Côtes de Provence : Produire plus et mieux !

Publié le 16 avril 2019

L'assistance est restée jusqu'à la fin de l'assemblée générale, signe de l'importance des mesures annoncées.

Augmentation des volumes et des surfaces, poursuite de la montée en gamme, défense du nom, préoccupations environnementales… ont été au cœur des discussions de l’assemblée générale du Syndicat des vins Côtes de Provence. Un mot d’ordre s’est dégagé de cette réunion dense : “Produire plus et mieux”.

C’est dans une salle pleine à craquer du Château de l’Aumérade, à Pierrefeu-du-Var, que s’est déroulée, le 4 avril, l’assemblée générale du Syndicat des vins Côtes de Provence. Signe de l’importance des sujets abordés lors de cette réunion – Fabienne Joly, présidente de la Chambre d’agriculture du Var, Patrice de Laurens, directeur de la Draaf Paca, et Christian Burle, vice-président du Conseil régional en charge de l’agriculture étaient notamment présents –, la quasi-totalité de l’assistance est restée durant les quatre heures de présentations, d’allocutions et de prises de parole. Le ton était donné, d’emblée, par le président du syndicat, Éric Pastorino : “La récolte 2018, malgré une hausse des rendements, n’a été que très légèrement supérieure à la demande. (...) Et un vignoble qui ne peut répondre efficacement à la demande connaîtra, à terme, des tensions, et perdra ses parts de marché.” Une façon directe d’avertir les adhérents présents que l’ascension fulgurante de la filière rosé de Provence, depuis une quinzaine d’années, n’est pas à l’abri d’un revers de fortune, faute de pouvoir répondre à la demande.

L’autre facteur d’inquiétude, pour Éric Pastorino, est celui de la progression des prix. “Après une hausse significative des cours sur la campagne 2017, nous avons franchi de nouveaux records de prix, avec une moyenne des côtes-de-provence à 350 euros l’hectolitre. Personnellement, ce n’est pas le niveau des cours qui m’interroge, mais la rapidité à laquelle se fait cette évolution. Citez-moi une autre appellation capable de doubler ses cours du vrac sur deux années ?”, s’interroge le président. Jean-Jacques Bréban, son homologue au CIVP, a rappelé en complément “que les prix ne peuvent pas monter indéfiniment” et appelé “à une cohérence tarifaire” au sein des producteurs de Côtes de Provence.

Les surfaces plantées progressent

Pour remédier à ce déficit de production désormais récurent, le conseil d’administration du syndicat a proposé plusieurs mesures, destinées à booster la production. La première est une augmentation des rendements, à 60 hl/ha1, et une hausse des autorisations de plantations, dans la continuité des décisions prises par le passé. “Le contingent de plantation a été porté à 200 hectares, en 2017, et 210 hectares en 2018”, a rappelé Éric Pastorino.

La seconde mesure est la signature d’une charte avec les services de l’État et la Chambre d’agriculture, “afin de compenser les pertes de surfaces de foncier agricole de l’appellation : nous sommes dans un département où l’urbanisation est prégnante. Couplée à la rigidité des normes environnementales, elle risque de sanctuariser notre vignoble, qui se réduit au fil des années”, s’est alarmé Éric Pastorino. Les surfaces plantées progressent néanmoins, sans pour autant combler le déficit de production, ni retrouver leur niveau historique (21 000 ha) : “Elles atteignent 20 149 hectares, et nous devrions enregistrer 200 hectares de plus en 2020”, a indiqué Paul Bernard, secrétaire général du syndicat, dans son rapport moral.

En complément, d’autres dispositions sont également mises en œuvre, comme l’élargissement de l’aire de l’AOP, via une révision simplifiée. Des demandes portant sur 1 294 parcelles, soit 1 405 ha répartis sur 66 communes, ont été examinées par l’ODG, avant d’être transmises à l’Inao. À l’arrivée, 261 ha de vignes, 166 ha de terres et 375 ha de bois sont désormais classés. “Ces nouvelles surfaces pourront être revendiquées cette année, si les différents ministères concernés (Agriculture, Environnement, Économie) signent le nouveau cahier des charges avant septembre”, précise Paul Pernard.

Julien Dukmedjian

 

 


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