Gîtes de France : direction l’international

Publié le 11 juin 2019

Sylvie Pellegrin (à g.), présidente de Gîtes de France, en compagnie de Béatrice Cimino, propriétaire d'un gîte en plein cœur du Panier, à Marseille.

Le pionnier de l’hébergement chez l’habitant s’est allié avec Expedia pour accroître notamment sa part de clientèle étrangère. L’enjeu est également de résister face à son concurrent, Airbnb, désireux, pour sa part, de renforcer son offre dans les communes rurales.

Atténuer l’effet de saisonnalité et attirer d’avantage de clientèle étrangère, qui lui fait encore défaut, faute d’une notoriété suffisante hors des frontières hexagonales : c’est le pari que réalise la Fédération nationale des Gîtes de France en s’alliant avec Expédia. Présidée depuis février par Sylvie Pellegrin1, la structure souhaite se développer à l’international, tout en conservant son ancrage territorial et la spécificité de son offre d’hébergement chez l’habitant, marquée par des valeurs “d’accueil, de convivialité et d’authenticité”. “Contrairement à cer­tains de nos concurrents, nous n’avons pas de salariés qui distribuent les clés en début de séjour”, explique, avec une poin­te d’ironie, la présidente des Gîtes de France, faisant implicitement référence à Airbnb, à l’occasion du bilan 2018 du Relais départemental Bouches- du-Rhône des Gîtes de France.

Selon cette dernière, le partenariat conclu avec l’agence de voyage en ligne (propriétaire depuis 2015 du site de location de maison et d’appartements Abritel) “offrira une visibilité accrue pour notre marque à l’étranger”. La part de clientèle étrangère n’est, en effet, que de 30 %, contre 70 % de vacanciers français. Les propriétaires d’hé­bergements auront, par ailleurs, la possibilité d’apparaître simultanément sur la centrale de réservation en ligne d’Expedia et sur celle des Gîtes de France. Pour Sylvie Pellegrin, ce rapprochement est d’autant plus naturel “qu’Expedia partage avec nous la même ambition de contribuer au développement des territoires”.

Les communes rurales en ligne de mire d’Airbnb

L’objectif est, d’autre part, d’atténuer l’effet de saisonnalité en étalant les séjours sur l’ensemble de l’année, en particulier lors des périodes creuses, comme l’hiver, où la part de touristes fran- çais descend à 20 % seulement. Sylvie Pellegrin souhaite, par ailleurs, développer la clientèle de professionnels, qui représente 15 à 20 % de la clientèle en hiver. Ce changement de stratégie s’est déjà concrétisé par l’achat de nuitées à l’année, par des grandes entreprises, comme la SNCF, pour l’hébergement de leurs salariés lors de leurs déplacements professionnels. Fortement concurrencé par Airbnb, comme l’ensemble des acteurs du secteur, la présidente de la Fédération nationale des Gîtes de France a réaffirmé son profond attachement au monde rural : “Il constitue notre cœur de métier et notre ADN”. La structure est d’ailleurs présente au 4e Salon des agricultures de Provence (du 7 au 9 juin à Salon-de-Provence), sur un stand de 30 m2 : les visiteurs, qu’ils soient adhérents, futurs adhérents ou encore clients, auront la possibilité de dialoguer avec des propriétaires d’hébergements.

Enfin, si Gîtes de France était jusqu’alors peu impacté par Airbnb dans les zones rurales, la situation pourrait changer, avec la signature d’un récent partenariat entre l’Association des maires de communes rurales et la société américaine. Celle-ci s’engage, en effet, “à mettre en avant les 15 000 communes françaises de moins de de 2?000?habitants dépourvues d’offre hôtelière sur sa plate-forme de réservation, notamment à travers des actions de promotion avant la saison estivale 2019”.

Julien Dukmedjian

 

(1) Sylvie Pellegrin était précédemment présidente du relais départemental des Gîtes de France Bouches-du-Rhône. Elle est propriétaire d’un domaine viticole et de six gîtes à Lambesc.

 

 

 

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© J. D.


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