L’Actium sur tous les fronts

Publié le 08 septembre 2020

Gilles Bertrand, directeur de l’Actium Grand Marché de Provence.

Le directeur de l’outil économique du Grand Marché de Provence, l’Actium, fait le point sur les avancées du projet et précise les multiples chantiers qui ont été engagés. La feuille de route est chargée, mais l’expérimenté Gilles Bertrand est confiant.

Le projet Grand Marché de Provence a connu certains changements ces derniers mois. Pouvez-vous les évoquer ?

Gilles Bertrand : “Malgré la crise, nous avons continué à travailler activement au redéploiement du Min de Châteaurenard. Le Covid a certes retardé l’élection du nouveau président à la tête du Cluster – Bernard Reynes a démissionné au mois de mars –, mais la feuille de route du Grand Marché de Provence n’a pas été modifiée. En juillet dernier, un président du monde économique a été élu en la personne de Stéphane Gori1 et, avec lui, un nouveau conseil d’administration élargi et composé uniquement de chefs d’entreprise, afin de très vite reprendre notre plan d’actions. Le cluster est devenu au passage l’Actium, l’outil économique du Grand Marché de Provence. C’est le socle sur lequel le projet se construit.

En parallèle, le conseil d’administration de la Société publique locale (SPL) du Grand Marché de Provence – composée des membres élus des deux communes de Châteaurenard et Noves, et constituée pour aménager le pôle logistique et le cœur du Min – a été remanié. Il est à présent dirigé par le directeur du Min de Châteaurenard, Jérémie Becciu.“

Quelle est l’ambition aujourd’hui de l’Actium Grand Marché de Provence ?

G.B. : “L’ambition de l’Actium n’a pas changé et ses fondations restent les mêmes. On repart avec des hommes nouveaux et l’objectif est triple. D’abord, le redéploiement du Min avec son pôle logistique, le cœur de Min et le pôle transformation. C’est aussi la constitution, demain, d’une Société d’économie mixte (SEM), qui mettra, en tour de table, les collectivités et le secteur privé pour gérer le futur Grand Marché de Provence. Enfin, l’Actium va s’atteler à accompagner ses entreprises du monde agricole, du négoce, de la distribution, de la logistique et de l’industrie agro-alimentaire dans leur développement économique, au travers de démarches collectives, collaboratives et individuelles. Et ce, dans de nombreux domaines : l’emploi notamment, la mise en place d’opérations pour valoriser la commercialisation d’une production auprès de la GMS, les salons internationaux et au travers de missions export.“

Sur quels chantiers prioritaires l’Actium est-il engagé ?

G. B. : “Il y en a de nombreux, mais le premier concerne l’emploi. Car un Min, ce n’est pas uniquement des gens qui déchargent des camions ! Rappelons que le futur Grand Marché de Provence, c’est 37 métiers qualifiés ! Nous avons signé une convention de partenariat avec Pôle emploi pour formaliser ce sur quoi nous avons commencé à travailler, à savoir rencontrer l’ensemble des entreprises de l’Actium qui, demain, seront des entreprises installées dans le Grand Marché de Provence. L’objectif est de pouvoir identifier leurs besoins immédiats et futurs, sur tous les métiers spécifiques.

On peut aussi évoquer le dossier du transport multimodal : le Grand Marché de Provence a l’ambition d’être un acteur majeur de la transition écologique. Mettre des camions sur les rails et, dans le même temps, créer des navettes de collectes avec des véhicules propres, sont deux chantiers sur lesquels nous travaillons.

Concernant les transports combinés rail-route, nous souhaitons nous appuyer sur le développement de Froid Combi, un opérateur adhérent de l’Actium basé à Châteaurenard. Le chantier est conséquent et va demander un jeu d’acteurs important. La création de navettes s’inscrit dans cette dynamique. Et nous travaillons à la création de circuits de collectes et de livraison, sur lesquels les entreprises pourront s’appuyer.

Enfin, la troisième priorité pour l’Actium la valorisation de la marque ‘Grand Marché de Provence’ dans le cadre du Projet alimentaire territorial (PAT). Avec la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille et le Département des Bouches-du-Rhône, nous avons engagé un travail sur la re-territorialisation de l’alimentation durant le Covid, en essayant d’impliquer les acteurs de la GMS. L’objectif était de mieux anticiper les situations de marché, tout en valorisant les productions régionales. Et, avec l’enseigne Carrefour, nous avons démarré un projet pilote de 16 m², à l’entrée du magasin d’Aix-La Pioline, le 7 juillet. On y trouve tous les produits du Grand Marché de Provence. Les perspectives d’évolution sont très encourageantes. Demain, d’autres opérations pourront être mises en place, avec d’autres enseignes et d’autres types de marché.“

Les entreprises que vous représentez sont elles satisfaites de l’avancement du projet Grand Marché de Provence ?

G. B. : “Il est évident que tout le monde souhaiterait que la construction du projet avance plus rapidement. Mais, par expérience, je suis conscient qu’il y a des temps incompressibles. Les acteurs du marché, ou certains observateurs, ne voient pas forcément la partie immergée de cet iceberg. Mais nous sommes confiants, et les travaux menés entre l’Actium et la SPL permettent aujourd’hui d’inscrire le projet dans un calendrier : le pôle logistique sortira fin 2021-début 2022, le cœur de Min en 2022-2023, et le pôle transformation devrait lui aussi être opérationnel en 2023.“ n

Propos recueillis par Emmanuel Delarue

1 Lire notre édition du 21 août 2020, p 5.