FRSEA Paca : “Nous devons retisser du lien“

Publié le 21 octobre 2020

Patrick Lévêque, nouveau président de la FRSEA, aux côtés de Laurent Depieds, nouveau secrétaire général de la FRSEA (Pho. : FRSEA Paca).

Après deux mandats à la présidence de la région syndicale, Jean-Paul Comte – aujourd’hui maire de Mallemoisson, dans les Alpes-de-Haute-Provence – a laissé sa place. Patrick Lévêque, qui lui succède pour trois ans, entend apporter toute son expérience au réseau et mener une politique efficace, avec plus de communication en interne comme vers l’extérieur.

Le conseil d’administration électif de la FRSEA vous a élu à la présidence de la région syndicale. Que représentent pour vous ces nouvelles responsabilités ?

Patrick Lévêque : “J’ai été élu par un processus démocratique et, avec l’ensemble du conseil d’administration, nous souhaitons maintenant travailler dans l’unité pour l’intérêt des agricultures de la région Sud Paca. Je souhaite souligner que cette prise de fonction correspond davantage à une volonté d’apporter mon expérience à un collectif, qu’un mandat brigué en particulier. Mon engagement de président est total pour mener une politique la plus efficace possible et trouver les solutions, qui répondront aux besoins de tous, avec un bureau que j’ai souhaité le plus représentatif de nos territoires et de nos productions.“

Est-ce qu’il faut s’attendre à des changements d’organisation ou de fonctionnement au sein du réseau syndical régional ?

P.L. : “Mon souhait est surtout de pouvoir faire vivre le G4 – Coopération Agricole Sud, la Chambre régionale d’agriculture Paca, les Jeunes agriculteurs Paca et la FRSEA Paca – au sein de notre région, parce qu’un échange entre nos différentes organisations professionnelles est indispensable, compte tenu des enjeux pour notre agriculture régionale. Nous devons retisser du lien.

Après, en interne, au sein de la FRSEA, une équipe de jeunes très compétents se met en place, et nous allons rapidement installer une organisation de travail. J’ai déjà émis le souhait de communiquer davantage et plus rapidement entre nous. Pour être plus réactifs, nous avons par exemple lancé un groupe WhatsApp dans ce sens.“

Parmi les nombreux dossiers à porter en région, lesquels figurent en première ligne du combat syndical à mener ?

P.L. : “Les sujets qui nécessitent de nous mettre tout de suite au travail sont nombreux, mais je vois déjà au moins trois priorités pour notre agriculture. J’évoquerais d’abord la communication, je le répète, pour retisser du lien entre nous et nous permettre d’agir plus efficacement sur tous les sujets qui nous concernent, déjà vis-à-vis du grand public. Il y a des vérités à rétablir, comme répondre à nos détracteurs. Mais il nous faut aussi communiquer positivement.

Nous devons, bien sûr, nous mobiliser sur le foncier, car l’on perd de plus en plus de terres agricoles, notamment irriguées. Le phénomène est très lié aux transactions de parts sociales de sociétés, qui menacent l’équilibre économique de nos territoires agricoles. Il nous faudra agir sur la Loi foncière, pour faire en sorte que ce ne soit plus possible et que la Safer retrouve des capacités d’intervenir.

Le dossier de l’eau est d’une importance vitale, et les nombreux épisodes de sécheresse nous ont bien montré que la sécurisation des territoires est de plus en plus importante. De nombreux secteurs et filières souffrent et demandent à être desservis. Avec le Canal de Provence, mais aussi avec les Départements, nous devons travailler en faveur d’un partage de l’eau intelligent.

L’installation des jeunes, la sécurisation des emplois sur les exploitations, la défense des aides couplées et les ICHN sur la Pac, sans oublier bien d’autres chantiers, vont nous conduire à nous mobiliser et à rapidement rencontrer les pouvoirs publics, comme nos députés.“

Comment la FRSEA doit-elle prendre la mesure des problématiques spécifiques à chaque département au sein du réseau ?

P.L. :  “Nous allons commencer à travailler avec un premier conseil d’administration et, par la suite, nous tiendrons des réunions cadrées sur les conseils d’administration de la FNSEA et les commissions syndicales. J’ai l’intention de faire des groupes de travail sur différentes thématiques que nous ciblerons. Ils seront l’occasion de faire remonter toutes les problématiques au sein des territoires, toutes celles qui sont spécifiques à chaque département, comme celles qui concernent l’agriculture régionale dans son ensemble. Mais en dehors des conseils d’administration, nous continuerons bien évidemment à travailler. L’important est de susciter la cohésion de tous et la volonté de travailler ensemble, pour trouver des solutions qui soient équitables pour tous.“

Emmanuel Delarue


Le 8 octobre, à Mallemoisson (04), à l’issue du conseil électif, Patrick Lévêque a été élu président de la FRSEA (Pho. : FRSEA Paca).

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