IGP du Sud-Est : le redémarrage est bien là !

Publié le 15 juin 2021

Les vins IGP Méditerranée plaisent aux consommateurs. Un engouement que l’interprofession veut asseoir, en revisitant son positionnement et son identité visuelle (@ Marc Barthélemy).

La campagne commerciale des vins IGP du Sud-Est est très bien lancée. Les mois qui viennent devraient pouvoir rattraper une année 2020 contrastée, d’autant que les ventes en grande distribution et à l’export sont reparties à la hausse.

Dans la plupart des secteurs du large territoire des IGP du Sud-Est, les récoltes ont été abondantes en 2020. La production pour les vins IGP du Sud-Est s’élève à environ 1,5 million d’hectolitres. Un chiffre en progression de 13 % par rapport à 2019. Sur ce volume, la part de la dénomination régionale atteint 859 000 hl. L’IGP Méditerranée pèse donc plus de la moitié des volumes (58 %) des vins IGP du Sud-Est. Un chiffre en évolution constante ces dernières années. Et c’est le rosé (73 %) qui porte les volumes de la dénomination régionale, avec 630 000 hl.

Pour les opérateurs, la gestion de l’année 2020 n’aura pas été simple. Le circuit CHR, bloqué, et l’export vers les États-Unis, fortement ralenti par la surtaxation, ont impacté les ventes de vins. Il faut dire que, pour l’IGP Méditerranée, les États-Unis constituent le plus gros marché, avec le Canada. Mais les freins, désormais levés, annoncent de belles perspectives pour la suite.

Pour les dénominations IGP départementales – plus centrées sur des marchés historiques du type Allemagne ou Royaume-Uni –, le Brexit n’a, en revanche, pas influencé les sorties commerciales. Et aujourd’hui, de nouveaux marchés s’ouvrent à l’export, en particulier les Pays-Bas, sur toutes les dénominations.

Aussi, producteurs et metteurs en marché d’IGP du Sud-Est regardent devant eux. L’augmentation de la production, en 2020, devrait permettre une belle transition avec la campagne prochaine. “Au regard des ventes à l’export, nous renouons avec une très forte croissance depuis le début de l’année, sur l’ensemble des dénominations IGP“, note Marine Gayrard, directrice d’Intervins Sud-Est.

Le paquet sur la communication

Aller batailler à l’export, c’est d’ailleurs ce que souhaite l’interprofession, qui va engager des actions de promotion, notamment une campagne digitale pour séduire les professionnels aux États-Unis, tout en continuant d’asseoir la notoriété de l’IGP Méditerranée outre-Atlantique, même si sur ce marché la concurrence est forte sur le rosé.

En matière de communication, un effort tout particulier a été fourni pour améliorer la lisibilité de l’IGP Méditerranée pour le consommateur. En 2019 et 2020, l’interprofession a pris le temps de réaliser un diagnostic, pour revisiter l’identité visuelle de la dénomination régionale et tout son positionnement marketing.

Dans quelques semaines, le projet abouti sera dévoilé aux opérateurs de l’amont et auprès des différents réseaux de distributeurs de l’aval. “Dans un deuxième temps, c’est toute une campagne publicitaire qui doit être enclenchée. Une grande campagne d’affichage est prévue dans plusieurs grandes villes (Avignon, Aix-Marseille, Lyon et Grenoble) de juillet à septembre. Une campagne de presse grand public durant l’été est aussi au programme, de même qu’un travail sur le digital“, explique la directrice d’Intervins Sud-Est.

Tout ce travail promotionnel – qui porte sur la valorisation des IGP du Sud-Est et leur fer de lance IGP Méditerranée – vise “à continuer de construire un segment déjà bien positionné dans l’esprit des consommateurs“.

Les sorties de chais au niveau de 2019

Les chiffres sur les sorties de chais des deux premiers trimestres sont bien meilleurs que ceux de l’an passé. Au mois d’avril de cette année, 400 000 hl de sorties étaient déjà enregistrés pour les IGP du Sud-Est. Sur l’année civile, l’interprofession rapporte une hausse de 10 % de croissance par rapport à l’année dernière, et récupère ainsi son niveau de 2018-2019. “Les indicateurs de janvier et février n’étaient pourtant pas très bons. Mais la consommation est très bien repartie sur mars et avril“, précise Marine Gayrard.

Une situation qui s’explique par les très bonnes sorties sur la grande distribution, qui représente au global 40 % des ventes d’IGP Méditerranée, et qui concentre 20 % des ventes à l’export.

C’est sur ces deux circuits que les IGP du Sud-Est, dans leur ensemble, ont trouvé leurs marchés. Leur positionnement qualité-prix a totalement trouvé l’adhésion des consommateurs, notamment en grande distribution. Il s’est établi naturellement au fil des années, et la tendance continue de se construire. Pour l’interprofession, l’objectif est de développer les volumes, tout en conservant la maîtrise de prix permettant une rémunération équilibrée de la production et du négoce.

Les IGP du Sud-Est sont, bien sûr, aussi présentes en restauration et, avec la pleine réouverture de ce circuit, les perspectives commerciales pour les semaines et mois à venir sont au beau fixe.

Enfin, pas d’inquiétude sur l’état des stocks, dont les niveaux à l’heure actuelle sont similaires à ceux de l’année dernière. Pour leur gestion, les opérateurs mesurent bien l’enjeu et le potentiel commercial autour des IGP, un vrai segment de production et de marché voulu par la filière. 

Emmanuel Delarue

 

 


L’IGP Méditerranée pèse plus de la moitié des volumes (58 %) des vins IGP du Sud-Est. Un chiffre en évolution constante ces dernières années. Et c’est le rosé (73 %) qui porte les volumes de la dénomination régionale, avec 630 000 hl (@ IGP Sud-Est).

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