Caves coopératives : Cap sur la ‘certification environnementale’

Publié le 25 juin 2019

Dans les Bouches-du-Rhône, la proportion de vins rosés produits sur la campagne 2018 a été encore plus forte que sur les années précédentes.

Avec ambition et pragmatisme, les vignerons coopérateurs des Bouches-du-Rhône veulent s’engager un peu plus loin dans le développement durable, à l'échelle de leur exploitation et de leur cave.

La vague Haute valeur environnementale (HVE) continue de déferler sur le monde viticole. Et dans un département où depuis de nombreuses années déjà, les vignerons coopérateurs travaillent à améliorer leur empreinte écologique, il était logique que les vignerons s’organisent pour rentrer dans la certification environnementale.

Comme ils l’ont annoncé en début d’année, les vignerons coopérateurs ont décidé de porter à 60 % la surface de leurs vignes labellisées en HVE d’ici 2025. Un objectif que le président de la fédération, Jean-Luc Jauffret, confirmait à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est tenue le 6 juin, à Rognes : “Nous nous appuierons sur des démar­ches existantes et des opérations pilotes comme les GIEE1 des Vignerons du Roy René, à Lambesc, celui du cellier Lou Bassaquet de Trets, les fermes Dephy de l’association des Vignerons de la Sainte-Victoire, etc”, assurait-il.

Au tournant des années 2000 déjà, certaines caves du département s’étaient engagées dans des démarches environnementales fortes au travers de labels, de normes ou de marques, comme

Nutrition méditerranéenne en Provence, Agri Confiance®, Vignerons en développement durable (VDD), ISO 14000… Au sein de leur cave, les vignerons coopérateurs vont même parfois plus loin, en contractualisant avec des espaces naturels sensibles, comme le Grand Site Sainte-Victoire, pour préserver et valoriser les biotopes locaux.

Aujourd’hui, “s’ils ne courent pas derrière les reconnaissances, ils sont toujours motivés par la volonté de mettre en œuvre des pratiques plus propres, et sont aussi à l’écoute des attentes sociétales et des consommateurs”, ajoutait le président. Et la démarche de progrès visée doit passer, maintenant, par le plus haut des trois niveaux de la certification environnementale des exploitations, la HVE. Dans tout l’Hexagone, et chez les vignerons en particulier, il faut dire que la démarche galope, rapporte Laurence Hugou, directrice de l’Institut coopératif du vin Vallée du Rhône & Provence.

112 exploitations accompagnées depuis 2018

L’ICV vient d’ailleurs de boucler un cycle de 112 exploitations accompagnées depuis 2018. Six caves coopératives du Var et des Bouches-du-Rhône, ainsi que quatre domaines particuliers, se sont engagés et, d’ici la fin de l’année, “ces exploitations devraient donc pouvoir être certifiées HVE”.

En un an, le nombre d’exploitations engagées dans la démarche sur tout le territoire national a bondi de 80 %. “La Gironde est en tête (400 exploitations), suivie de la Champagne (300 exploitations), mais nous devrions arriver très rapidement derrière”, indique Laurence Hugou. Comme les Chambres d’agricultures, l’ICV fait partie des organismes agréés pour accompagner les exploitations dans la démarche. La directrice de l’ICV Vallée du Rhône & Provence a tenu à préciser quelques aspects de la démarche portée par le ministère de l’Agriculture précisant, en premier lieu, qu’elle ne vise pas à concurrencer le bio.

Un marchepied du bio

“La grande distribution perçoit d’ailleurs la certification environnementale comme l’antichambre, ou l’étape à franchir, pour aller ensuite vers le bio, à partir du moment où certains désherbants seront interdits. On peut penser alors que les exploitations qui seront déjà en HVE pourront plus facilement basculer en agriculture biologique.” Si l’on­­­­­ n’en est pas encore à ce stade, il est probable que les objectifs sur la certification environnementale pourraient être atteints assez rapidement avec des niveaux d’exploitations certifiées élevés.

Au plan technique, la démarche – qui reste quand même accessible – est une certification d’exploitation qui oblige à engager tous ses ateliers de production. L’objectif est de valoriser le travail et les bonnes pratiques. De plus, “le niveau III exige d’obtenir des résultats bien précis en matière de biodiversité, de stratégie phytosanitaire, de fertilisation et sur la ressource en eau. Une fois atteint, c’est ce niveau qui permettra à l’exploitation de communiquer, sur le produit et sur les documents commerciaux”, détaille Laurence Hugou.

Emmanuel Delarue

 

(1) Groupement d’intérêt économique et environnemental.


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