Laine Mérinos d'Arles : un vrai produit d’élevage

Publié le 01 juin 2022

Le poids moyen des toisons des Mérinos d’Arles est de 2,5 kg pour les brebis, 5,5 kg pour les béliers (© DR)..

L’idée de valoriser à nouveau la laine de Mérinos d’Arles par la création et le développement de vêtements d’activités de pleine nature est née il y a près de dix ans. Le vertueux projet se concrétise aujourd’hui grâce à la détermination d’une poignée d’éleveurs.

La race Mérinos d’Arles produit la laine la plus fine d’Europe. Mais, depuis plus d’une cinquantaine d’années, elle était de- venue un simple sous-produit de l’élevage ovin. Avec l’apparition des fibres synthétiques dans un contexte mondial très concurrentiel, cette économie locale, pourtant florissante, s’est éteinte. Pour diversi- fier les possibilités de valorisation et développer les opportunités d’une filière emblématique du Pays d’Arles et de la région, les éleveurs la Mai- son de la transhumance et plusieurs partenaires ont réfléchi à la manière d’investir dans un premier temps le marché des vêtements techniques en laine Mérinos d’Arles. Des prototypes ont été confectionnés, puis certains produits sont progressive- ment arrivés dans le commerce. Le projet autour de la laine mérinos a pris officiellement forme. Il a fallu créer une entité porteuse pour ras- sembler les éleveurs, organisations professionnelles, acteurs des territoires, associations, industriels, etc. “Depuis 2018, le CPMA, Collectif pour la promotion du Mérinos d’Arles, travaille sur le maintien et le développement des produits de la Mérinos d’Arles, et plus particulièrement de la laine. Il regroupe actuellement une trentaine d’éleveurs autour du projet d’amélioration de la qualité et de la valorisation de la laine, par la création et le développement de vêtements d’activités de pleine nature”, 

Un travail de longue halaine

La laine Mérinos d’Arles est héritière d’une pratique multiséculaire de la transhumance. Elle apporte une réponse actuelle à des exigences multiples de performances physiques, thermiques et physiologiques. Afin de rivaliser avec les productions de vêtements techniques à partir de laines venant de l’hémisphère sud, il a été nécessaire, pour le CPMA, de viser une haute qualité dans l’ensemble des domaines concernés, pour séduire les consommateurs avertis en quête d’authenticité : production et traitement de la laine, chantier de tonte, confection des vêtements, design, communication…

Une charte d’engagement des éleveurs a dû être rédigée, notamment concernant les conditions de sélection des animaux, de tonte et de tri de la laine, ainsi qu’une charte éthique (respect des normes so- ciales, bien-être animal, excellence environnementale). Cela permet la mise en place de la traçabilité du vêtement, de l’élevage au produit fini, appréciable auprès des consommateurs.

Professionnalisme oblige, la réalisa- tion de la stratégie de développement des produits a impliqué une étude de marché : calcul des coûts et tarification, communication, packaging, lancement des produits, mise en place… Voilà pourquoi il a fallu attendre un peu pour développer une gamme complète. Tout ce travail aboutit aujourd’hui à la commercialisation de vêtements élaborés avec la fameuse laine Mérinos d’Arles, en collaboration de la société allemande ‘Dal Grande Naturfasern’, spécialisée dans la confection des vêtements en fibre naturelle. Les vêtements vont être valorisés sous les marques déposées La Rou- to® et Merinos d’Arles Sélection®. Nul doute que ces gammes innovantes sauront se faire apprécier des amateurs de plein air. Le Salon des agricultures de Provence les présentera d’ailleurs officiellement au grand public sur le Domaine du Merle.

Ce nouveau débouché permettra de diversifier l’activité des éleveurs. Mais ces derniers y voient surtout la concrétisation d’une aventure collective et l’émulation des éleveurs de la région autour de la race du Mérinos d’Arles. Quoi qu’il en soit, en une dizaine d’années, le prix de la laine Mérinos a pris près de deux euros du kilo. Ce n’est pas pour déplaire à la filière locale qui s’est battue pour la promotion de la laine Mérinos. L’opération qui se concrétise aujourd’hui entre dans le plan plus global du lancement du GR® 69 La Routo®, qui aboutit aussi ce printemps.

Emmanuel Delarue