Ceta et Mercosur dans le viseur de la FDSEA 13

Publié le 30 juillet 2019

“Des événements très graves sont en train de se produire : le Mercosur et le Ceta”, a expliqué samedi, Patrick Lévêque, le président de la FDSEA 13, lors de la manifestation organisée devant la Direction départementale du travail et de l’emploi.

Les adhérents du syndicat étaient invités à manifester samedi dernier à Châteaurenard et Arles, pour dénoncer les traités internationaux dont le projet de loi de ratification était discuté au parlement, en début de semaine.

Mauvais timing ou enjeux trop lointains pour les agriculteurs du département ? L’appel à manifester samedi dernier, lancé par la FDSEA 13 et son président Patrick Lévêque n’aura finalement pas eu le succès escompté par les organisateurs, avec la présence d’une cinquantaine d’adhérents “seulement”. Pas de quoi pourtant tempérer les ardeurs du président départemental du syndicat majoritaire, qui a longuement détaillé les dangers que constitue, selon lui, la ratification du Ceta et du Mercosur par la France.

Ces deux traités de libre-échange concernent, pour le premier les échanges commerciaux entre l’Union Européenne et la Canada, pour le second, entre l’Amérique du Sud et l’UE. Négocié depuis 2009, le texte du Ceta a été signé en 2016 par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le président du Conseil européen, Donald Tusk. Appliqué de manière provisoire depuis deux ans, sa mise en œuvre totale est conditionnée par la ratification de tous les Etats. Pour l’heure, c’est chose faite pour 14 d’entre eux, dont la France qui a voté, ce mardi après-midi, en ce sens.

Même si le vote du texte semblait plié la semaine dernière, malgré une opposition de plusieurs députés et notamment ceux de la majorité gouvernementale, Patrick Lévêque ne décolérait pas contre ses conséquences “néfastes”. Présent samedi dernier, en début d’après-midi, dans l’enceinte du MIN de Châteaurenard, le président de la FDSEA 13 mettait ainsi en garde ses adhérents : “Des événements très graves sont en train de se produire : le Mercosur et le Ceta. Nous ne sommes pas forcément très impactés dans le département, hormis pour quelques produits. On pourrait se demander, dès lors, pourquoi nous sommes en train de manifester ? Parce qu’au-delà du Ceta, je rappellerai que 46?produits phytosanitaires autorisés au Canada sont interdits en France. Les cultures génétiquement modifiées le sont également, alors même qu’un agriculteur a eu ses champs OGM récemment arrachés dans notre pays” estime Patrick Lévêque.

Une distorsion de concurrence

“Le Canada autorise aussi la pulvérisation de désherbants sur les cultures, si nécessaire, contrairement à la règlementation française” affirme aussi ce dernier, en pointant également le danger que représente le Mercosur qui concerne tous les pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil. “Si on prend le cas de ce pays, plus de 120?produits phytosanitaires viennent d’être à nouveau autorisés, soit 74?% de plus que chez nous. Ces produits – à travers les accords qui vont être négociés, et en espérant qu’ils n’aboutissent pas – vont entrer sur notre territoire, avec l’accord de notre parlement, s’ils sont ratifiés. Le Sénat n’est pas d’accord, mais l’Assemblée nationale le serait, a priori : C’est un scandale !” s’est alarmé le syndicaliste.

Après Châteaurenard, un deuxième temps fort était prévu à Arles dans l’après-midi, devant le siège de la DDTE (Direction départementale du travail et de l’emploi) avant de repartir vers le centre-ville et la sous-préfecture, où un dossier a été remis au sous-préfet. Lors de ce second rassemblement, un autre sujet, franco-français cette fois, était dans le viseur de la FDSEA 13 : celui de la loi Egalim, issue des Etats généraux de l’alimentation organisés en 2018. “Nous avons travaillé avec les JA, sur une charte de bon voisinage, pour répondre à toutes les difficultés que nous avons aujourd’hui avec nos voisins. Nous y expliquions pourquoi nous traitons… et nous demandions en parallèle à nos voisins de nous respecter dans le cadre de notre travail. Mais le gouvernement nous a pris de vitesse, en annonçant une ‘charte du riverain’ dans le cadre de la loi Egalim” s’est agacé Patrick Lévêque devant une cinquantaine d’adhérents.

Julien Dukmedjian


Des bottes de pailles et des souches ont été déversés en signe de protestation par les agriculteurs.

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