Juliette et jean chiron : une recette qui fonctionne à merveille !

Publié le 28 septembre 2021

Jean Chiron attend patiemment que ses coings arrivent à maturité. Mais il faudra attendre encore un peu (E. Delarue).

À Miramas, les fruits de Jean, l’agriculteur, et les préparations de Juliette, l’artiste en confiture, c’est avant tout une histoire de famille. Leurs recettes et leur complicité enchantent les amateurs de tous âges depuis 20 ans. Un succès qui ne se dément pas.

Jean n’a pas toujours été agriculteur, mais l’arboriculture et la fabrication de confitures c’est son quotidien depuis 20 ans. C’est aussi celui de Juliette, à ses côtés quand son époux décide de reprendre l’exploitation agricole de ses parents, à Miramas, et de se lancer dans une nouvelle aventure. Le père de Jean Chiron produisait ici beaucoup d’abricots, mais aussi de la cerise et de la pêche. Au tournant des années 90, la mévente sur les fruits – qui touche bon nombre d’exploitations fruitières de la région – conduit l’exploitant à prendre des décisions stratégiques. “Replanter ou ne pas replanter ? La question s’est posée. Ma mère, qui faisait les marchés à cette époque, constatait une demande importante sur les confitures et sur la pâte de coing. Nous en faisions à la maison, mais de manière anecdotique. À l’évidence, la tradition – qui voulait que, dans toutes les familles, les grands-mères faisaient de la confiture et de la pâte de coing – commençait à se perdre petit à petit“, raconte l’agriculteur.

Le déclic ? Les marchés !

Le changement sur le comportement et les attentes des consommateurs, Jean Chiron l’observe aussi à l’occasion des premiers ‘Marchés terroirs 13’, organisés par la Chambre d’agriculture au siège du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Ça a été pour lui le déclic ! “Je voyais tous ces Marseillais en demande de produits du terroir, je me suis dit bon sang ! C’est ça qu’il faut faire, mais il faut le faire bien“, poursuit Jean.

Les prémices d’un retour vers le local ne lui échappent pas. Le couple entreprend une sérieuse orientation sur la transformation des fruits du verger familial. Juliette suit alors une formation pour acquérir toutes les compétences requises sur les transformations sucrées, sans oublier les connaissances réglementaires sur les normes européennes, pour produire et vendre ces produits transformés.

Jean, lui, se consacrait déjà à la production fruitière. Il maintient les espèces cultivées, mais sans en planter davantage pour autant. “Quand on fait des confitures, on n’a pas besoin de faire de gros volumes, sauf si l’on veut travailler avec l’expédition“, explique-t-il. Le verger – dont les arbres sont très disséminés sur les terres familiales – compte des cerisiers, des abricotiers, des pêchers, mais aussi des figuiers et des cognassiers. La gamme de confitures concoctées par Juliette était au début limitée, et tournait autour de quelques recettes. “L’important était, et c’est toujours le cas, que les fruits soient ramassés à maturité pour élaborer de bonnes confitures“, souligne Jean Chiron.

De fil en aiguille, au contact et à l’écoute des consommateurs qui découvrent leurs productions, Jean plante un peu plus d’espèces et de variétés fruitières. En cuisine, Juliette s’essaye de son côté à de nouvelles compositions, que les époux testent ensuite sur les marchés.

Les oranges amères par exemple. On était un peu sceptique au départ, mais finalement la confiture aux trois agrumes – 80 % d’oranges amères, citrons et pamplemousses – que nous avons lancée a vraiment plu.“ Elle a même permis aux Chiron d’obtenir la médaille d’or au Salon de l’agriculture à Paris, il y a trois ans. Quant à la confiture d’abricot, elle a raflé la médaille d’argent. “Les médailles, on n’en a pas pris goût pour autant. Mais c’est valorisant pour notre travail“, confie Jean.

Petit à petit, l’offre en confitures du couple se diversifie. Désormais, leur travail consiste à peaufiner les process de production et à améliorer en permanence leurs recettes, en se confrontant aux goûts des consommateurs. Résultat ? La famille Chiron propose aujourd’hui une gamme de 18 recettes de confitures. Parmi elles, quelques incontournables qui ont fait leurs preuves au fil du temps, telles la confiture de citre (ou Mérévilles) au citron, les préparations aux coings ou encore la confiture de figues. La figue est d’ailleurs la production qu’il met le plus en avant désormais. Et lorsqu’il remplace des arbres, c’est prioritairement par des figuiers, “car la demande est là“.

Jean Chiron est avant tout agriculteur et ne transforme pas ce qu’il ne produit pas. Mais, soucieux de la qualité apportée aux compositions de Juliette, les époux se rendent à Lyon, tous les deux ans, pour participer au salon professionnel du Sirha et s’informer des nouvelles techniques de production. La confiture est une véritable affaire familiale, et tant les recettes que la complicité entre Jean et Juliette fonctionnent toujours autant.

Une clientèle très fidèle

Même s’ils ont dû s’adapter ces derniers mois, surtout l’an dernier pour garder le lien avec leurs clients, les époux Chiron continuent d’écumer les marchés locaux et en particulier le marché des Treize desserts – organisé par la Chambre d’agriculture à Aix-en-Provence, en décembre – auquel Jean Chiron participe depuis 15 ans. Et, ces dernières années, le Salon des agricultures de Provence est devenu incontournable pour le producteur. Il espère que l’édition 2022 pourra bel et bien se tenir.

Pour autant, on ne s’inquiète pas trop de la demande chez les Chiron. La petite entreprise familiale dispose d’un portefeuille de près de 5 000 adresses mails. Une clientèle de fidèles à qui Jean fait part des différents marchés où il sera présent, les récoltes, ainsi que les recettes en préparation. Un outil de communication qui lui a aussi été très utile durant la pandémie. C’est une période durant laquelle il a aussi participé à des drives, celui mis en place par la Chambre d’agriculture notamment.

Le futur, Jean et Juliette ne l’envisagent pas encore tout à fait. Ils se languissent seulement de pouvoir partir en vacances. Mais les deux conjoints se régalent toujours autant dans leur activité. “Quand vous plantez un arbre et que vous parvenez à élaborer un produit transformé, fini, que vous vendez ensuite, c’est une réelle satisfaction“, confie Jean.

Avec Juliette il souhaite néanmoins développer davantage les débouchés sur les épiceries. Mais ce sera difficile pour eux de lâcher le contact avec les consommateurs. À tel point qu’ils éprouvent parfois le regret de ne pas s’être lancés avant. “Mais avant“, comme le rappelle Jean, “c’était les grands-mères qui faisaient des confitures. Mais on dirait qu’elles s’y remettent un peu depuis quelque temps...“. 

 Emmanuel Delarue


Les confitures de Jean et de Juliette Chiron, c’est aujourd’hui 18 recettes, parmi elles la marmelade aux trois agrumes et la confiture de figues (© E.Delarue).

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