation de cet organisme est de répondre à ses missions au niveau régional pour l’ensemble de la filière, à savoir pour les signes de qualité dans leur globalité et l’ensemble de la production que sont les AOP et les IGP sur les trois couleurs. Les IGP étaient quelque peu déconsidérées dans les programmes d’expérimentation“, déplore le nouveau président de l’Aredvi.

L’ambition est donc de fédérer davantage les acteurs par le biais de la commission professionnelle, sur le choix des sujets et la répartition des actions, “avec un arbitrage juste pour un meilleur équilibre sur la R&D régionale“. Une vision que le président de l’Aredvi s’emploie déjà activement à faire partager. Le cadre est posé. Le challenge sera donc aussi politique. 

Emmanuel Delarue


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