Christophe Durdilly : “Les Vignerons indépendants ont toujours été précurseurs”

Publié le 02 avril 2019

Le Var s’apprête à accueillir les Rencontres nationales cette année. Plus de 300 vignerons sont attendus à Saint-Maximin pour échanger sur l'avenir de leur filière, avec l’export comme fil rouge. Christophe Durdilly, président de la fédération Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse nous donne la tonalité de ces deux journées.

Comment se présente ce grand rendez- vous ?

Christophe Durdilly : “Nous sommes très heureux de pouvoir accueillir ces vignerons qui viendront des quatre coins de France et de toutes les régions de production. Notre souhait est de leur dévoiler nos paysages, nos identités, nos techniques de production et notre commerce. Notre objectif est qu’ils repartent en ayant la meilleure vision possible de la Provence, qu’ils en soient plutôt des ambassadeurs que des concurrents tout simplement.”

Quel est l’objectif de ces rencontres organisées chaque année en région ?

C.D. :  “Nous travaillons tous sur les mêmes outils, nous cultivons notre raisin, nous faisons notre vin, nous l’élèvons et nous le vendons. Ce qui nous caractérise, c’est notre authenticité, ‘notre passion’, comme disent certains. C’était d’ailleurs le thème de l’année dernière, dans le Beaujolais. La thématique retenue pour chacune des Rencontres nationales tient compte du secteur géographique de la région hôte et s’appuie sur ses points positifs et majeurs dans le but de faire ressortir certaines spécificités et qualités locales. Le thème de la commercialisation à l’export, choisi cette année, s’appuie naturellement sur les très bonnes dynamiques de la Provence de ces der­- nières campagnes. Elles ont été portées par des domaines majeurs et la motivation des vignerons d’avoir de belles productions de raisins, de belles vinifications, techniquement irréprochables, mais aussi un commerce actif, qui se définit plus à l’international dernièrement. C’est un marché porteur et valorisateur.”

Le rosé est-il l’atout majeur pour vendre à l’export ?

C.D. : “Pour la Provence, le rosé, qui est d’abord une production historique, a été un positionnement choisi, et force est de constater qu’il fonctionne très bien. Après, il ne se produit pas uniquement du rosé en Provence. Les Vignerons indépendants produisent aussi des vins rouges et des vins blancs, et nous sommes amenés à constater que la valorisation de ces vins est même supérieure à celle du rosé. C’est d’ailleurs un point sur lequel il nous faut nous interroger. Mais il est certain que la consommation du rosé tire et oriente la production, et la Provence, qui est leader sur ce marché, doit continuer d’avancer, car tout va très vite.”

Craignez-vous que le brexit modifie les relations commerciales avec la Grande Bretagne ?

C.D. : “C’est un marché qui capte évidemment la production provençale. Cette actualité fait couler beaucoup d’encre, mais j’ai la conviction que ceux qui opèrent sur ce marché continueront de travailler avec ce grand pays importateur. Le programme des Rencontres nationales nous donnera l’occasion d’évoquer ce sujet et il est prévu des interventions qui s’appuieront sur des expériences qui nous permettront de construire une réflexion positive sur la question. C’est d’ailleurs sur tous les sujets abordés, tout le sens de ces Rencontres nationales.”

Quels sont quelques-uns des sujets sur lesquels travaille votre fédération ?

C.D. : “Nous sommes très impliqués dans les réflexions qui sont conduites autour des questions liées au réchauffement climatique, et à toutes les problématiques sanitaires en général qui menacent le vignoble et notre production. Nous travaillons, par exemple, dans le cadre d’une commission technique en collaboration avec la Chambre d’agriculture, sur le dépérissement du vignoble. Différents vignerons adhérents sont volontaires pour apporter leur vision sur cette problématique qui nous préoccupe, bien évidemment, car comment produire du bon vin sans bon végétal ?

D’une certaine façon nous nous réjouissons de la valorisation de nos productions sur les marchés, mais nous n’en sommes pas moins très vigilants sur tout ce qui doit être entrepris pour la justifier. Les Vignerons indépendants ont toujours été moteurs et précurseurs pour aller chercher les réponses, et les moyens, pour mieux agir au vignoble et améliorer la rentabilité de nos entreprises.

Ensuite, sur un autre volet, nous som­mes toujours engagés dans des opérations auxquelles nous tenons, la dynamique ‘Arts et vins’ par exemple. C’est un rendez-vous œnotouristique et de mise en avant important, à la fois de notre logo, mais aussi des vignobles qui y participent.”

Propos recueillis par Emmanuel Delarue


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