la Pugère : toujours au cœur de l’expérimentation

Publié le 04 juin 2019

Visite de la parcelle haute densité où les variétés Lauranne et les Soleta sont conduits en haie fruitière.

Tandis que le partenariat novateur engagé avec le CTIFL est en cours de finalisation, la station d’expérimentation de Mallemort veut répondre aux enjeux de l’arboriculture fruitière régionale avec de nouveaux projets.

Après de longues années d’incertitudes, et après avoir piloté la gestion de ‘La Pugère’ pendant plus de dix ans, Jean-Noël Fabre passe désormais la main. Le président de la station d’expérimentation de Mallemort présidait donc sa dernière assemblée générale, le 20 mai dernier. Mais c’est encore avec optimisme et lucidité qu’il faisait le point sur ce parcours. “Je n’ai peut-être pas connu les années les plus faciles, mais je l’ai fait avec plaisir et surtout parce que je crois en cet outil professionnel”, observait-il, convaincu aussi que “l’avenir de l’expérimentation restait malgré tout solide”.

Pour ‘La Pugère’, l’année 2017 a été marquée, rappelons-le, par la clôture de la procédure judiciaire, grâce à la mobilisation de tous ses partenaires. Et déjà, en 2018, de nouveaux projets innovants étaient programmés. Pour cette année 2019, l’ambition est la finalisation du partenariat novateur avec le CTIFL.

En effet, la station est candidate au statut d’antenne, et c’est donc une intégration au réseau du CTIFL qui devrait l’animer. Le dossier de cette nouvelle construction de l’expérimentation régionale reste complexe et actuellement toujours à l’étude. Aussi, le président souhaitait le meilleur à ceux qui vont bâtir cette nouvelle dynamique partenariale : “Pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain, nous devons rester combatifs. L’expérimentation nous a permis, dans de nombreux domaines, de faire des progrès, de transmettre aux producteurs les outils et les solutions nécessaires pour assurer la compétitivité de nos exploitations. Et c’est avant tout avec les structures régionales de proximité que nous devons le réaliser”.

Panneaux photovoltaïques pour réguler le climat

En remerciant chaleureusement tous les partenaires de La Pugère, l’ensemble des producteurs qui mettent des parcelles à disposition pour les essais ainsi que toute l’équipe de la station, Jean-Noël Fabre terminait son propos à insistant sur l’importance de l’outil professionnel. “La Pugère est, et doit, rester au cœur de cette expérimentation et de l’arboriculture régionale.” Et, preuve que les besoins d’expérimentation des OP sont constants et que la qualité des travaux menés à Mallemort sont reconnus, de nouveaux projets se concrétisent depuis quelques mois sur le terrain.

Les partenariats avec des structures de développement régionales sont bien au cœur de son activité, mais ceux avec les instituts et la recherche prennent aussi des formes plus opérationnelles. C’est notamment le cas avec l’Inra et l’Irstea avec qui la station s’est engagée sur un projet de développement de la technologie agrivoltaïque en verger. Livré clés en main par la société Sun’R, le dispositif expérimental a “l’objectif de modifier le climat reçu par les arbres, grâce à la pose de panneaux photovoltaïques, qui doivent aussi générer une énergie verte”, explique le technicien de la station, Vincent Lesniak.

Depuis le mois de février, les panneaux photovoltaïques sont installés et posés sur les poteaux de palissage d’une parcelle de golden, en 10e feuille. Le système – qui a commencé à être testé – fonctionne donc avec des panneaux qui s’orientent en fonction de la dynamique journalière du végétal, pour maximiser le rendement et ou la qualité de la production. Cette nouvelle installation vise à “réduire l’exposition aux risques climatiques – comme les gelées et les fortes périodes d’ensoleillement – et à diminuer les intrants, comme l’irrigation”. Le rendu sur la qualité des fruits et tous les effets recherchés de ce système sont bien sûr à l’étude. La finalité du projet est de vérifier si ces ombrières peuvent constituer une vraie valeur pour l’arboriculture de demain.

Emmanuel Delarue

 


Avec le renouvellement de son pilotage, confié à Marianne Di Costanzo, et sa future intégration au CTIFL, c’est une période nouvelle qui s’ouvre pour La Pugère.

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