"Les marmites solidaires" : un label inédit et responsable

Publié le 01 février 2022

Les partenaires du projet de marque solidaire se sont retrouvés sur le salon Food’in Sud, lundi 24 janvier (E. Delarue).

Après la légumerie implantée au cœur du marché de Marseille – pour répondre aux besoins des associations caritatives et lutter contre le gaspillage alimentaire  – le Min et la Banque alimentaire lancent leur marque.

La Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône et le Min de Marseille se sont associés pour créer ‘Les marmites solidaires’. C’est le nouveau label des produits issus de l’activité de la légumerie du Min. Dans cet atelier, les fruits et légumes invendus des grossistes et producteurs du marché sont transformés en soupes, compotes, surgelés, conserves ou jus à destination des associations caritatives du département. Mais aussi bientôt de la grande distribution et du commerce traditionnel. “Créer une marque est une démarche qui nous tenait à cœur depuis de nombreuses années”, rapporte Christian Burle, président du Marché Marseille Méditerranée. L’initiative s’inscrit en effet “dans la continuité de ce que les partenaires ont déjà réalisé l’année dernière, avec l’aménagement de locaux et d’un atelier de transformation au sein du Min, au profit de la Banque alimentaire du département. Le projet coche ainsi toutes les cases de l’économie sociale et solidaire”, ajoutait le président.

Et c’est lundi 24 janvier, sur le salon Food’in Sud, à Marseille, que la charte du projet de marque solidaire a officiellement été signée entre le Min et la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône. Son président, Gérard Gros, est l’un des principaux maîtres d’œuvre du projet, dont la genèse remonte à 2017.

Opérationnel depuis six mois

Nous avons travaillé pendant trois ans à mettre au point cet outil de transformation, avec la conviction que les fruits et légumes constituaient une grande richesse dans ce département, face à un taux de pauvreté très important. L’atelier tourne depuis six mois, avec une gamme de produits déjà intéressante”, commente Gérard Gros. Si ce dernier n’a pas oublié d’insister sur la “participation active d’un public en situation d’insertion” dans cette action, il a aussi indiqué que le modèle de fonctionnement développé avec l’association ‘Fruits et légumes solidarité’ et son atelier se voulait être économique. “Nous voulons juguler cette activité solidaire avec un volume partiel de 25 % à 30 % d’activité commerciale, de façon à essayer de couvrir au mieux les charges d’exploitation de cet atelier. La marque permettra de faire connaître la démarche, les produits et de développer une activité commerciale. Mais la priorité est d’aider ceux qui ont faim”, insiste-t-il.

Un modèle duplicable

L’initiative est très bien perçue par la Fédération des marchés de gros de France. D’ailleurs, pour son président, Jean-Jacques Bolzan, présent sur Marseille lors de la signature, “elle pourrait être dupliquée sur les marchés de gros et d’autres types de marchés, et venir compléter des actions qui existent déjà, comme celles portées par le monde agricole. L’idée de créer une marque solidaire peut faire écho, être déroulée sur le plan national, être mutualisée et donner envie aux grossistes et agriculteurs de rejoindre la démarche”.

Pour la réalisation du projet sur le Min de Marseille, Jean-Jacques Bolzan a aussi salué l’accompagnement des institutionnels et le travail des grossistes et des agriculteurs, au cœur du système, qui a pu rendre possible une telle démarche. Si le financeur de l’atelier de transformation est le Département, ce sont bien les idées très innovantes et le travail de l’équipe de la Banque alimentaire – autour de Gérard Gros – qui ont rendu possible le projet, insistait Martine Vassal. Rappelant que sur le département près de 150 000 personnes ne mangent qu’une fois par jour, la présidente du Département des Bouches du-Rhône et de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence s’est déclarée “heureuse de soutenir le travail indispensable de la Banque alimentaire”, et souhaite “que ce projet solidaire exemplaire et ce label puissent essaimer et partir au-delà du département des Bouches-du-Rhône”.

En 2021, 55 tonnes de produits ont été transformées. La commercialisation des produits de la nouvelle marque ‘Les marmites solidaires’ devrait venir compléter cet élan et permettre au grand public de participer à ce projet solidaire. 

Emmanuel Delarue


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