La SCP mise sur les énergies renouvelables

Publié le 29 juin 2021

Des panneaux photovoltaïques seront prochainement positionnés sur et au-dessus d’une partie du réseau de canaux exploités par la Société du canal de Provence (@ SCP).

La Société du canal de Provence a poursuivi, l’an dernier, sa politique d’investissements et de modernisation de son réseau, en dépit de la crise du Covid. L’aménageur régional souhaite désormais se renforcer sur la production d’énergies renouvelables, qu’il envisage comme une activité principale, au même titre que la fourniture d’eau, les services ou l’ingénierie.

Philippe Vitel, président de la Société du canal de Provence (SCP) et vice-président de la Région Paca, n’a pas boudé son plaisir, au moment de présenter à la presse le bilan 2020 de sa structure, rappelant que “la SCP va bien, et joue parfaitement son rôle d’aménageur du territoire. Nous avons poursuivi en 2020 notre stratégie d’innovations dans tous les domaines liés à la ressource et l’utilisation de l’eau, dans un esprit d’efficience“.

En dépit de la crise sanitaire du Covid et des aléas climatiques de l’année écoulée (douceur hivernale et important déficit pluviométrique), la SCP a maintenu sa politique d’investissements et de rénovation du réseau et de ses ouvrages. Près de 22,6 millions d’euros (M€) ont été injectés l’an dernier pour la modernisation de ces derniers, dans le cadre du plan quinquennal qui prévoit une enveloppe budgétaire de 150 M€ pour la période 2018-2022. L’activité d’aménageur et de concessionnaire reste stable, avec 92,60 M€ de recettes liées au service de l’eau, en dépit d’une baisse des volumes d’eau utilisés par la clientèle agricole (-10 %). Cette baisse a en partie été compensée par une légère hausse des contrats souscrits en 2020, soit 65 584 clients (+500 vs 2019). La politique d’investissement globale est, elle aussi, en croissance, avec un doublement sur les quatre dernières années. Le budget dédié à cet effet représentait 24,3 % du chiffre d’affaires (CA), en 2020, contre 33 % en 2021. La direction de la SCP prévoit encore de renforcer cet effort dans le cadre de son prochain plan quinquennal, pour atteindre 40 à 50 M€/an, avec un objectif de 1 500 hectares par an irrigués d’ici trois ans.

L’activité ingénierie – dédiée à l’accompagnement des organismes privés ou publics dans le développement de leurs projets hydrauliques – est aussi en forte hausse, avec 7,40 M€ de CA annoncé pour l’an dernier (contre 3,20 M€ en 2016). Cette progression s’explique par une croissance sur le marché régional et hexagonal, mais aussi à l’international, en dépit de la crise du Covid.

Comme l’a rappelé Bruno Grawitz, directeur de l’ingénierie et des services au sein de la SCP, cette dernière s’est désormais orientée vers “une logique de développement de solutions au changement climatique et d’énergies renouvelables“. Cette démarche se concrétise, d’une part, à travers des projets d’irrigation de résilience pour des cultures non irrigués auparavant, comme la vigne ou la lavande et l’arboriculture (oliviers...), ou pour celles concernées par des plans de relance de la filière (amandiers, pistachiers). Et, d’autre part, avec la construction et la mise en service de microcentrales hydroélectriques, via des Groupements d’intérêt économique (GIE). C’est le cas par exemple à Eyguières et Manosque, où la SCP s’est respectivement associée avec l’Asco des Arrosants de la Crau (1,5 MW) et à l’Asa du Canal de Manosque. Dans les Hautes-Alpes, un projet comparable verra prochainement le jour à Châteauroux-les-Alpes (2 MW prévus) via le regroupement de la commune, des Asa et de la SCP, réunies au sein d’un GIE. “L’objectif est de réaliser des économies d’eau, mais aussi de produire de l’électricité à hauteur de notre consommation“, a indiqué Bruno Grawitz. Pour y parvenir, la Société du canal de Provence ambitionne de parvenir à une neutralité énergétique dès 2025, et de positionner la production d’énergies renouvelables comme sa 4e activité principale. Dans cette perspective, plusieurs projets de production photovoltaïque sont prévus : il s’agit, d’une part, de panneaux flottants positionnés sur le bassin du Vallon Dol, sur les hauteurs de Marseille, à l’horizon 2023 ; et, d’autre part, d’ombrières équipées de panneaux photovoltaïques, installés au-dessus du Canal de Provence et en partenariat avec des Asa. à travers Agriteos, sa filiale créée avec la société Ombréa, la SCP vise enfin directement le marché des viticulteurs et des arboriculteurs de la région, avec un système d’ombrières intelligentes, positionnables en plein champ et capables de moduler l’ombrage projeté au sol. En cours d’expérimentation à Rians (Var), ce dispositif innovant s’ajuste en fonction des paramètres climatiques comme l’humidité, la température ou encore la lumière, et promet même une analyse prédictive du risque climatique, grâce à l’intelligence artificielle. 

Julien Dukmedjian


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