Intervins Sud-Est : un nouvel outil de régulation pour les IGP Méditerranée

Publié le 19 septembre 2022

Ce Volume individuel de production commercialisable certifié (VIP2C) est applicable dès la récolte 2022 sur les vins IGP Méditerranée rosé (© Marion Lefebvre).

À l’unanimité ! Les administrateurs d’Intervins Sud-Est ont voté la mise en place du Volume individuel de production commercialisable certifié (VIP2C) pour la récolte 2022. Fruit d’une “longue réflexion collective”, cette mesure va “apporter une réelle réponse aux à-coups liés à la production” selon l’interprofession.

Jour historique pour l’ensemble des membres lors de l’assemblée générale et du conseil d’administration de l’interprofession des Vins IGP du Sud-Est, tenus fin juillet ! Les deux familles, producteurs et négociants, ont voté à l’unanimité la mise en place d’un outil de régulation pour la commercialisation des vins IGP Méditerranée rosé : le Volume individuel de production commercialisable certifié (VIP2C). C’est “une décision collective importante pour valoriser la dénomination”, souligne son président, Jean-Claude Pellegrin. “Cette démarche collective où l’interprofession, les Organismes de gestion et les opérateurs mutualisent leurs forces est vitale pour développer ce bien commun. Cela amorçe un changement important sur la gestion du marché et l’équilibre production/ commercialisation avec un but commun : l’organisation économique du marché”, poursuit le vigneron.

Cette nouvelle corde pour la filière doit également permettre d’anticiper l’évolution du potentiel de production, impacté par différents facteurs, à l’image de cette année particulière : en effet, la récolte 2022 s’annonce prometteuse malgré la sécheresse qui touche le territoire de production. “Le marché de l’IGP Méditerranée se développe favorablement ces dernières années (+54 % de sorties en cinq ans). Il faut préserver la qualité du vin pour maintenir la dénomination sur un marché toujours plus concurrentiel.”

Sur le rosé en 2022

Dans un premier temps, le VIP2C va s’appliquer spécifiquement sur le rosé pour la dénomination régionale IGP Méditerranée, dès le millésime 2022. Il s’agit là d’un acte “fort, synonyme de changement et de développement pour sécuriser l’approvisionnement des marchés et maintenir le niveau de qualité des vins”.

Son application repose tout d’abord sur la détermination d’un seuil, pour chaque opérateur, concernant les revendications en IGP Méditerranée rosé. Ce seuil est calculé sur la moyenne des trois dernières années des sorties de chais de chaque opérateur. Ce volume commercialisable est associé à un volume de développement collectif, déterminé chaque année par l’interprofession en fonction des stocks, des ventes et de la perspective de la récolte. Le volume restant (solde de la Déclaration de récolte) est appelé la réserve. Cette dernière pourra être revendiquée sur présentation d’un contrat ou d’une déclaration de conditionnement, si l’opérateur commercialise le vin dans son caveau, en bouteille ou en BIB. Attention : les volumes non revendiqués au 31 décembre 2023 devront être déclassés.

Dans le détail, le dispositif s’articule autour de trois niveaux :

• le volume commercialisable (la base) : c’est la moyenne des trois dernières années du volume IGP Méditerranée rosé, commercialisé par entreprise, issu des Déclarations récapitulatives mensuelles (DRM) 2019-2021, ci-dessous nommée base. Il sera communiqué par l’interprofession. Le volume de base est acquis et ne subit aucune contrainte lors de la déclaration de revendication ;

• le volume de développement collectif est fixé par l’interprofession chaque année, en fonction des stocks, de la récolte prévisionnelle, des sorties de chais, qui donnent une perspective d’évolution collective. Pour le millésime 2022, ce volume est fixé à +5 %, en plus de la base. Il est acquis, sans contraintes lors des déclarations de revendication ;

• constitution de la réserve : c’est l’ensemble des volumes produits au-delà des points précédents. Elle est au choix de chaque entreprise. Elle reste disponible après l’utilisation des précédents volumes, soit pour assurer le lien entre deux millésimes, soit pour développer la vente d’IGP Méditerranée rosé. Dans ce cas, la revendication est possible uniquement sur présentation d’un contrat de vente en vrac ou d’un avis de conditionnement.

Un exemple pour comprendre

Par exemple, si le volume de ‘base’ de l’exploitation est de 1 000 hectolitres (moyenne 2019-2021). En 2022, le volume acquis pour la revendication sera donc de 1 050 hl (+5 %).

En 2022, le disponible de l’exploitation est de 1 200 hl. La mise en réserve sera donc de 150 hl (1 200 hl - 1 050 hl).

En 2023, cette réserve de 150 hl pourra donc être utilisée, soit totalement, soit partiellement.

• Dans le cas d’une utilisation totale  : dans l’exemple, le contrat de vente est de 100 hl et le conditionnement de 50 hl (jonction entre les deux millésimes). Les deux revendications seront autorisées.

• Dans le cas d’une utilisation partielle : dans l’exemple, le contrat de vrac est de 70 hl et le conditionnement de 50 hl (soit un total de 120 hl). Ces deux revendications seront autorisées.

Et à partir du 31 décembre 2023, les 30 hl restants seront soit détruits, soit reclassés en Vin sans indication géographique (VSIG).  

Contact : 04 90 42 90 04, contact@intervins-sudest.org

 


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