Le Bio d’Olivier : “Continuer d’imaginer demain”

Publié le 17 août 2021

Olivier Nasles dans la nouvelle épicerie 100 % bio du Domaine de Camaïssette (@ E. Delarue).

Après le lancement d’une épicerie bio en lieu et place du caveau du Domaine de Camaïssette, le mois dernier, Olivier Nasles souhaite continuer de faire évoluer ce nouvel espace, autour du concept de lieu de vie.

Dans tous les métiers qu’il a exercés, Olivier Nasles a toujours avancé en cherchant à se remettre en cause. Un leitmotiv qui pousse aujourd’hui le fervent défenseur des vins de Provence, de l’agriculture bio et de l’huile d’olive, à se lancer un nouveau défi. Son nouveau projet doit l’amener à faire évoluer le caveau de vente de son domaine viticole vers un nouveau concept.

C’est quand il a repris les rênes du Domaine de Camaïssette, l’année dernière, que la question de l’avenir du domaine familial s’est posée. Intimement persuadé que les caveaux de vente, dans leur schéma actuel, doivent nécessairement évoluer, il sait que certaines choses doivent changer sur le domaine familial. “Depuis un certain nombre d’années, les chiffres de ventes de la plupart des caveaux nous le montrent : nos clients disparaissent et ne sont pas remplacés par les Millénials”, explique-t-il sans détour. Face à ce phénomène qui s’opère “lentement mais sûrement”, Olivier Nasles avait le choix, dit-il, “soit de fermer le caveau, pour se concentrer vers la vente extérieure et dégager de plus gros volumes ; soit de concevoir quelque chose d’un peu innovant”. Le domaine est très bien situé sur la route, entre Éguilles et Saint-Cannat. Il eut été dommage de ne pas tirer parti du potentiel de la clientèle des environs, de plus en plus tournée vers le local et le bio.

D’abord l’épicerie bio

De la proximité et de l’authenticité. Voici ce que beaucoup s’évertuent à chercher un peu partout en périphérie des villes. Alors pourquoi ne pas essayer de le proposer sur place ? Voilà comment née l’idée de l’épicerie certifiée 100 % bio, ‘Le bio d’Olivier’. Ouverte le 12 juillet dernier et installée en lieu et place de l’ancien caveau de vente, elle accueille une très large palette de produits locaux. On y retrouve les vins et les huiles du Domaine de Camaïssette bien sûr, mais aussi les fruits et légumes du ‘Jardin de Manon’, les soupes de Clarisse, la 808, l’eau d’Aix-en-Provence, ou les produits sans gluten Komensal de Nadia Sammut, etc.

C’était la première marche du projet qui s’est lentement construit, et qui a aussi bien évolué depuis. D’une épicerie bio, ce projet devrait ainsi évoluer vers un véritable lieu de vie. “C’est ce que je souhaite pouvoir créer”, résume Olivier Nasles. C’est la rencontre et les suggestions d’un jeune architecte, autour d’une immense terrasse extérieure, qui ont alimenté le raisonnement du viticulteur. Ce tout nouvel espace à vivre dispose dorénavant d’une capacité d’accueil de près de 200 personnes. Autour du bassin et de l’arbre de Judée déjà en place, d’autres aménagements sont prévus. Aujourd’hui, la nouvelle équipe du Domaine de Camaïssette attend impatiemment le food-truck, certifié bio évidemment, qui va faire vivre ce lieu. Et c’est un chef étoilé de la région qui devrait bientôt être à la manœuvre.

Mais le concept du ‘Bio d’Olivier’ ne s’arrête pas là : tout près de la cave, entre deux parcelles, il a prévu de réaménager un bois, pour en faire un espace qui invitera à la promenade et à la découverte de la biodiversité. Son idée est de vraiment créer un lieu autour du bio et des attentes sociétales. Mais les gens qui venaient acheter leur vin au caveau continueront toujours de s’y retrouver. “Pour vendre du vin en local aujourd’hui, il faut le mettre en scène, d’une manière ou d’une autre. J’ai fait un choix en allant au bout d’un concept, en essayant de développer un lieu où l’on ne propose pas uniquement d’acheter des produits, mais où l’on offre aussi la possibilité de déguster, de se promener, de découvrir, de prendre son temps et de manger sur place”, résume Olivier Nasles.

La dernière case qu’Olivier est en train de cocher est la création d’une trentaine d’ombrières, pour le stationnement de la clientèle, et d’un hangar agricole photovoltaïque, dont la production d’énergie couvrira les besoins énergétiques de la propriété. Elle financera aussi une partie des investissements. Il faut dire qu’Olivier Nasles a déjà injecté quelque 350 000 euros pour lancer son projet.

Cet hiver, tout devrait encore avoir bien avancé. Mais ‘Le bio d’Olivier’ emploie déjà quatre personnes à plein temps. Tous contribuent à l’ambiance détendue et à l’esprit familial qui règnent déjà.

‘Les apéros en bio’ dès le 6 août

À terme, quand le food truck bio sera en place, le domaine sera aussi ouvert le dimanche midi. On peut déjà venir y flâner à sa guise 6 jours/7, de 9 h 30 à 19 h. Et pour commencer à faire vivre la terrasse et profiter de la belle saison, ‘Le bio d’Olivier’ lance dès le 6 août, et jusqu’au 6 septembre, ‘Les apéros bio’. Tous les vendredi et samedi, à partir de 18 h 30, autour d’un verre ou deux de rosé, assiettes de tapas, de charcuteries et de fromages locaux et bio seront au rendez-vous. Une initiative qui n’est pas sans rappeler ‘Les apéros en vigne’ lancés par Michelle Nasles, sa mère, il y a quelques années.

Se lancer, à la soixantaine, dans un tel challenge, il fallait quand même oser. Olivier Nasles en est conscient. S’il souhaite continuer d’imaginer demain avec ‘Le bio d’Olivier’, la finalité économique du projet est là, et son ambition est bien de faire vivre son exploitation. 

Emmanuel Delarue


Vins de Provence agriculture bio huile d’olive Les apéros en bio Le bio d’Olivier Domaine de Camaïssette