Le Min prépare sa révolution logistique

Publié le 27 avril 2021

Le futur Min des Arnavaux tel qu’il se présentera en 2025 (@ DR).

En 2025, le Marché d’intérêt national des Arnavaux de Marseille accueillera cinq hectares de nouveaux bâtiments dédiés à “la logistique du dernier kilomètre”.

Près de 50 ans après son installation sur son emplacement actuel, le Marché d’intérêt national des Arnavaux, au nord de Marseille, s’apprête à opérer une mue spectaculaire, en augmentant de manière significative sa surface. Faute de pouvoir s’étaler davantage et de foncier disponible, c’est en hauteur que cette mue s’effectuera, avec la construction d’une dalle de dix hectares au-dessus de la partie centrale du marché. Le projet prévoit l’édification de 50 000 m2 de bâtiments logistiques dédiés “au dernier kilomètre”. Autrement dit, les livraisons destinées aux professionnels – dont les restaurateurs et les commerces – mais aussi aux particuliers. Une centaine de postes à quai pour les poids lourds y prendra place, ainsi que des installations pour le rechargement des véhicules électriques chargés des livraisons en centre-ville.

Cette extension anticipe le prochain déploiement d’une Zone de faible émission (ZFE) dans l’hyper centre-ville de Marseille, dont la mise en œuvre devrait intervenir en 2022. Parmi les conséquences attendues figure un accès restreint aux véhicules non polluants –  excluant de fait les camions de livraisons de plus de 3,5 tonnes et les moteurs diesels –, sur une zone d’environ 20 km² couvrant le centre de Marseille. “Le projet d’extension, au vu de sa localisation, au carrefour de deux autoroutes (l’A7 et l’A50 via la L2) et à quelques kilomètres du centre-ville apporte une réponse pertinente à cette évolution souhaitée par les collectivités locales. Il permettra aussi de s’adapter au repositionnement des principales enseignes de la grande distribution, qui privilégient désormais l’ouverture de magasins de moins de 1 000 m² dans les centres-villes. Or, ces derniers disposent d’une surface de stockage restreinte” note Marc Dufour, le directeur du Min des Arnavaux. Selon ce dernier, l’extension programmée – qui inclut également la création de surface de bureaux et d’un hôtel – viendra enfin combler une forte demande non satisfaite des professionnels désireux de s’implanter au Min, qu’il évalue à 25 000 m².

Une place de marché prévu pour 2023

L’objectif, en parallèle, est de développer des solutions de livraison pour les professionnels, qui n’auraient plus à venir jusqu’au Min pour s’approvisionner en produits frais. “Nous travaillons actuellement sur un projet de marketplace, destiné à mettre en relation producteurs de fruits et légumes, de viandes ou de poissons et clients” précise Marc Dufour, qui prévoit le lancement de cette place de marché digitale pour 2023. “Plus de producteurs locaux et de grossistes présents sur le Min, c’est plus de circulations et d’échanges entre eux et, à l’arrivée, d’autant moins de produits espagnols dans les assiettes des consommateurs” veut croire Christian Burle, vice-président de la Métropole Aix-Marseille, qui pilote le projet d’extension au sein de la collectivité locale. Celui-ci prévoit en effet de créer une Halle des producteurs, réservée aux particuliers, et positionnée de plain-pied devant le marché des Arnavaux : “Une position commerciale exceptionnelle, dans la mesure où elle sera reliée aux flux de circulations en provenance de toute la Métropole” assure l’élu. Pour ce dernier, “le Min sera de plus en plus tourné vers trois activités complémentaires : l’agriculture, la logistique et l’agroalimentaire. Cette dernière vocation sera en effet accentuée, à court terme, avec la construction d’un atelier de transformation de 3 500 m² en lieu et place de la déchetterie”.

Porté par Aix-Marseille Métropole, l’actionnaire principal du Min, le montant de ce projet d’agrandissement par le haut est estimé à 400 millions d’euros. Il est soutenu par l’État, en premier lieu, qui réalisera de nouvelles voies de raccordement à l’autoroute ; la Caisse des dépôts et consignations ; la Région, le Département et la Métropole. Pour Marc Dufour, la pertinence économique du projet ne fait guère de doute, au vu de la valeur locative potentielle de ces futurs espaces dédiés. “Je n’ai pas d’inquiétude pour la commercialisation de ces 50 000 m² de surface” assure ce dernier, qui voit dans ce futur espace dédié à la logistique du dernier kilomètre, un complément aux entrepôts situés autour de l’étang de Berre et à l’ouest du département. 

Julien Dukmedjian


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