Barbentane : les cerises sont bien là !

Publié le 22 juin 2021

Jean-Claude et Benoit Malosse sont très satisfaits d’avoir pu sauver leur récolte de cerises cette année (@ E. Delarue).

En bord de Rhône, dans les terres riches et profondes de leur exploitation, ‘Les Terres du Mouton’, à Barbentane, la famille Malosse produit de la cerise depuis plusieurs générations. La campagne bat actuellement son plein, et la récolte a été bonne cette année, malgré le gel.

Dans les parcelles de cerisiers des ‘Terres du mouton’ à Barbentane, il reste trois semaines de récoltes et, ces derniers jours, les passes s’enchaînent. La saison débute généralement la première semaine de mai et, actuellement, la variété Giant Red mobilise les cueilleurs. Il s’agit d’une cerise de gros calibre, très appréciée des clients de Jean-Claude et Benoit Malosse. Les arboriculteurs père et fils les expédient essentiellement via des grossistes sur Paris ou en Bretagne, mais aussi localement. Et, cette année, ils sont soulagés d’avoir pu épargner leur produit de prédilection des ravages du gel.

Car personne ne pensait que les températures allaient descendre si bas, et si longtemps. Pourtant les Malosse s’étaient préparés. C’est ce qui a payé, même si la chance leur a aussi souri. En effet, Benoit avait récupéré, il y a peu, un stock important de bougies antigel d’une exploitation qui s’en débarrassait, tandis que les deux exploitants en rachetaient également de leur côté.

Le jeune arboriculteur, qui vient de reprendre l’exploitation, a également investi cette année dans la location de sondes humides, reliées à son smartphone, qu’il a installé dans les arbres. Et son père, avisé, a choisi d’inonder les terres pour limiter les effets du gel la fameuse nuit du 8 avril. Résultat, même si la température est descendue jusqu’à -4°C, ils n’ont déploré quasiment aucune perte sur leurs récoltes de cerises ! Au contraire, le gel aura généré un petit éclaircissage plutôt intéressant sur le calibre des fruits. Pour l’avenir, Benoit prévoit pourtant d’utiliser l’aspersion antigel, plus facile à déployer. Le jeune homme de 28 ans pourra néanmoins toujours compter sur son père, retraité depuis quelques mois, et qui, à ses côtés, lui apporte une aide précieuse.

La couverture a tout changé

Jean-Claude a repris l’exploitation familiale dans les années 80, où la cerise était déjà produite depuis au moins deux générations. Le déploiement du porte-greffe nanisant Maxma 14 permet une rénovation complète du verger, tout en l’adaptant aussi pour une récolte piétonne. Les chevalets de 4 mètres, conservés, témoignent encore de la difficulté d’alors de récolter les cerises, pour les parents et grands-parents de Jean-Claude.

Dans les années 90, parcelle par parcelle, les nouvelles plantations, de Burlat d’abord, puis de nombreuses autres variétés ensuite, s‘enchaînent sur l’exploitation. C’est aussi l’époque où la protection des vergers anti-pluie avec des bâches commence à démontrer son efficacité.

L’exploitant ne tarde pas d’ailleurs à opter pour des structures avec bâches plastiques portées par des arceaux recouvrant le rang. “L’amélioration technique pour sécuriser la récolte est devenue très précieuse. Les printemps commençaient déjà, à l’époque, à devenir de plus en plus compliqués. Les bâches anti-pluie sont maintenant incontournables pour produire de la cerise de qualité ici“, explique Jean-Claude.

Les arceaux sont utilisés pour faire glisser le plastique à l’ouverture et à la fermeture de la bâche chaque année, après la pollinisation des abeilles, entre le 10 et le 15 avril normalement. “Le système de bâches résiste tout à fait au mistral, favorise une maturité plus précoce, un meilleur taux de sucre et un gain de calibre. Les bâches limitent aussi les dégâts causés par les étourneaux, très nombreux cette année“, indique Jean-Claude Malosse.

La moitié du verger de cerisiers de l’exploitation est aujourd’hui couverte. Les variétés non couvertes sont celles les moins exposées au risque de pluie, mais Benoit – qui a désormais repris le flambeau sur l’exploitation – souhaite pouvoir les couvrir malgré tout d’ici trois ans. Les filets protecteurs anti-drosophiles sont aussi à l’étude.

La vente directe en développement

Benoit a certifié son exploitation Haute valeur environnementale de niveau III l’année dernière. Pour répondre aux critères, il n’a pas dû bousculer beaucoup ce que son père et lui pratiquent sur leurs parcelles depuis plusieurs années déjà. Entre le Rhône, à 50 mètres à vol d’oiseau, et les collines de La Montagnette, les parcelles bénéficient d’une belle biodiversité naturelle. Points d’eau, nichoirs, aménagements de haies, etc. étaient aussi déjà très présents sur les ‘Terres du mouton’.

Entre le père et son fils, les approches se rejoignent, même si le jeune homme souhaite s’investir davantage dans la vente directe et développer aussi le maraîchage. Mais il a déjà de quoi s’occuper avec ses vergers. Il n’empêche : le jeune agriculteur est déjà très présent sur plusieurs petits marchés de plein air locaux, ainsi qu’à la halle de Plan de Campagne. “Développer un point de vente ou un magasin sur l’exploitation, pourquoi pas... la demande est là et la relation avec le consommateur me plaît bien“, rétorque l’intéressé. Il faut dire que les produits qualitatifs et visuellement très attractifs des ‘Terres du mouton’ se prêtent très bien à la vente directe. 

Emmanuel Delarue


La Giant Red est récoltée actuellement sur l’exploitation des arboriculteurs de Barbentane (@ E. Delarue).

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