JA 13 : Renouer le dialogue, mais défendre le métier avant tout !

Publié le 21 mai 2019

Avec leurs aînés, les jeunes sont déterminés à défendre l’avenir d'une profession de plus en plus malmenée par les évolutions du monde moderne.

Très attentifs aux problèmes d'installation, dans un contexte où le foncier tend à réduire ?la part de l'agriculture, les Jeunes agriculteurs des Bouches-du-Rhône veulent aussi mieux défendre leur métier, face à la stigmatisation qui touche la profession.

Encore galvanisés par leurs bons résultats aux élections de la Chambre d'agriculture, les Jeunes agriculteurs des Bouches-du-Rhône ont affiché leur optimisme, le 10 mai à Puyloubier, à l'occasion de leur assemblée générale. Et pour cause : un quatrième canton vient d’être officiellement créé, celui de Sainte-Victoire, qui étend un peu plus leur réseau sur le département ! Cet optimisme était, malgré tout, tempéré par la vigilance qui s’impose au regard des problèmes liés à leur profession. “Il est important de faire entendre la voix des jeunes agriculteurs qui entrent dans le métier”, soulignait le président Romain Blanchard. Avec une profession qui vieillit, les jeunes sont conscients que leur responsabilité est aussi de contribuer à limiter son érosion. Un défi qui n’engage pas seulement une corporation, mais l'intérêt général et l'avenir du pays. Et avec les combats qu’ils entendent mener sur l’installation, contre le mitage urbain, etc, ils souhaitent aussi pouvoir mieux défendre leur profession et son image. Car tensions et défiances vis-à-vis du métier alimentent aujourd’hui leur quotidien. Même si les agissements verbaux ; physiques ; ou par réseau social interposé, dont les agriculteurs sont victimes ne sont souvent le fait que d’une minorité, les jeunes ne veulent pas rester passifs. D'où le thème choisi de la table ronde cette année : ‘Les agriculteurs sont-ils de mauvais voisins ?’.

Défendre d’abord ‘l’outil de travail’

C’est sur le volet du foncier que les débats ont démarré, soulignant l’importance pour les Jeunes agriculteurs de défendre d’abord leur outil de travail, leurs terres.

Chargée de la transmission du foncier et des arbitrages entre les différents projets agricoles, la Safer a indiqué dans quel autre domaine elle intervenait. Christophe Campanelli, directeur départemental des Bou­ches-du-Rhône de la Safer Paca, a expliqué que “dans un département où le foncier est très attractif et concurrentiel, la Safer est aussi confrontée à la problématique posée par des acquéreurs sans finalité agricole”. C’est ce qui l’amène d’ailleurs à intervenir à travers son droit de préemption avec contre-proposition de prix. Et pour défendre l’outil de travail des agriculteurs, elle est intervenue sur 127 dossiers dans ce cadre en 2018. “Un rôle qu’elle joue avec rigueur, soutenue par la profession agricole”. Et dans la lutte contre les friches et la rétention foncière, là aussi la Safer répond présent. Mais les outils dont elle dispose sont surtout pédagogiques. “Dans le cadre de la prospection, nous sommes dans des démarches amiables avec ces propriétaires. C’est ce qui fait notre quotidien sur le terrain”, explique Christophe Campanelli.

Protéger les plantes pour nourrir la population

Dans les conflits de voisinage, l’emploi des phytosanitaires est, bien évidemment, au cœur de toutes les rancoeurs exprimées par certains néo­ruraux. Mais face aux incompréhensions grandissantes, Marc Reymond, directeur de la région Sud-Est du groupe Arterris, a rappelé quelques notions fondamentales. “Notre agriculture a mission de nourrir une population à laquelle il faut aussi expliquer notre obligation de protéger les cultures, même en bio, parce qu’elles sont touchées par des aléas climatiques, des maladies et des parasites divers et variés”. Parmi les 17 maladies et les 13 ravageurs répertoriés sur le blé par exemple, l’intervenant a cité “la fusariose qui impacte le rendement et favorise le développement de mycotoxines, très nuisibles sur les animaux par exemple”. Et si le rôle de la coopérative est d’accompagner les agriculteurs dans leurs pratiques, en leur fournissant des outils d’aide à la décision, les Chambres d’agriculture sont également à leurs côtés pour les faire avancer sur les méthodes alternatives. C’est ce qui a permis à la profession de réduire par deux la quantité de produits phyto utilisés en France, depuis les années 90. Aussi, “les agriculteurs n’ont vraiment pas à rougir de leurs pratiques pour appréhender le réchauffement climatique, les économies d’eau, etc.

Emmanuel Delarue

 

 

 


OPA - Serv. publicsSyndicalismeJeunes agriculteurs installation assemblée générale Romain Blanchard canton de Sainte-Victoire