Côtes de Provence : nouveau millésime et nouvelles perspectives

Publié le 11 avril 2022

Résilience et anticipation sont des atouts majeurs de l’appellation Côtes de Provence pour le président de l’ODG, Éric Pastorino, à gauche sur l’image (© DR).

Le 28 mars, les producteurs de l’AOP Côtes de Provence avaient rendez-vous à Nice pour un évènement réservé aux acheteurs professionnels et aux prescripteurs, auxquels ils ont fait déguster leurs vins. L’occasion de faire le point sur l’actualité de l’appellation.

C’est au Negresco, écrin d’exception, que les vigneronnes et vignerons de Côtes de Provence avaient invité clients professionnels et journalistes à déguster leurs vins et à découvrir le millésime 2021. Organisé par le Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP) et le Syndicat des Côtes de

Provence, en partenariat avec l’association des sommeliers Nice Côte d’Azur Provence, l’évènement ‘Nice Côtes de Provence’ a rassemblé 70 entreprises de l’appellation, dans le palace emblématique de la Promenade des Anglais. Rencontres avec les producteurs, espace de dégustation – comptant plus de 200 références – et déjeuner de prestige, préparé par le chef des cuisines du Negresco en accord avec les vins de l’appellation, ont été l’occasion de faire valoir l’excellence de l’AOP Côtes de Provence.

On a hésité à organiser une présentation du millésime cette année, en raison des incertitudes liées au contexte sanitaire. On a donc privilégié un format, certes un peu limitant en termes de participants, mais plus simple à maîtriser dans les conditions que l’on connaît”, présente le président de l’appellation, Éric
Pastorino.

Rester solide dans un contexte complexe

Le rendez-vous a permis aux producteurs et aux acheteurs de se retrouver, pour un temps d’échange privilégié autour d’une large palette de vins et du nouveau millésime en particulier. “Avec cet évènement à Nice, nous avons notamment souhaité renouer avec la restauration, dont on espère qu’elle pourra enfin avoir une année normale. Et puis, nous sommes dans un département, les Alpes-Maritimes, qui commercialise beaucoup de vins de Provence”, souligne Éric Pastorino.

Dans un contexte qui reste complexe, le syndicat des Côtes de Provence entend s’appuyer sur ses forces pour envisager l’avenir avec lucidité. “Même si les contaminations de Covid ont remonté, on espère tous que l’on va enfin sortir de cette crise sanitaire et retrouver un rythme de vie normal. On observe d’ores et déjà la résilience de notre appellation par rapport à ça. Même si certaines structures ont plus souffert que d’autres, globalement, les Côtes de Provence s’en sortent bien. Cela montre que notre AOP repose sur des fondations solides. Et, avec la situation internationale que l’on connaît aujourd’hui, il est important de rester dans l’anticipation. On craint évidemment les effets induits de la guerre en Ukraine sur les engrais, les bouteilles, l’aluminium et le coût du carburant, mais on ne mesure pas aujourd’hui véritablement les conséquences de ce conflit”, explique le président de l’appellation.

Des chiffres positifs

Pour l’heure, les chiffres de début d’année sont plus que satisfaisants. Les sorties de chai en rosé, sur janvier et février 2022, s’élèvent à 273 000 hectolitres, soit une progression de 22 % par rapport à la même période en 2021, ce qui dénote déjà une bonne dynamique. Autre indicateur positif : les volumes vrac contractualisés sont en augmentation de 41 % et atteignent 385 000 hl à fin février, contre 399 000 hl sur la campagne 2020-2021. D’autre part, le prix moyen s’établit actuellement à 304 €/hl, traduisant une relative stabilité sur les deux derniers millésimes.

Le rétablissement d’une fourchette de prix un peu plus large que par le passé, entre 290 et 320 euros par hectolitres, nous a aussi permis de retrouver un positionnement plus équilibré sur les différents marchés, et notamment de reprendre des parts en grande distribution où nous restons stables cette année à +1 %”, note Éric Pastorino. À l’export, après une progression de 7 % l’an dernier, sous l’effet de l’essor du marché britannique et des marchés européens, l’appellation reste également dynamique. Côté CHR, si ce qui avait été perdu en 2020 n’avait pas pu être complètement rattrapé en 2021, les Côtes de Provence espèrent un retour à l’équilibre sur 2022. “Considérant les nombreuses inquiétudes que l’on avait au début de la crise sanitaire, on voit que notre appellation Côtes de Provence a su résister. Et il est important de continuer à se positionner sur l’avenir et de rester dans l’anticipation, pour continuer à avancer”, estime Éric Pastorino.

Bientôt une mention valorisante pour les DGC

Dans cet esprit, le président du syndicat des Côtes de Provence salue notamment la récente décision de l’INAO, qui va permettre à des vins d’appellation sous Dénomination géographique complémentaire (DGC) de prétendre à la mention ‘cru’. “Depuis les années 2000, les AOP ont la possibilité de créer des DGC. Nous en avons cinq en Côtes de Provence – avec Sainte-Victoire, Fréjus, La Londe, Pierrefeu et Notre-Dame-des-Anges – et j’ai toujours été un ardent défenseur d’une mention valorisante qui parle clairement au consommateur. J’y ai beaucoup travaillé avec mes collègues de la commission hiérarchisation de l’INAO, qui a œuvré à l’intégration de cette notion de cru dans le développement des DGC”, rappelle Éric Pastorino.

L’accession à la mention ‘cru’ sera bien sûr conditionnée à une commission d’enquête qui devra s’assurer de différents critères d’attribution, dont la qualité irréprochable des vins, la notoriété et le positionnement de la DGC, l’adhésion des opérateurs à la démarche et la délimitation parcellaire. Sainte-Victoire, qui semble déjà cocher toutes les cases, pourrait être une des premières à y prétendre. “Cette mention valorisante manquait, et elle permettra aux DGC des Côtes de Provence de participer avec davantage de visibilité à la montée en gamme de l’appellation”, apprécie le président, Éric Pastorino. 

Gabrielle Lantes

 


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