L’IGP Méditerranée fête 20 ans de succès

Publié le 16 juillet 2019

Marine Gayrard et Axelle Fichtner, respectivement directrices d'InterVins Sud-Est et d'IGP Med, Joël Reynaud, président de la dénomination Vaucluse, Thierry Icard, président de l'IGP Méditerranée, Jean-Claude Pellegrin, président de l'IGP Pays des Bo

Responsables et adhérents de l’IGP la plus étendue de France étaient invités à souffler les 20 bougies de la dénomination vendredi dernier, à Marseille. L’occasion de célébrer une ‘success-story’, portée notamment par l’engouement pour les vins rosés, en France comme à l’étranger.

“On n’imaginait pas que cette belle idée aurait aussi bien germée.” Vingt après la création et le succès de l’IGP Méditerranée, Jean-Louis Piton, président fondateur de l’ODG Intermed et initiateur du projet avec le Conseil économique des vins du Sud-Est, en reste encore incrédule. Comme il le racontait vendredi dernier, lors du 20e anniversaire de la création de l’Indication géographique protégée Méditerranée, qui se déroulait à l’Hôtel Intercontinental de Marseille, tout est parti d’un constat. “Nous étions cinq ou six, au sein du Comité économique des vins du Sud-Est (Cevise), à penser qu’il serait peut-être intelligent d’avoir un produit commun, entre la Vallée du Rhône et la Provence”, raconte Jean-Louis Piton. “L’idée génératrice, c’était d’avoir une IGP partagée entre ces deux territoires, pour renforcer les liens entre les vignerons et les metteurs en marché. Nous n’avions, en revanche, pas encore découvert le bon nom, le bon format, et la meilleure IGP à mettre en œuvre.” Quoi qu’il en soit, l’idée de départ, impulsée par l’amont, était là. Restait à la mettre en œuvre.

La première campagne en 1999/2000 reste modeste, avec une production de “seulement” 104 000 hectolitres et une couleur rouge alors prédominante, avec 65 300 hl (contre seulement 23?000 hl de rosé). L’IGP Méditerranée, qui s’appellera, jusqu’en 2007, ‘Vin de Pays des portes de Méditerranée’, rassemble déjà dix départements répartis sur trois régions (Rhône-Alpes, Paca et Corse). “Dans cette vision partagée qui allait devenir IGP Méditerranée, nous avions convenu dès le départ qu’il fallait un espace de liberté : nous sommes des opérateurs qui faisons plusieurs couleurs de vins, des vins de pays (qui deviendront les IGP), des AOC et des vins de table”, se souvient le président fondateur de l’ODG Intermed, désormais président de l’INAO.

2008/2009 : l’année du décollage

“Cet espace de liberté permettait à d’autres opérateurs, qui n’étaient pas issus de notre région, d’y venir. Il n’y avait pas, à l’époque, de cahier des charges très précis : l’idée était de voir ce que le marché construirait avec nous.” Pour André Mercier, successeur de Jean-Louis Piton à la présidence d’Intermed, “le démarrage s’est avéré compliqué, parce qu’il y avait 24 dénominations. Nous avons donc souhaité transmettre un message simple à tous ceux qui nous rejoignaient : adoptons une seule grande IGP régionale, et gardons les anciennes dénominations pour la créer”. Malgré les efforts des fondateurs et de ceux qui les rejoignent, la production patine jusqu’en 2004/2005, date à laquelle les volumes de production franchissent le cap des 220 000 hl, avant de redescendre lors de la campagne suivante, puis de franchir à nouveau le cap des 200?000 hl en 2006/2007.

La machine est définitivement lancée l’année suivante, avec presque 350?000 hl, et un quasi équilibre entre les volumes de production en rouge et en rosé. Denis Roume, premier président d’Intervins Sud-Est résume assez bien cette évolution : “Nous avions besoin, pour obtenir une évolution positive, d’une conjonction d’éléments favorables. La première des choses, c’était la construction de l’IGP Méditerranée : elle rassurait les marchés, les opérateurs et les distributeurs, en France et à l’export, sur notre capacité à leur fournir un approvisionnement sécurisé. Il s’agissait ensuite de disposer d’opérateurs capables de vendre notre production et de disposer de la clientèle appropriée. Il fallait, dans un deuxième temps, un marché qui évolue favorablement”, poursuit Denis Roume. “Celui du rosé a décollé de manière extraordinaire. Cela semble évident aujourd’hui. Mais ce n’était pas aussi naturel en 1999, même si chacun voyait bien que les rosés se vendaient désormais en dehors de la période estivale. Le 3e élément, c’est l’extension du marché des rosés, avec un vaste éventail d’offres : les distributeurs nous ont demandés d’être en mesure de répondre à cette demande.”

Julien Dukmedjian

 


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