Grand MArché de Provence : n projet territorial d’envergure

Publié le 23 mars 2021

L’actuel Min – avec ses 16 000 m² de bâtiments sur 11,50 hectares – laissera place à un nouveau cœur de Min de 40 000 m² de bâtiments (@ Min Châteaurenard).

La construction du Grand Marché de Provence avance à grands pas. Le calendrier des travaux préalables à l’émergence du nouveau pôle logistique et du cœur de Min est tenu. Point sur le dossier d’aménagement.

Réhabiliter le Min de Châteaurenard n’aurait peut-être pas pris plus de deux ans. Mais le transférer, le moderniser, et en changer le modèle économique est une tout autre histoire. Pourtant, son redéploiement tel qu’il est envisagé aujourd’hui était indispensable pour l’agriculture et le territoire. Le projet auquel se consacrent notamment l’Actium et la Société publique locale (SPL) du ‘Grand marché de Provence’ va concrétiser un nouvel outil pour l’agriculture et l’agroalimentaire de la région, pour les 30 prochaines années. Au sein de la profession, chez les grossistes, les centrales, les circuits courts ou encore pour les collectivités, l’attente générée par le ‘Grand marché de Provence’ est forte.

Inscrit dans le schéma de cohérence territoriale du Pays d’Arles, le nouveau Min doit s’étendre sur les communes de Châteaurenard et de Noves, avec l’objectif de mettre en synergie plusieurs zones d’activités du territoire. Le projet doit s’articuler autour de trois pôles. La zone des Iscles sera dédiée à la logistique et aux transporteurs. La deuxième zone à l’accueil du Min au sens large avec, d’un côté, le cœur de Min qui hébergera le marché et concentrera toutes les activités liées à son fonctionnement ; et, de l’autre, un second secteur pour recevoir les activités annexes du Min. Enfin, le troisième pôle rassemblera toutes les activités autour de la transformation du bio et des produits locaux, dans la zone d’activités des ‘Grands vignes’ sur la commune de Noves, à proximité de la plateforme sud-est de Biocoop.

Dans son redimensionnement, le Min doit aussi s’accompagner d’un programme d’aménagements routiers indispensables. Pour la réalisation d’un tel projet, la tâche est immense.

Reconversion de friches industrielles

Chargée de superviser la phase opérationnelle du pôle logistique et du cœur de Min avec les acquisitions foncières, les aménagements et les travaux, la SPL est à pied d’œuvre. Son directeur, Jérémie Becciu, explique que le pôle logistique est le
plus avancé des trois pôles aujour-
d’ hui. “Les terrains ont été achetés en début d’année, et le marché public de démolition des anciens bâtiments de la friche industrielle est lancé. La démolition, qui va démarrer, et la remise en état des lieux devraient nous mener au mois de mai, pour débuter la construction des nouveaux bâtiments en juin.“

Dix hectares de foncier occupés par d’anciennes friches industrielles doivent être réhabilités. Sept sociétés privées s’y sont déjà implantées avec des bâtiments neufs ces trois dernières années, sans consommer un hectare de foncier agricole. Quelque 70 emplois ont pu être créés. Ce périmètre – plutôt dévolu aux travaux publics dans les années 80 – est sur le point de devenir une zone dédiée à l’agro-alimentaire, aux fruits et légumes et à la logistique puisque, à terme, le pôle logistique accueillera 12 entreprises de transport sur une superficie de 12 hectares.

Montage financier en cours pour le cœur de Min

Concernant le cœur de Min, un diagnostic des besoins des entreprises positionnées (une soixantaine) sur le projet en matière de typologie  de bâtiments s’est terminé en début d’année, et un tri a été effectué entre les nombreux projets potentiels. La SPL travaille actuellement sur le modèle économique envisagé pour l’aménagement du cœur de Min, “une opération très lourde, qui équivaut à construire près de 40 000 m² de bâtiments, ce qui représente deux fois et demie le Min actuel“, indique Jérémie Becciu. Le montage financier des scénarios envisageables pour faire émerger le cœur de Min pourra ensuite permettre de lancer les procédures d’aménagement. Mais tout le foncier n’est pas totalement maîtrisé. “Il le sera probablement en fin d’année, ce qui laisse entrevoir une construction du Min en 2023 dans la foulée du pôle logistique qui, lui, est prévu pour 2022“, indique le directeur de la SPL.

Localisé quant à lui sur la zone des ‘Grands vignes’ à Noves, le pôle de transformation des produits bio et locaux est tout aussi vital. Il doit permettre de transformer les productions bio et locales en circuit de proximité, afin de doter les producteurs du bassin provençal et des départements limitrophes d’un outil qui n’existe actuellement pas sur le territoire. Mais, la SPL – qui n’a pas de concession d’aménagement sur ce volet – n’est pas à la manœuvre. C’est néanmoins une composante du ‘Grand marché de Provence’ et, pour l’instant, on recense une dizaine d’installations potentielles d’entreprises. Il pourrait être, lui aussi, opérationnel pour 2023.

Loin d’être terminé, le triple dossier d’aménagement du ‘Grand marché de Provence’ est pourtant en bonne voie, et le chantier dans les temps, pour l’instant. 

Emmanuel Delarue

 


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