Elevage porcin : la filière fait face, en attendant mieux

Publié le 02 avril 2019

En Région Paca, avec les conditions climatiques difficiles, des techniques de production spécifiques et la faible densité des élevages, les coûts de production sont beaucoup plus élevés.

En dépit de leurs efforts sur la gestion environnementale et sanitaire et de leur travail engagé sur la normalisation des relations commerciales, les producteurs attendent toujours des prix rémunérateurs.

L’année écoulée aura été marquée par différents évènements importants pour la filière porcine. En dépit de leurs efforts sur la gestion environnementale et sanitaire ou avec leur travail engagé sur la normalisation des relations commerciales, les producteurs n’ont pas bénéficié de prix rémunérateurs en 2018. Réunis en assemblée générale, les adhérents du syndicat porcin des Bouches-du-Rhône, du Var, et du Vaucluse ont fait le point sur leur filière, le 22 mars dernier, à Saint-Martin-de-Crau.

Après l’embellie de la conjoncture porcine mondiale, liée aux achats importants de la Chine sur les années 2016 et 2017, les filières porcines française et européenne ont été confrontées, fin 2017 et début 2018, à de nouveaux déséquilibres de marché. Cette situation conjoncturelle s’est traduite, ces derniers mois, par des cours bas à la production, une consommation intérieure toujours en repli et des échanges internationaux de faibles volumes.

Hausse du cheptel national

Chargée de mission porc à la Maison régionale de l’élevage, Nathalie Espie a évoqué les derniers éléments du marché. “Le cheptel de porcs (reproducteurs et porcelets) français connaît, depuis 2018, une hausse significative (2,7?%), qui confirme la rupture avec la tendance à la baisse observée jusqu’en 2016, et annonce vraisemblablement un accroissement de l’offre jusqu’à l’été 2019.” La conjoncture a effectivement été marquée, en 2018, par une hausse de l’offre européenne et une stabilité de la demande, qui s’est traduite par “une certaine immobilité du prix du porc sur l’année. Mais une remontée est toutefois possible en 2019”, d’après la chargée de mission.

Cependant, les éleveurs rencontrent actuellement des difficultés criantes sur leurs exploitations, avec un prix national payé, pour un porc standard, à 1,35 € alors que le coût de revient est affiché à 1,52 €. “Et cet indicateur ne reflète en rien la réalité des coûts de production en région Paca. Ceux-ci sont beaucoup plus élevés, à cause des conditions climatiques difficiles, de nos techniques de production et de la faible densité des élevages”, expliquait Nathalie Espie.

Le président du syndicat porcin des Bouches-du-Rhône, Gérald Moretti, a cependant salué la mise en place de l’initiative, fruit de mois de travail au sein de l’interprofession, de normalisation  des relations commerciales, con­formément aux objectifs des États généraux de l’alimentation. “Cet acquis syndical devra permettre la prise en compte du coût de revient dans la construction du prix payé aux éleveurs et mettra ainsi un frein au ciseau de prix auquel ils sont confrontés. Ces indicateurs doivent renvoyer de la valeur ajoutée au maillon de la production et lui redonner un peu de sérénité, d’autant que la situation actuelle anxiogène entre la conjoncture économique difficile et le volet sanitaire n’est à terme plus tenable”. Aujourd’hui, les prix des matières premières, qui se sont inversés, permettent déjà une certaine stabilité du coût de l’alimentation animale depuis le début de l’année. À noter qu’il avait progressé de 3 % en 2018.

L’élevage français indemne

En ce qui concerne la peste porcine africaine, qui met l’élevage de porc sur le devant de la scène sanitaire, la maladie ne semble plus s’étendre, d’après Laure Eon qui a fait le point sur la situation. “Les derniers sangliers trouvés se situent tous dans la zone déjà infectée, sur le territoire belge. Les mesures mises en place pour protéger la France, toujours indemne - la pose de la clôture pour éviter la circulation des animaux, et l’élimination des sangliers - fonctionnent. Après avoir fait un bond assez important depuis la Pologne jusqu’à la Belgique, la maladie reste aujourd’hui aux portes de la France.”  Aussi, les éleveurs doivent rester vigilants.

Les formations ‘biosécurité’ ont commencé sur la Région Paca (voir encadré). “Tous les détenteurs de porcs doivent impérativement suivre cette formation”, précisait la vétérinaire chargée du suivi sanitaire du groupement A3P* 

 

Emmanuel Delarue

 

* L’association A3P (Producteurs de porcs de Provence) qui tenait aussi son assemblée générale annuelle le 22 mars, signale une activité stable. L’association, qui regroupe une vingtaine d’éleveurs, assure toujours le suivi technique des élevages et des échographies.  Cette année encore, A3P a assuré la saisie des mouvements de porcs dans les élevages, pour le compte de ses adhérents.


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