La Pugère : Pragmatique, la station se projette sur l’avenir

Publié le 16 juin 2020

En développant un programme d’expérimentations cohérent, La Pugère veut continuer d’anticiper les problématiques à long terme de la profession, en particulier le développement des méthodes de lutte en matière de protection des vergers, les travaux

Avec le renouvellement de sa présidence, une intégration au CTIFL qui se profile, et davantage de diversification dans ses programmes, c’est une période nouvelle qui s’ouvre pour La Pugère.

Une des forces de l’arboriculture française demeure sa technicité. Aussi, perdre un outil comme La Pugère aurait était très préjudiciable pour le développement de l’arboriculture régionale. Après plusieurs années délicates pour la structure sur le plan financier, et au prix d’une mobilisation sans faille de son équipe et de tous ses partenaires, la station est aujourd’hui bien résolue à repartir de l’avant. Avec une nouvelle présidente de surcroît : Marianne Di Costanzo – qui produit des fruits à noyaux et à pépins depuis une dizaine d’années sur Eyragues – a en effet succédé à Jean-Noël Fabre en 2019. Pour la jeune arboricultrice, maman depuis peu, ces derniers mois ont été plutôt bousculés. Mais la présidente est plus déterminée que jamais à s’investir pleinement dans ses nouvelles fonctions. Son ambition est de permettre à la station d’expérimentation régionale de “rester la référence pour la qualité de ses essais, en adéquation avec son terroir“.

À l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la structure – qui s’est tenue en visioconférence il y a quelques jours –, Marianne Di Costanzo a fait le point sur les projets qu’elle souhaite voir porter par la station d’expérimentation.

En saluant d’abord son prédécesseur “qui a œuvré au bon fonctionnement de la structure en la maintenant en des temps difficiles, grâce à son énergie et sa persévérance“, elle a indiqué que La
Pugère devait “rester proche des besoins des arboriculteurs, afin de rendre nos vergers de demain performants et durables“. À ce titre, la présidente a indiqué vouloir s’investir pour “continuer les essais et pérenniser la Pugère, en optimisant la fiscalité et les finances, en menant une restructuration interne des postes et des responsabilités, et surtout, en développant les partenariats financiers avec les demandeurs d’expérimentation“.

Cap sur la diversification

La station entend poursuivre ses partenariats techniques grâce auxquels elle peut mettre en place des expérimentations à grande échelle, tant sur son site qu’en d’autres lieux. Un tissu de compétences indispensables qui s’inscrit au profit du développement de l’arboriculture régionale, et qui vise à mieux répondre aux évolutions des vergers.

Cela va notamment passer par une diversification des espèces sur lesquelles la station va travailler. Essentiellement centrée sur les productions emblématiques du bassin, la pomme et la poire, “La Pugère va s’ouvrir plus largement, ainsi que l’expriment les besoins des professionnels, à des productions comme l’amande, mais aussi potentiellement la pistache ou la prune“.

Dans ses programmes, La Pugère va continuer de mener des essais variétaux, sur la conduite et les techniques culturales, mais aussi plancher sur les solutions nécessaires pour assurer la compétitivité des exploitations, sans oublier à s’employer à répondre aux exigences du changement climatique. Les travaux sur les ombrières photovoltaïques, qui ont débuté l’an dernier, en font partie.

Mais “il y a d’autres projets qui se dessinent et se mettent en place, parce qu’il y a un vrai besoin de renouveau et, surtout, une nécessité à évoluer, avec les changements auxquels sont confrontés les arboriculteurs“, observe la présidente. “Les changements qui s’opèrent sur les marchés, le bouleversement climatique qui bouscule aussi les maladies potentielles nécessitent que l’on puisse apporter des idées et des solutions viables, et des données techniques sûres à la profession“, ajoute Marianne Di Costanzo. Les arboriculteurs doivent pouvoir s’engager dans l’amélioration et la rénovation de leurs vergers. Ils doivent aussi avoir des moyens de répondre, par exemple, à la problématique du feu bactérien ou à l’émergence de la punaise diabolique.

Pour conserver sa position régionale, la qualité de ses essais et sa proximité avec les arboriculteurs, la station souhaite aussi mener à bien son partenariat avec le CTIFL. Le dossier de cette nouvelle intégration de l’expérimentation régionale est toujours à l’étude.

Dans ce nouveau challenge, la présidente entend bien y associer toute son “équipe, qui a su montrer jusqu’ici son implication et sa motivation pour maintenir les essais, avec toujours la même qualité que l’on vient chercher à La Pugère“, précise-t-elle.

Véritable outil pour la production arboricole régionale, la station La Pugère – qui veille depuis 30 ans à garder l’équilibre de cette économie – entend bien continuer de répondre au mieux aux nouvelles attentes de la profession. 

Emmanuel Delarue

 


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