La Société du canal de Provence accélère sur ses aménagements hydro-agricoles

Publié le 07 mai 2019

Entourés du nouveau conseil d’administration, le président et le directeur de la SCP ont fait, le 8 février dernier au Tholonet, le point sur les activités de la société, son modèle de gouvernance et ses différents projets.

Afin de répondre aux besoins des territoires, l’effort d’investissements de l’entreprise provençale se renforce. Le réchauffement climatique conduit la Société du canal de Provence à accélérer ses aménagements hydro-agricoles.

Du point de vue météorologique, l’année 2018 a marqué les esprits en Provence, apportant un peu plus la preuve que chaque année la moyenne des températures est supérieure à l’année précédente. “La particularité de 2018 est, qu’après deux années de sécheresse historiques, la pluviosité a été, elle aussi, inédite, puisque 2018 figure parmi les dix années les plus humides que l’on ait connu depuis 60 ans”, commente Philipe Vitel, président de la Société du canal de Provence. L’entreprise d’aménagement hydraulique a suivi de près les conséquences qui se sont très fortement fait ressentir sur les cultures. Et si les ouvrages du Canal de Provence ont moins été sollicités cet été, les besoins en matière de desserte s’anticipent pourtant sur le long terme. Compte tenu de l’ampleur des besoins recensés dans la région, pour faire face notamment aux enjeux du changement climatique, un important programme d’investissements a été élaboré cette année.

Une programmation sur 20 ans

“Le programme prévisionnel de la Région, prévu au départ sur 10 ans, a même été révisé pour une durée de 20?ans”, explique Bruno Vergobbi, directeur de la SCP. Sur la période, “la SCP va investir 580 millions d’euros”, annonce Philippe Vitel et “70 % de cette somme seront con­sacrés à des aménagements hydro-agricoles”. Dans ce contexte de réchauffement climatique, “nous devons prendre les bonnes décisions pour sauvegarder nos filières d’excellence à forte valeur ajoutée : la viticulture, l’oléiculture, la trufficulture, la production d’amande, de figues AOC, etc. Ce plan doit accompagner ces aménagements, mais aussi continuer à sécuriser l’approvisionnement domestique et industriel en eau nécessaire à notre région”, complète le président de la SCP.

D’ailleurs, la dynamique d’investissements de l’entreprise provençale est sur une pente ascendante : ”Les investissements ont atteint 13 millions d’euros en 2017, 15 millions d’euros en 2018 et seront de 24 millions d’euros en 2019”, précise le directeur.

La répartition géographique des investissements prévus sur les 20 prochai­nes années montre, par ailleurs, une forte concentration des activités de la SCP dans le département du Var. “C’est quasiment la moitié du programme d’investissements qui y seront consacrés, soit 287 millions d’euros. Mais 90?millions seront aussi affectés dans les Bouches-du-Rhône, 78 millions dans les Alpes-de-Haute-Provence, 65 millions dans le Vaucluse”, détaille Bruno Vergobbi. De plus, 58 M€ d’investissements ne sont pas directement fléchés sur un département ; ils concernent des projets génériques qui contribueront à l’amélioration globale des activités de l’en- treprise, ainsi qu’à la sécurisation des approvisionnements sur les territoires de la région.

Irriguer 20 000 hectares de vignes

Pour l’élaboration de ce PPI (Programme pluriannuel d’investissements) l’ensemble des besoins du territoire a été intégré, mais un projet en particulier va mobiliser les investissements et les compétences de la SCP : l’irrigation de la vigne dans le Var. “Les experts du changement climatique reconnaissent que, par son impact, l’économie du rosé pourrait en effet être déstabilisée et l’irrigation est un des moyens d’y répondre. La SCP s’est donc engagée à aménager environ 20 000 hectares non desservis aujourd’hui par nos réseaux”, indique le directeur Bruno Vergobbi. Sur les 287?M€ d’investissements dans le Var, 250 M€ seront consacrés ainsi à la viticulture et aux aménagements pour couvrir ces 20?000 hectares de vignes. L’extension du réseau d’irrigation de la vigne dans le Var est un chantier majeur pour l’entreprise provençale. Dans un premier temps, c’est le secteur de Pierrefeu qui sera concerné, avec l’aménagement d’un millier d’hectares environ, pour un montant de 14 M€. Les enquêtes de terrain déterminent les souscriptions des viticulteurs et le processus suit son court.

Mais ce projet structurant et d’avenir pour le vignoble varois sera décliné, par territoire et par zone, avec l’ensemble des parties prenantes. Les travaux se feront par tranche et, à l’horizon 2024, les vignes de Pierrefeu devraient pouvoir être irriguées.

Emmanuel Delarue

 


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