Domaine du Merle : résolument tourné vers l’avenir

Publié le 10 septembre 2019

Les porteurs du projet et leurs partenaires financiers – la Région Paca, le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille-Provence et la fondation du Crédit Agricole Alpes Provence – ont inauguré le nouveau Centre euro-méditerranéen d

Attendu par la communauté scientifique, le Centre euro-méditerranéen de ressources sur la transhumance vient d’être inauguré.

Haut lieu du pastoralisme provençal depuis des décennies, le Domaine du Merle est un acteur emblématique du développement agricole régional et méditerranéen. Il dispose, par exemple, du plus vieux centre français de formation de bergers transhumants et abrite aussi, depuis 2012, la Maison de la transhumance. C’est également un support de formations et d'expérimentations sur l'élevage ovin, qui relève de Mont­pel­lier SupAgro.

Son rayonnement – assuré auprès du grand public par les éditions à succès du Salon des agricultures de Provence – se voit aujourd’hui renforcé par la concrétisation d’un nouveau projet.

Le Domaine du Merle accueille désormais le Centre euro-méditerranéen de ressources sur la transhumance. Ce nouvel espace va se charger de la conservation des ressources documentaires sur la transhumance et les valorisera, en les mettant à la disposition des chercheurs, comme du grand public.

Pour Montpellier SupAgro et la Maison de la Transhumance, c’est la con­cré­tisation d’un projet collaboratif qui s’inscrit dans une dynamique de lon­gue date. Il vient aussi renforcer l’ancrage territorial de l’établissement d’enseignement supérieur. Comme le résumait René Tramier, président de la Maison de la Transhumance, lors de son inauguration le 30 août, “cette initiative unique en France va consacrer la vocation nationale et méditerranéenne du Merle, en tant que haut lieu français de mémoire et de culture vivante de la grande transhumance ovine”.

Lieu de mémoires et de projets

Attendu par la communauté scientifique euro-méditerranéenne, cet outil travaillera à la mise en réseau de tous les centres de recherche qui œuvrent dans ce même domaine dans les autres pays du pourtour méditerranéen.

La transhumance et le pastoralisme font, en effet, appel à beaucoup de sciences : en économie, en sciences humaines, sur l’environnement, etc. Et depuis plus de 20 ans, la Maison de la Transhumance et le Domaine du Merle ont réuni un patrimoine documentaire d’une grande diversité sur ces questions. Ces nombreux ouvrages spécialisés, revues, rapports et archives disséminées, et peu accessibles, seront donc réunis sur le Domaine du Merle. Une évidence pour Patrick Fabre, directeur de la Maison de la Transhumance et cheville ouvrière du projet : “Un tel patrimoine sur la grande transhumance ovine méritait d’être reconnu et conservé comme il se doit, pour profiter au plus grand nombre”.

Le pastoralisme – avec tout ce qu’il représente pour l’économie, l’aménagement des territoires et, plus largement, pour l’identité méditerranéenne – revêt une dimension essentielle de l’avenir de la région. Véritable richesse pour l’ensemble de la filière élevage, ce lieu de mémoires et de recherches, sera aussi un espace de projets. Et la Maison de la Transhumance et ses partenaires n’en manquent pas. Parce que le pastoralisme est l’exemple même d’une démarche agro-écologique, et qu’il est nécessaire de continuer à approfondir les connaissances sur ces systèmes, pour répondre aux enjeux auxquels l’agriculture doit faire face dans les prochaines années.

Et bientôt La Routo !

La prochaine étape devrait être l’ouverture, au printemps 2020, de l’itinéraire transfrontalier, ‘La Routo’. L’aménagement d’un sentier de découverte autour de l’élevage ovin transhumant, de la gestion de l’eau et de la production du foin de Crau, reliera la Maison de la Transhumance à l’écomusée de Pontebernardo, dans la Vallée de la Stura (Piemont italien) et sera le support de riches partenariats.

Mais le Domaine du Merle – largement ouvert sur la Méditerranée et au-delà – envisagerait aussi de voir la transhumance classée au patrimoine immatériel de l’Unesco. Le projet est, dans tous les cas, soutenu au niveau français par le ministère de la Culture.

Pour l’heure, si le Centre euro-méditerranéen de ressources sur la transhumance est achevé, il reste beaucoup de travail à faire pour continuer à indexer, à inventorier et bien sûr, à terme, à mettre en ligne le centre de ressources. L’objectif est que ce patri- moine, qui sera enrichi de nouvelles acquisitions, soit accessible à distance depuis le monde entier.

Dans les années qui viennent, au travers de ses évolutions et de ses projets, le Domaine du Merle aspire à devenir un centre de référence et un outil de communication de l’agro-pastoralisme méditerranéen. Un outil résolument tourné vers le futur.

Emmanuel Delarue

 


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