Le Covid-19, catalyseur de développement

Publié le 13 octobre 2020

Adhérent depuis trois ans à la démarche Agrilocal, Jean-Noël Fabre produit environ 1 000 tonnes de pommes et poires par an (photo : DR).

Après la crise sanitaire sans précédent qui sévit depuis le printemps dernier, les entreprises sont malmenées et les agriculteurs ont du faire preuve de malice et d’innovation, pour ne pas voir disparaître leur outil de vie et de travail. Comment se sont-ils réinventés ? Quels ont été les effets, positifs et négatifs, du Covid ? Rencontres avec trois agriculteurs qui ont su faire de cette épreuve un levier pour rebondir.

Le Jardin de Jeannot, à Sénas (13) : une nouvelle aventure marseillaise qui commence

Servir la population marseillaise en produits primeurs, Jean-Noël Fabre y songeait déjà depuis quelque temps. Mais l’opportunité du dispositif de vente directe, mis en place par la ville de Marseille durant le confinement, a accéléré son désir de se lancer. Cet automne, il installe surtout un distributeur automatique de fruits et légumes sur les ‘Terrasses du port’. Un tout nouveau challenge pour l’arboriculteur de Sénas.

L'idée de pouvoir s’adresser plus directement à ses consommateurs trottait dans la tête de Jean-Noël Fabre depuis un petit moment déjà. Adhérent à Agrilocal depuis trois ans, la démarche lui a permis de répondre à certains besoins des collèges marseillais. Il s’est aussi aperçu que des quartiers de la cité phocéenne, pourtant très habités et en plein essor, ne disposaient d’aucun point d’alimentation primeur. C’est en redécouvrant lors de ses livraisons le quartier des Docks, par exemple, qu’il y mesure le potentiel de consommation. “Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire. Mais cela a pris un certain temps avant de trouver la stratégie, le concept et de me lancer sur un projet“, reconnaît l’arboriculteur.

Mis en relation avec le Groupe Alteor – une entreprise aixoise dont l’une des activités est la construction de cellules modulaires pour des programmes immobiliers, mais aussi de box alimentaires – son projet prend forme. Installer un distributeur, d’accord, mais encore faut-il trouver un emplacement. “J’ai beaucoup cherché jusqu’au moment où j’ai décroché un rendez-vous avec la direction des ‘Terrasses du port’“, rapporte l’intéressé. Le centre commercial du 2e arrondissement de Marseille est séduit par le concept, et le projet est aujourd’hui lancé.

Dans le même temps, la crise sanitaire agit comme un accélérateur pour ce qu’il souhaitait mettre en place. Au début du confinement, il a été sollicité par la Chambre d’agriculture et par la mairie de Marseille, pour distribuer, sous forme de paniers, des produits locaux dans plusieurs arrondissements. Il y répond favorablement, en lançant sa structure ‘Le jardin de Jeannot’ et, jusqu’en juillet dernier, il dessert les consommateurs urbains de quatre mairies de secteur chaque semaine.

Belle visibilité pour le futur distributeur

Une toute nouvelle activité pour laquelle l’arboriculteur a dû s’organiser, gérer différemment son temps et compléter son offre, en achetant des produits aux paysans autour de lui. Au départ, la distribution des paniers fraîcheurs lui prenait deux jours sur la semaine, puis une seule journée par la suite. “Il faut dire que dans les vergers du côté de Sénas, à partir du mois de mai, ça commençait à s’activer un peu“, souligne-t-il. La distribution s’est arrêtée durant l’été, mais Jean-Noël va la reprendre en optimisation ses déplacements, puisqu’il est présent le mardi, sur le marché de l’esplanade du Conseil départemental, et le jeudi, sur celui de la Métropole, à La Barasse.

Pendant le confinement, il a pu distribuer entre 40 et 60 paniers par mairie d’arrondissement, se constituant par la même occasion une solide et fidèle clientèle. Un listing de 600 consommateurs environ, qui n’attend plus que le démarrage du distributeur automatique sur les ‘Terrasses du port’. L’expérience marseillaise de l’arboriculteur – qui a donné une belle visibilité à son futur projet – devrait donc porter ces fruits. La fabrication du module qui abritera le distributeur est en cours, et l’aventure devrait démarrer au mois d’octobre, à l’angle nord des ‘Terrasses du port’. 

Emmanuel Delarue  




‘Nature o Frais’ sera déclinée sur les Terrasses du Port à Marseille, par le ‘Jardin de Jeannot’ (photo : DR).

Fruits & légumes