Fédération Départementale des Cuma : bilan morose pour la FD Cuma 13

Publié le 09 avril 2019

François Leccia, le chef du service agriculture et forêt au sein de la DDTM 13 (à gauche) représentait l'Etat lors de cette AG.

L’assemblée générale des Cuma des Bouches-du-Rhône s’est déroulée la semaine dernière à Éguilles. Elle a mis en lumière les difficultés de financement de la fédération départementale, en raison d’une baisse des subventions de la part des collectivités territoriales.

Quel avenir pour les Cuma du dé­partement des Bouches-du-Rhône ? La question était ouvertement posée jeudi 27 mars par Fabien Doudon, leur président départemental et par ailleurs responsable de la fédération régional Paca. Avec 800 000 euros d’investissements réalisés en 2018, les Coopératives d’utilisation de matériel agricole du département sont bien loin des 170?000 euros comptabilisés en 2017 ou du “record” de 2015, avec près de 2?millions d’euros. “2018 a été une très mauvaise année”, a reconnu Fabien Doudon, inquiet de la faible marge de manœuvre dont disposent pour la suite les 56 Cu­ma des Bouches-du-Rhône. Avec le transfert de compétences, consécutif à la loi NOTRe, la région Paca est, en effet, devenue l’interlocutrice et le principal financeur du réseau des Cuma, en lieu et place du conseil départemental qui n’accorde plus de subventions de fonctionnement à la fédération des Bouches-du-Rhône depuis 2017. Une aide de 114 532 euros, correspondant à un montant d’investissement prévisionnel de 763 546 euros a toutefois été votée l’an dernier par le département. Du côté de la région Paca, le dialogue est en revanche “compliqué” depuis plusieurs années, de l’aveu même de Fabien Doudon. Une des principales explications de ses relations orageuses réside dans la baisse progressive des aides accordées par la collectivité territoriale et la modification de ses procédures d’attribution.

Renaud Muselier interpellé

Les subventions sont, en effet, passées en cinq ans, soit la période 2015/2020, de 2 millions d’euros à 500 000 euros. Un désinvestissement que la Région justifie par une baisse des dotations de l’Etat, mais qui fait bondir Fabien Doudon. Selon ce dernier, 63 dossiers déposés par des Cuma de Paca ont été votés en 2018, dont 20 concernant les Bouches-du-Rhône, pour des dossiers en réponse aux deux appels à projet de 2017 et au premier appel à projet de 2018. Le montant des subventions demandées représentait 294 00 euros, pour un montant d’investissement prévisionnel de près d’1,5 million d’euros. L’an dernier, dix Cuma ont à nouveau déposé un dossier dans le cadre des appels à projet 2018 pour un montant de subventions demandé de

130 000 euros, correspondant à un total d’investissement de 995 000 euros. “Cette somme représente un investissement moyen par Cuma de 94 300 euros, dédié à l’achat de 21 machines (dont deux tracteurs, 2 remorques, 3 machines à vendanger…)”, a rappelé le président de la FD Cuma 13. Une rencontre, l’an dernier, entre les dirigeants départementaux et Bénédicte Martin, présidente de la commission Agriculture au conseil régional Paca (à la suite de l’annonce par cette dernière de changements dans les procédures d’attributions des aides et des appels à projet) n’a pas permis de parvenir à une sortie de crise. Au point que Fabien Doudon a indiqué, lors de l’AG, avoir interpellé Renaud Muselier, président du Conseil régional Paca, dans une lettre cosignée par le dirigeant régional de Coop de France et ses six homologues des FD Cuma.

Plusieurs dissolutions et une naissance

L’année 2018 aura également été marquée par la dissolution de trois Cuma des Bouches-du-Rhône, en partie compensée par la création d’une nouvelle, sur le Domaine du Merle, à Salon-de-Provence. Elle regroupe cinq exploitations spécialisées dans la culture du foin de Crau et l’élevage. Ses premiers investissements, dont le montant est évalué à 105 000 euros, sont destinés à l’acquisition d’un épandeur d’engrais, d’une épareuse et d’un épandeur de fumier. L’essentiel des 56 coopératives regroupées dans le réseau départemental Cuma reste néanmoins majoritairement dédié à la viticulture pour

24 d’entre elles, pour 13 autres aux grandes cultures et enfin aux fruits et légumes (11 Cuma) : une ventilation stable par rapport à 2017. Leur chiffre d’affaires moyen pour l’année précédente est en revanche toujours inférieur à la moyenne nationale avec 48 639 euros, contre 60 000 euros sur l’ensemble de l’Hexagone. 

Julien Dukmedjian


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