Centres équestres : reprendre au plus vite pour sortir la tête de l’eau

Publié le 19 mai 2020

La clientèle des centres équestres est très attendue, mais les incertitudes sur les comportements post-confinement des cavaliers, des propriétaires de chevaux et des familles sont grandes.

Avec des caisses vides, les centres équestres ont dû assurer l’entretien des chevaux. Pour beaucoup, les trésoreries sont aujourd’hui à sec, et la reprise des activités ne suffira peut-être pas.

Comme toutes les entreprises contraintes de suspendre leurs activités avec le public, depuis la mi-mars, les centres équestres, qui reçoivent des passionnés de toutes générations à l’année, ont aussi fermé leurs portes. La pension des chevaux a continué d’être assurée, mais les propriétaires n’ont plus été autorisés à venir s'en occuper. Pour les dirigeants des centres et leurs salariés, cela s’est traduit par un surplus d’activité et de coûts. Certaines écuries ont même dû embaucher du personnel.

L’arrêt des cours d’équitation est l’autre conséquence du confinement pour ces établissements. Le problème est que pour certains d’entre eux, l’enseignement est l’activité principale. “Ces écoles d’équitations n’ont plus eu aucune rentrée financière, mais ont dû continuer de soigner et de nourrir les chevaux d’école et les poneys. Elles n’ont pas pu mettre non plus en chômage technique leurs salariés, puisqu’il fallait s’occuper des chevaux“, rapporte Franck David, président du Comité régional d’équitation de la région Provence-Alpes-Côte d’azur (CRE Paca).

L’activité saisonnière mise à mal

Le tourisme équestre a, lui aussi, été confronté aux mêmes difficultés que les poneys clubs et les écoles d’équitation. Certaines structures tournent peu en hiver, mais fonctionnent à plein dès les vacances de Pâques, jusqu’en septembre. Le secteur s’inquiète aussi quant à la possibilité de tenir des événements festifs et regroupements en sortie de crise, notamment en prévision de la période estivale.

Tous les centres arrivés au début du printemps au bout de leurs provisions de trésorerie sont vraiment en grosse difficulté aujourd’hui“, ajoute Franck David. “Les plus solides ont pu faire face et, dans toutes les structures, on a cherché à s’adapter. Mais le risque de faillites à venir est important.“

Beaucoup d’initiatives ont été lancées pour venir en aide à ces écoles d’équitation. La Fédération française d’équitation a mis en place une campagne solidaire, via une plateforme de dons en ligne (Cavalier solidaire), pour soutenir les 6 000 poney-clubs et centres équestres de la fédération, touchés de plein fouet.

D’autres initiatives privées ont été organisées par des cavaliers désireux de soutenir leur club. La générosité du public s’est aussi traduite par le parrainage de nourriture, pour les chevaux ou poneys par exemple. Même si la solidarité a pu jouer, les aides n’ont jamais été à la hauteur des coûts des centres équestres, dont la nourriture pour les chevaux est, avec le personnel, la charge principale. La plupart des centres ne disposent pas de terres pour produire eux-mêmes leur fourrage, ce qui explique les liens étroits tissés avec le monde agricole.

Des structures non subventionnées

Comme l’explique le président du CRE Paca, il n’y a pas aujourd’hui de villes ou de villages qui n’aient son centre équestre, ou son poney-club. Et la particularité de ce milieu sportif est que toutes ces structures ne coûtent pas à la collectivité. “Contrairement à tous les équipements sportifs, les centres équestres ont une autonomie de création et de fonctionnement. Aussi, pour soutenir ce secteur en difficulté, nous essayons à présent d’obtenir des aides.“ Mais les réponses des autorités se font toujours attendre...

La fédération a réussi à obtenir des ministères de tutelle, de la Jeunesse et Sport ainsi que de l’Agriculture, un fonds de solidarité dont le montant est actuellement à l’étude. De son côté, le CRE Paca a également sollicité la Région Sud, dans le cadre de son plan d’urgence, de solidarité et de relance. Quant à la reprise des activités équestres, la fédération nationale a travaillé pour proposer des protocoles sanitaires de précaution. Le Gouvernement a annoncé que les activités de plein air, avec des groupes inférieurs à dix personnes, pourraient reprendre avec le déconfinement. L’équitation, avec les centres équestres et les poney-clubs, est concernée ; mais rien n’était encore acté il y a quelques jours. Le président du CRE Paca attend “que les établissements reprennent rapidement une activité, pour remettre en route l’économie. Même si l’on sait aussi que les conditions resteront difficiles“. 

Emmanuel Delarue

 


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