FDSEA 13 - Indispensables au territoire

Publié le 06 juillet 2021

La FDSEA des Bouches-du-Rhône, présidée par Romain Blanchard, a tenu son assemblée générale annuelle à Saint-Rémy-de-Provence, le 22 juin dernier. (© E. Delarue)

Lors de son assemblée générale annuelle, qui s’est tenue à Saint-Rémy le 22 juin dernier, la FDSEA des Bouches-du-Rhône a abordé l’ensemble des problèmes agricoles. Les exploitants veulent faire savoir qu’ils sont indispensables au territoire. Leur mobilisation et l’organisation de leur action sont aussi au cœur des enjeux syndicaux.

Tous aussi importants et stratégiques pour l’agriculture du département, les sujets abordés au cours de l’assemblée générale annuelle de la FDSEA des Bouches-du-Rhône ont foisonné. Car entre le dossier de l’emploi, avec la fermeture des frontières, la gestion des calamités à répétition, la Pac 2022 qui arrive à grands pas, ou encore la question du foncier toujours aussi prégnante dans le département, le syndicat départemental a eu fort à faire en cette année 2020.

Aussi complexes à gérer – tant pour les exploitations que pour la fédération qui les accompagne aux plans juridique, social ou fiscal – ces derniers mois ont aussi mis en exergue “l’importance de nos métiers et la notion de souveraineté alimentaire, dans un contexte de pandémie mondiale”, commentait Romain Blanchard, président de la FDSEA 13. La crise aura au moins eu ce mérite de mettre les acteurs de la distribution, industriels, pouvoirs publics et élus face à leurs responsabilités, de donner des perspectives à la profession, mais aussi de “rallier les consommateurs à la cause agricole, et d’inverser la tendance des médias qui déstabilisent l’image de notre métier, même si un œil différent semble s’être porté sur l’agriculture depuis ces derniers mois, avec le Covid”, complétait Patrice Vulpian, secrétaire général du syndicat. “L’année 2020 aura finalement rappelé le rôle des agriculteurs, tant au plan économique et sociétal qu’environnemental, et ainsi montré qu’ils sont indispensables au territoire”, résumait Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA, présent à Saint-Rémy. Il n’empêche que le combat syndical du réseau n’en reste pas moins crucial.


Remobilisation attendue

Nous avons besoin d’une mobilisation forte, d’exprimer une solidarité filière. Mais nous avons également la capacité d’agir autrement, en montrant auprès des élus communaux, départementaux mais aussi régionaux, que l’on est incontournable”, expliquait Jérôme Volle. Si le vice-président de la FNSEA insistait fortement sur l’effort que le syndicat national avait dû fournir cette année, pour “monter au créneau, être entendu sur l’arrivée des saisonniers OFII, ou après l’épisode de gel du mois d’avril” par exemple, c’est aussi pour pointer certaines absences en région sur d’autres séquences clés. “Quand nous avons défendu la compétitivité des entreprises, dont le coût du travail faisait partie, vous n’avez pas été au rendez-vous”, lançait le représentant national. Faisant ainsi allusion à l’appel à manifester devant la raffinerie de La Mède, il ajoutait qu’il y a “des moments stratégiques qui peuvent permettre d’influencer un certain nombre d’orientations”.

Même discours de remobilisation pour Romain Blanchard : “C’est bien le collectif et les cantons qui permettront au réseau de se mobiliser et de peser”. L’occasion aussi pour le président de la FDSEA de rassembler ses troupes en interne. Et si les actions syndicales se construisent dans le temps, pas question de défendre ses idées en ordre dispersé. “C’est toute une redéfinition des rapports qu’il nous faut développer avec les pouvoirs locaux et régionaux. Et pour conserver toute notre crédibilité, il nous faut absolument continuer de se parler, de confronter nos idées, mais d’avoir surtout de la cohérence dans nos messages, et une seule voix qui porte”, précisait-il.

Ce thème autour de l’organisation et de l’action syndicale n’a pas fait oublier les autres enjeux de l’agriculture départementale. Du foncier aux nouvelles contraintes qui se dessinent en matière d’environnement, en passant par la question des travailleurs saisonniers (à lire dans notre édition du 9 juillet prochain), tout a été rappelé par le secrétaire général dans son rapport d’activité, puisqu’aucun problème ne peut être dissocié. Le débat sur les difficultés grandissantes des exploitants sur l’obtention des autorisations de construire en a été l’illustration.


Des autorisations à construire de plus en plus compliquées

La possibilité pour un agriculteur d’habiter sur ses terres et de faire construire sur son outil de production semble, depuis quelque temps, être “remise en cause par les services de l’État”, d’après plusieurs situations similaires vécues, notamment, par des jeunes agriculteurs. Sur le canton de Saint-Rémy comme l’a évoqué Serge Mistral, mais aussi sur Tarascon, Noves ou du côté du Pays d’Aix, les agriculteurs soutenus par des maires présents ont alerté leur syndicat départemental, mais aussi les services de la DDTM, sur ce problème relativement nouveau.

La FDSEA a assuré qu’elle se mobiliserait sur cette dérive problématique, qui interroge toute la profession. Du côté de la Chambre d’agriculture, “les maires et les représentants de la profession agricole doivent être vigilants au fait que l’administration puisse contester que l’habitation soit nécessaire au bon fonctionnement de l’activité agricole”, observait son président, Patrick Lévêque.

Autre préoccupation forte de ces derniers mois dans le département : le gel, qui a touché, en avril 2021, bon nombre d’exploitations. Rappelons que pour les Bouches-du-Rhône, l’aide d’urgence attribuée par l’État est d’un million d’euros. Ce dispositif de soutien sera complété par le Département et la Région. Concernant les procédures, trois tournées ‘calamité agricoles’ ont eu lieu en mai, et un comité expertise s’est réuni pour traiter uniquement des dégâts sur fruits à noyaux. Une demande va être portée auprès de Paris, à hauteur de 35 millions d’euros.

En juillet seront étudiés les dégâts sur fruits à pépins et sur la viticulture. Il a été précisé aux exploitants que les taux d’indemnisation passaient de 30 % à 40 %, et que les taux de pertes étaient aussi abaissés à 11 %.


Des opportunités à saisir

Les agriculteurs peuvent également prétendre à des soutiens sur leurs investissements contre le gel, dans le cadre du Plan de relance. Le dispositif de prise en charge est fixé à 40 %, le plafond ayant été élevé de 40 000 € à 150 000 €. Autant de mesures auxquelles les exploitations du département peuvent émarger. “On peut se démener syndicalement pour obtenir des soutiens et aides à des financements, mais il vous appartient de saisir ces opportunités. Sur l’aide d’urgence comme avec le Plan de relance, le travail a été fait à tous les échelons, FDSEA, JA, Chambre auprès de l’administration. Il en va de notre crédibilité pour les années futures. Et le changement climatique nous réservera certainement d’autres surprises”, concluait Romain Blanchard.

Quant à l’assurance récolte, évoquée aussi au cours des échanges, notamment sur son caractère obligatoire ou fortement incitatif, la profession regrette que le dossier n’évolue guère. “Il est toujours à l’étude”, certifiait Jérôme Volle, et “des avancées pourraient intervenir sous peu. Les impacts climatologiques concernent toutes les régions de France, et l’arboriculture est la filière où le système reste complexe à adapter”, précisait-il. Le modèle espagnol – qui permet à tous les agriculteurs d’être assurés parce que l’État réassure – serait à l’étude au ministère de l’Agriculture. La profession attend par ailleurs beaucoup des décisions politiques, qui pourraient être prises dans le cadre du Varenne agricole de l’eau et du changement climatique. 

Emmanuel Delarue

 

Le don agricole se structure

La FDSEA 13 est très sensible à la lutte contre le gaspillage et au don agricole. 14 000 tonnes de fruits et légumes ont, par exemple, pu être collectés sur les Min de Châteaurenard et de Marseille, dans le cadre d’une collaboration avec les JA 13 et 84, lors des Journées nationales du don agricole. En 2021, l’opération d’aide alimentaire sera reconduite à la rentrée. Déjà impliquée dans des actions ponctuelles, la FDSEA 13 a aussi été porteuse, en 2020, d’un projet leader de deux ans, et a pu obtenir des financements. Objectif ? Créer et assurer le fonctionnement local d’un relais Solaal (association qui facilite le don des invendus agricoles), d’abord en Pays d’Arles pour s’étendre ensuite en région. Dans le contexte des Journées nationales de l’agriculture, les 18, 19 et 20 juin derniers, une collecte alimentaire était organisée sur la ferme pédagogique de la famille Chaneac, à Saint-Rémy. Les nombreuses denrées de saison collectées (tomates, œufs oignons, salades et produits ratatouilles) l’ont été au profit de l’association locale des ‘Restos du cœur’, qui dessert quelque 80 familles. Avec la structuration en région de l’association Solaal – que préside Marie-Paule Chauvet – nul doute que de telles opérations de solidarité au profit des plus démunis se déploieront dans le territoire du Pays d’Arles, mais aussi régional.

 


Les 18, 19 et 20 juin dernier, une collecte alimentaire était organisée sur la ferme pédagogique de la famille Chaneac, à Saint-Rémy, avec Solaal. (© E. Delarue)