La maison du riz : promouvoir la culture du riz

Publié le 27 août 2019

‘La maison du riz’, au cœur du territoire de la riziculture camarguaise.

Depuis quatre ans, La maison du riz, cet espace pédagogique situé en plein cœur de la Camargue et dédié au riz, fait découvrir au grand public tous les secrets de la céréale, son histoire et sa culture.

La maison du riz, c’est d’abord l’histoire d’une famille, unie par la passion d’un territoire et d’une vie rythmée par la riziculture depuis cinq générations. En Camargue, l’exploitation des Rozière – qui s’étend sur 300 hectares du côté d’Albaron – est d’ailleurs toujours conduite en famille. Françoise et Jacques, les parents, sont aujourd’hui soutenus par leur fils, Jean-Philippe. Mais il y a quelques années, Jacques envisage aussi de perpétuer son héritage autrement, en créant un lieu unique dédié au riz de Camargue. C’est ainsi que La maison du riz voit le jour, au sein même de l’exploitation familiale.

En donnant une seconde vie à un vieux corps de ferme utilisé jusqu’alors pour stocker le matériel agricole, il créé “un espace pédagogique dont l’objectif est de faire connaître cette culture atypique, et de promouvoir sa culture dans ce territoire si particulier”, indique sa fille Marine, aujourd’hui gérante de la structure. “Expliquer pourquoi le riz se cultive en Camargue, depuis quand, pourquoi l’eau douce, indispensable à la production, l’est aussi pour le maintien de l’environnement”, fait partie de son quotidien depuis quatre ans.

Bien plus qu’un musée

Mais La maison du riz, ouverte de mars à novembre, est bien plus qu’un simple musée historique sur la céréale. Même si l’origine de la culture du riz en Camargue fait partie des découvertes des visiteurs, ces derniers ont aussi “un aperçu très concret des méthodes culturales, des différentes variétés de riz, ou encore de l’évolution des savoir-faire autour de la culture”, précise Marine.

Ce bâtiment, où la charpente et la hauteur de plafond ont été conservées, se prête à l’accueil. En y pénétrant, on y découvre tout un circuit pédagogique consacré au végétal, au matériel spécifique à la riziculture, mais aussi un espace dédié au grain et aux différentes étapes de transformation. Une ancienne machine d’usinage du riz, utilisée en coopérative jusque dans les années 1950, est utilisée pour décrire l’évolution du métier de riziculteur.

Car bon nombre de visiteurs n’ont pas idée du processus qui permet de rendre le riz consommable. Pour eux, le riz n’est d’ailleurs pas un épi et, pour Marine, l’exercice pédagogique est passionnant et d’autant plus important quand elle reçoit les scolaires sur le site. “Ils ne connaissent, par exemple, pas du tout le riz paddy ou brut, qui correspond à la semence, mais aussi le riz une fois récolté qu’il faut encore décortiquer en lui enlevant sa première peau, la balle”, explique-t-elle. La gérante passe aussi du temps à présenter les différentes variétés de riz et à “différencier riz complet, meilleur pour la santé, mais plus long à cuire, et riz blanchi”. La gérante s’attache aussi à promouvoir l’origine de la culture, en faisant la promotion de “l’IGP Riz de Camargue, reconnaissable par son logo. C’est le seul moyen de reconnaître le riz français parce que, bien souvent, il figure d’autres mentions trompeuses sur les paquets”.

Rizières pédagogiques

À l’extérieur de La maison du riz, de véritables petites rizières ont été aménagées et sont utilisées comme support pour expliquer la mise en eau, les semis, puis les moissons. Tous les ans, les enfants de l’école d’Albaron se chargent de les semer, les pieds dans la boue, à l’ancienne, pour reproduire les gestes des semeurs comme il y a une cinquantaine d’années. Et pour compléter la visite, les sentiers pédagogiques conduisent aussi sur l’exploitation familiale au bord du Rhône. Car “c’est avant tout une exploitation agricole vivante et pas simplement un lieu touristique”, puisque l’on est est au cœur d’une exploitation familiale qui a développé une activité d’agritourisme.

Depuis son lancement, l’institution, soutenue par la profession, a naturellement trouvé sa place dans le paysage camarguais. “Beaucoup de riziculteurs font d’ailleurs venir leur famille et amis pour comprendre leur métier et leur faire découvrir la culture”, rapporte Marine Rozière. Elle travaille aussi en très bonne entente avec le Musée du Parc de Camargue, situé à quelques kilomètres de là sur la route d’Arles, au bénéfice du tourisme en Camargue. Véritable institution aujourd’hui,  La maison du riz ne désemplit pas (voir encadré). n

Emmanuel Delarue


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