La Chambre régionale sur tous les fronts

Publié le 03 décembre 2019

Pour André Bernard, président de la Chambre régionale d’agriculture – ici aux côtés de son directeur, Jean-Pierre Bourdin, et du Draaf, Patrice de Laurens.

L’institution régionale gère l'avenir. Engagée sur plusieurs fronts, elle constate la récurrence des problèmes, et l'apparition de nouveaux enjeux.

D’importants enjeux de concertation et de programmation vont se jouer d’ici 2021, à l’échelle européenne, nationale et régionale. C'est ce qu'ont rappelé les membres de la session de la Chambre régionale d'agriculture,réunis le 26 novembre, à Aix-en-Provence. En tête de ces enjeux, le pro-jet de réforme de la PAC, pour lequel un travail spécifique doit être engagé, afin de faire reconnaître les spécificités méditerranéennes en matière de productions végétales, de pastoralisme extensif, et de montagne sèche ou d’irrigation”, indiquait le président, André Bernard. Pour Patrice de Laurens, directeur régional de la Draaf, “il y a urgence à ce que la région fasse des propositions qui reflètent les préoccupations de terrain, en s’appuyant sur des compétences régionales, pour espérer se faire entendre au niveau national”. Aussi, “les zones peu productives dans l’élevage, le riz ou encore l’hydraulique” font partie des sujets qui doivent particulièrement préoccuper la profession. “Il n’est pas question de gommer vos spécificités. Mais il est nécessaire, et stratégique, de vous doter d’une force de frappe sur des problématiques communes, pour faire prévaloir vos idées sur ces enjeux complexes”, ajoutait le directeur de la Draaf.

 

L’installation et le foncier comme priorités

Pour la Chambre régionale, le combat se déploie sur plusieurs fronts, et les dossiers à traiter sont nombreux. “L’installation des jeunes agriculteurs et le problème du foncier agricole” sont deux thématiques majeures dans lesquelles l’institution veut “s’engager en priorité”, d’après son président. “Il nous faut protéger et aménager le foncier agricole, mais amplifier aussi la sécurisation en eau sur le territoire. Si nous sommes passés à travers de la sècheresse en 2017, ce n’est pas qu’il a davantage plu chez nous, mais bien par ce que nous héritons d’infrastructures et d’aménagements réalisés à une époque, et qui font défaut aujourd’hui à d’autres régions en France.” Pour André Bernard, tout un travail doit se poursuivre dans ce sens, tout comme “les recherches menées pour produire en utilisant mois d’intrants, et donc, moins d’eau”.Cette session était également l'occasion d’évoquer le réseau des Chambres d’agriculture qui, depuis la dernière session, après session au mois de mars, a dû faire face à certains évènements. Un temps souhaitée par le gouvernement, “la baisse des recettes des Chambres d’agriculture – à hauteur de 15?% sur la taxe additionnelle sur le foncier non bâti – se serait traduite par 1,8?million de recettes en moins pour les Chambres d’agriculture de la région, et une réduction du budget de la Chambre régionale de 180 000 euros”, rappelait le président. Avec le syndicalisme et l’appui d’un certain nombre de parlementaires, la sensibilisation des décideurs a finalement payé, et “le déséquilibre complet du réseau” a été évité.

 

Poursuite de la modernisation du réseau

“Nous avons, pour 2020, maintenu la recette fiscale au bénéfice des Cham-bres d’agriculture. Mais cela ne nous exonère pas d’accélérer le processus de modernisation de notre réseau”, reconnaissait aussi André Bernard. C’est tout l’enjeu du plan stratégique mené actuellement par l’institution régionale, chargée de relever le double défi de “l’adaptation au réchauffement climatique, tout en répondant aux attentes sociétales, avec des produits de qualité, moins impactants sur l’environnement et au plus juste prix”.Aujourd’hui, le réseau des Chambres d’agriculture est en phase de négociations sur les contrats d’objectifs, qui doivent être signés à Matignon au niveau national. L’objectif est “d’adapter le service des Chambre d’agriculture auprès des agriculteurs, et au sein des territoires, en faisant évoluer aussi notre fonctionnement” indiquait André Bernard. Et le moins que l’on puisse dire est que l’institution régionale est sur le pont : son bureau a tenu un séminaire début novembre pour déterminer comment le fonctionnement de la Chambre régionale pouvait être amélioré1. Il est notamment ressorti le “besoin d’améliorer sa communication, pour être plus visible. Elle doit aussi mieux assumer son rôle de représentation officielle, ce qui va demander une réorganisation”, soulignait le président André Bernard.Les autres fronts, liés à l'actualité climatique, économique et sociétale, n'ont pas été oubliés durant cette session, les débats revenants sur les inondations à répétition dans le Var et les Alpes-Maritimes, la problématique du loup, en passant par l’agribasching ou encore l’inefficacité de la loi Égalim. Le représentant de l’État en région a rappelé que ses services suivaient tous ces dossiers avec attention. Il a notamment pris note que la Chambre régionale demandait officiellement une mission d’expertise sur l’impact de la prédation sur les systèmes d’exploitation, et avait voté une motion de soutien en faveur des agriculteurs sinistrés suite aux intempéries.

 

Les plans de filièresbientôt votés

De son côté, le chef de service ‘agriculture’ de la Région, Johann Chassaing,a confirmé l'attention portée parRenaud Muselier, président de la Région Sud, aux questions agricoles, précisant que la convention collective agricole constituait un outil d’intervention précieux pour la Région. “Elle permet de donner de la visibilité sur les actions globales de toutes les Chambres d’agriculture, et va permettre de sécuriser les budgets consacrés aux différents programmes.”L’autre point important évoqué par Johann Chassaing est la mise en place des plans de filières de la région. Le 13 décembre, les plans élaborés seront votés en assemblée plénière. Filière par filière, ils définiront les différents axes d’intervention et les budgets. Dans les relations que la Région souhaite continuer d’entretenir avec le monde agricole, “ce mode de fonctionnement va devenir fondamental”, commentait le chef du service ‘agriculture’. Parmi les grandes priorités définies dans les plans cette année, citons “la poursuite de son action sur le volet expérimentation, le travail sur les signes de qualité, avec un soutien particulier de la Région sur le développement de la certification HVE”. 


Emmanuel Delarue

 
1  Lire notre édition du 22 novembre, page?3.


OPA - Serv. publicsChambre d'agricultureChambre régionale d'agriculture Session régionale