Coopfruit Luberon : la coopérative veut étendre son activité aux fruits à coque

Publié le 14 mai 2019

L’an dernier, les adhérents de la coopérative Coopfruit Luberon ont récolté 5 201 tonnes de cerises d’industrie.

Le 25 avril dernier, s’est tenue l’assemblée générale de Coopfruit Luberon, marquée par l’annonce d’un projet de création d’un groupe spécialisé fruit à coque. Objectif ? Accompagner le développement des projets de diversification en production d’amande et de pistache.

Après une assemblée générale extraordinaire destinée à mettre les statuts de la société coopérative Coopfruit Luberon en conformité avec les évolutions réglementaires des coopératives, l’AGO a débuté par la validation de l’extension de la circonscription d’action de la structure, qui peut désormais agir à l’échelle inter-régionale : en Paca (dans le Vaucluse bien évidemment, mais aussi dans les Bouches-du-Rhône, le Var, les Alpes de Haute-Provence), en Rhône-Alpes (dans le département de la Drôme), mais aussi en Occitanie, dans le Gard et l’Hérault. “Cette extension n’est pas anodine : elle doit accompagner notre projet de création d’un groupe spécialisé fruits à coque, pour soutenir les projets de développement des filières amande et pistache”, expliquait le 25?avril dernier Luc Mille, président de Coopfruit Luberon, lors de l’assemblée générale qui se déroulait sur les hauteurs de Goult.

Second point voté : la redéfinition des services et missions proposés par la coopérative. Celle-ci intervient désormais dans “la production, la collecte, le conditionnement, le stockage, la conservation, la transformation et la vente de bigarreaux et toutes cerises destinées à la transformation, de fruits à coque, de fruits et légumes ainsi que, nouveauté, de tous produits et sous-produits de l’arboriculture”, expliquait Nathalie Nevoltris, sa nouvelle directrice. “Cette précision va nous permettre de soutenir le développement potentiel du marché des fleurs de cerisier, qui intéresse certains d’entre vous”, poursuivait le président.

Mieux, cette extension pourrait également permettre d’optimiser le matériel, certaines surfaces trop petites pour la culture de la cerise d’industrie, de réutiliser des bâtiments existants, mais aussi de valoriser les structures existantes, telles que les chambres froides. Par ailleurs, le programme opérationnel de la coopérative pourrait être étendu : “Cela permettrait notamment de lever l’option de spécificité du matériel pour la production de cerise d’industrie, en l’ouvrant à tous les matériels destinés à ces nouvelles cultures”, expliquait Nathalie Nevoltris. Coopfruit Luberon va demander les extensions d’objets et de circonscription au Haut conseil de la coopération agricole (HCCA), “et nous espérons un résultat positif d’ici la fin d’année”, notait la directrice.

Une cadence de traitement “infernale” en 2018

Dans son rapport moral, Luc Mille est revenu sur le déroulement de la campagne 2018, marquée par plusieurs évènements : tout d’abord, la baisse de la production suite aux conditions climatiques froides (+100 heures de froid par rapport à 2017) et pluvieuses (+75 % de précipitions), qui ont entraîné d’importants dégâts sur une récolte qui s’annonçait pourtant prometteuse en mai 2018. Ces conditions climatiques “ont obligé le maintien d’une cadence infernale dans les traitements destinés à protéger ce qui restait sur les arbres, après les attaques de Drosophila suzukii, monilia et cylindrosporiose”. Conséquence, avec 5 201 ton­nes (-25 % par rapport à 2017), la récolte est en baisse d’environ 1 500 t par rapport au potentiel attendu en mai 2018, ce qui a inévitablement impacté les comptes de la structure : ainsi, le chiffre d’affaires lié à la cerise d’industrie est en baisse de 27 % par rapport à 2017 ; et de 26 % pour l’activité fruits frais. A noter que le potentiel de la récolte n’est pas encore connu pour la campagne 2019, la visite d’évaluation devant se faire le 22 mai prochain.

Ensuite, le dernier exercice a été marqué par l’arrêt de la convention avec la Cebi et la dissolution de la filiale Apt Agro Industrie, qui transformait et exportait les cerises en saumure. Enfin, face à la très faible récolte de cerises rouges de 2018 (20 t), le conseil d’administration a décidé d’arrêter la commercialisation pour 2019. “Malgré tout, la récolte 2018 a été rémunérée de manière convenable, avec un prix payé en légère hausse, à 0,6435 €/kg”, rappelait Olivier Buisson, le commissaire aux comptes en présentant son rapport.

Céline Zambujo

 

 


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