FDSEA 13 : “l’action d’un collectif avant tout”

Publié le 22 septembre 2020

Romain Blanchard, nouveau président de la FDSEA des Bouches-du-Rhône (photo : DR).

Mardi 8 septembre s’est tenu le conseil d’administration électif de la FDSEA des Bouches-du-Rhône. Après la démission de Patrick Lévêque, très investi dans ses nouvelles responsabilités consulaires, c’est Romain Blanchard, viticulteur et céréalier sur Puyricard, nouveau président, qui aura la responsabilité de conduire l’action du syndicat agricole majoritaire.

Votre élection traduit-elle l’arrivée d’une nouvelle génération au sein de la FDSEA des Bouches-du-Rhône ?

Romain Blanchard : “La relève et le changement de génération sont importants dans le monde agricole et pour incarner la réalité de notre département. Mais il ne faut quand même pas oublier d’où l’on vient, ni considérer que l’on n’a pas besoin d’expérience pour conduire l’action du syndicat. Un certain rajeunissement s’opère il est vrai dans le conseil d’administration et au sein du bureau. Mais l’expérience restera une composante importante. La formation du nouveau bureau et ses 27 membres reflètent d’ailleurs bien ce ‘mix’ entre générations, avec plusieurs membres de moins de 40 ans mais aussi des personnalités, présentes dans l’équipe précédente, qui ont fait un travail extraordinaire, et sur qui l’on a encore besoin de compter.”

Doit-on s’attendre à des changements de fonctionnement au sein du conseil ?

R.B.: “Je ne suis pas pour révolutionner tout d’un bloc. Ma méthode reste celle qui m’a guidé à la présidence des Jeunes agriculteurs. Je suis partisan d’une direction collégiale, puisque le syndicalisme traduit selon moi l’action d’un collectif avant tout. L’objectif est de rester dans cet esprit. C’est un changement de président qui s’opère clairement en douceur et dans la continuité, puisque j’avais l’habitude de travailler étroitement avec Patrick Lévêque quand j’étais président des Jeunes agriculteurs. Pour ce qui est de la répartition des dossiers au sein de l’équipe, elle se fera à partir du moment où nous aurons tenu une première réunion de bureau, début octobre. Nous tiendrons ensuite un conseil fédéral, qui interviendra en décembre, pour procéder à toutes les nominations dans les commissions.”

Quels seront pour votre équipe les chantiers prioritaires ?

R.B.: “Nous allons nous concentrer sur des axes qui nous tiennent à cœur, et sur lesquels j’ai déjà eu l’occasion de mettre l’accent dans mes précédentes fonctions, en l’occurrence la communication grand public. La crise sanitaire nous a montrés à quel point nous avions réellement une carte à jouer auprès de nos concitoyens. C’est maintenant qu’il faut y aller. Il nous faut reprendre la main, expliquer clairement et honnêtement ce que l’on fait, pourquoi et comment, en refusant les positions défensives.

La question de l’emploi est aussi très importante dans les Bouches-du-Rhône. La crise sanitaire a également mis en exergue les problématiques de structuration en matière d’emploi de nos filières, très demandeuses en main-d’œuvre. Autre dossier majeur, celui du foncier dans un département aussi peuplé et urbanisé que le nôtre, où la concurrence entre habitat, urbanisation et l’utilisation agricole est très nette. Il va nous falloir être très proactifs sur ce sujet, d’autant que l’on fondait de grands espoirs sur la loi foncière.

Il ne faudra pas non plus oublier la PAC et ses conséquences sur nos filières, même si le dossier se joue surtout à l’échelle nationale. Il nous faudra être très vigilants quant aux conséquences des décisions qui pourront être prises, alors que certaines de nos filières, comme les grandes cultures, sont en crise dans notre département.”

Comment se porte le réseau syndical du département ?

R.B.: “La FDSEA des Bouches-du-Rhône est une belle structure, bien organisée, solide de par son maillage territorial, son assise financière et son équipe de salariés compétents et expérimentés. Nous disposons d’un très bel outil, avec des moyens à la hauteur de nos ambitions. À nous de bien l’utiliser. Mais la FDSEA va aussi continuer de s’appuyer sur les Jeunes agriculteurs, dont le réseau s’est bien dynamisé ces dernières années. Il faut d’ailleurs continuer de pouvoir capter ces jeunes entrepreneurs, aujourd’hui très investis dans l’économie. Avec de nouveaux profils, cette génération va forcément modifier la face du syndicalisme.”

Propos recueillis par Emmanuel Delarue


Syndicat agricole FDSEA JA jeune agriculteur