Inter-Med : bulles et rosés, le duo gagnant pour l’IGP Méditerranée

Publié le 11 juin 2019

Roger Ravoire, président d’InterVins Sud-Est, Thierry Icard, président d’Inter-Med, et Olivier Nasles, président du comité bio de l’INAO.

C’est dans les locaux flambant neufs de son nouveau siège, que s’est tenue l’assemblée générale d’Inter-Med, le 25 avril dernier, à Salon-de-Provence. Après une campagne 2018 marquée par une baisse de récolte significative, le prévisionnel pour 2018-2019 est plus souriant, avec “une base normale”, rappelait le président de l’ODG, Thierry Icard, en accueillant les participants.

Créé en 1999 et lancé à Vinexpo, le vin de pays ‘Portes de la Méditerranée’ est une dénomination jeune : elle devient ‘Vin de pays de Méditerranée’ en 2007 pour évoluer en ‘Méditerranée’, Indication géographique protégée (IGP) en 2009. Son 20e anniversaire sera d’ailleurs fêté le 5?juillet prochain, à Marseille. Aujourd’hui, la fédération

Inter-Med couvre dix départements, gérés par sept syndicats, également Organismes de défense et de gestion (ODG) de leur département. “Ce choix a été fait pour optimiser l’organisation de l’IGP Méditerranée, qui travaille en étroite collaboration avec les ODG départementaux, et qui gère directement les négociants et tout ce qui a trait au contrôle des vins conditionnés”, notait Thierry Icard, en ouvrant l’assemblée générale de la fédération et en saluant une vérité bien installée : “L’IGP ‘Méditerranée’ est une valeur reconnue. Ces nouveaux locaux augurent de notre collaboration avec Coop de France Alpes Méditerranée et CER France, et, surtout, devraient permettre d’assurer de nouveaux services, optimisés pour nos adhérents. Nous ne sommes ni le maillon faible, ni le chaînon manquant. Et ce n’est pas fini ! D’ici deux ans, nous allons conquérir de nouveaux marchés vrac, grande distribution, export… dans le sillon des vins de pays. La prochaine étape, ce sont les effervescents. Et pour développer ce segment, il nous faut des volumes conséquents”.

Revenant sur les campagnes 2017 et 2018, impactées respectivement par la sécheresse et la pluie, le président a salué ce retour à la normale. En effet, la campagne actuelle retrouve des couleurs, avec un prix moyen autour de 118 €/hl pour les rosés vrac, un prix “que l’on espère mature”, le tout avec des stocks “au plus bas”?: en effet, au 31 juillet 2018, l’ODG enregistrait 205 061 hectolitres de stocks, dont 60 449 hl de rosé (2,4 mois de production), 121 597 hl de rouge (12 mois) et 23 015 hl de blanc (8 mois). Au total, 454 973 hl ont été déclarés sur la campagne, pour 9 128 hec­tares en production.

Rosé toute !

La tendance est notable et désormais bien installée : “Notre production se tourne de plus en plus vers le rosé, majoritaire en matière d’assemblages”, avec 288 954 hl. Le cépage prédominant en rosé est le grenache. Pour les blancs, 3/4 des volumes sont réalisés avec le chardon­nay, le viognier et le vermentino. Enfin, pour les rouges, le merlot représente 70 % des volumes, avec 29 167 hl, loin devant le cabernet-sauvignon (3 951 hl), le gre­nache (3 707 hl) ou encore la syrah (2 977 hl).

Autres tendances : d’une part, la contractualisation vrac, en hausse de 25 % à 481 732 hl contractualisés, dont 83 % en assemblages et 17 % en cépages ; d’autre part, la poursuite de la valorisation, avec une augmentation du prix moyen toutes IGP Méditerranée confondues. Là aussi, le rosé domine avec 283 203 hl (+ 5 %) et 64 % des transactions, à 118 €/hl de prix moyen (+ 28 %) enregistré début avril 2019, contre 99 689 hl pour les rouges (91,21 €/hl, + 6,50 %) et 17 642 hl pour les blancs (à 106,48 €/hl, + 9 %).

Enfin, dernier indicateur montrant la bonne santé de l’IGP Méditerranée : les sorties de chais au 31 juillet 2018. Sur un total de 510 162 hl (+ 27 % vs 31/07/2017), les rosés représentaient 64 % des sorties à 328 008 hl (+ 28 %), les rouges 27 % à 138 776 hl (+ 26 %) et les blancs, 9 % des sorties à 43 378 hl (+ 23 %).

“L’IGP Méditerranée, par nature, est une IGP d’assemblages, ce qui en fait la particularité de la région. Cela illustre également la volonté de la fédération d’apporter un sourcing complémentaire aux Pays d’Oc, plutôt de cépages. Cette spécificité s’est affirmée ces dernières années, avec l’évolution des volumes à partir de la récolte 2009, soit dix ans après la création de l’IGP, pour rester constante jusqu’à aujourd’hui. La proportion habituelle est de l’ordre de 75 % pour les vins d’assemblages, 25 % pour les vins de cépages. Mais elle tend à augmenter, avec l’évolution des vins rosés, et les assemblages représentaient 82 % des revendications sur la dernière campagne”, complétait Axelle Fichtner, directrice de la fédération.

Céline Zambujo

 

 


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