Maraîchage: le plan de relance prend forme

Publié le 26 mars 2019

“Le mandat qui s’ouvre sera marqué par un programme ambitieux de développement de la filière maraîchère”, notamment des serres, annonçait le président de la Chambre d’agriculture, Patrick Lévêque, la semaine dernière, à Arles.

Les cultures maraîchères tiennent une place importante dans le département des Bouches-du-Rhône et la filière agricole. Il est donc tout naturel d’y consacrer une conférence annuelle, comme ce fut le cas le 12 mars dernier. Et pour marquer l’importance de “cette filière qui occupe une place particulière dans le département”, notait le président de la Chambre d’agriculture, Patrick Lévêque, rien de tel que de se réunir dans un lieu on ne peut plus emblématique : le musée de l’Arles antique.

“Les cultures légumières sont la production agricole la plus importante en nombre d’exploitations (687 exploitations pour 4?860?ha en 2010, ndlr1), avec des produits et des modes de conduite diversifiés, ce qui en fait une richesse pour notre agriculture départementale”, poursuivait le président fraîchement élu.

Profitant de la venue d’une cinquantaine de personnes, il a expliqué que “le mandat qui s’ouvrait serait marqué par un programme ambitieux de développement de la filière maraîchère. L’axe de travail de la précédente mandature va constituer le socle, sur lequel nous allons bâtir un programme d’actions, co-construit avec les producteurs, les Ceta, les centres d’appui technique et de recherche, sans oublier l’ensemble des acteurs de la filière”, poursuivait-il, en ouvrant les travaux de cette conférence annuelle. Éric Testud – maraîcher à Graveson, membre du bureau de la  CA 13, président du Groupe Réagir (groupement d’employeurs) et du Syndicat des producteurs serristes – est chargé d’animer ce programme, en tant qu’élu maraîchage et développement technique.

À venir, les ‘Assises du maraîchage’

“Nous avons proposé à la Chambre régionale un programme qui a été validé après de nombreuses réunions et négociations. C’était sans compter sur le dé­sengagement de l’État sur le volet P3A, pour reconquérir la compétitivité des secteurs agricole et agroalimentaire français. Mais aujourd’hui, ce qui compte, c’est le résultat présenté par Éric et la stratégie mise en place en 2019 pour obtenir un dispositif d’aides sur ce programme de relance maraîchage que nous portons. Or, qui dit relance, dit accroissement d’activité : nous avons besoin de chefs de cultures et de seconds d’exploitation pour développer nos productions sous abri et sous serre. La formation par apprentissage, mise en place en septembre dernier avec Fontlongue2, est déjà une première réponse. Le comité de pilotage que nous allons créer pour orienter les programmes de formation en est une autre”, annonçait Patrick Lévêque.

Enfin, le président de la Chambre a réaffirmé que tous ces travaux se feraient en lien avec les Ceta, qui représentent un tiers des maraîchers bucco-rhodaniens, et “qui permettent une évolution technique indispensable. Il est donc nécessaire d’inclure dans ce programme d’actions de nouveau les Ceta, par le biais de leur fédération qui va travailler à la mise en place d’un pôle de compétences techniques pour mutualiser les savoir-faire de leurs techniciens”. Pour finir, le président de la Chambre a réaffirmé la volonté de la nouvelle équipe à “travailler sur du concret : il n’y aura pas d’études lancées sans résultats à la fin, car nous sommes tous convaincus que les productions légumières ont encore de beaux jours devant elles. Et la Chambre d’agricul­ture est à vos côtés pour relever ce défi !”.

Revenant sur le plan de relance des cultures sous abri, Éric Testud a expliqué que les deux dernières années “n’avaient pas été vaines, malgré l’arrêt de financement du volet P3A par l’État. Nous avons sollicité le préfet des Bouches-du-Rhône et le Draaf pour mettre en place une cellule de réflexion”. En parallèle, la Cham­bre régionale a demandé à la Chambre de monter en 2019 un dispositif permettant d’instruire les dossiers, en lien avec les collectivités et l’État, afin de simplifier le montage des dossiers de demandes d’aides de soutien à l’investissement serre, “pour une mise en place opérationnelle en 2020”.

Par ailleurs, l’élu a annoncé la mise en place des ‘Assises du maraîchage’ réunissant tous les acteurs de la filière, DDTM, Safer, MSA, producteurs, groupement de producteurs, Ceta… “Vous serez sollicités par SMS, afin de recueillir vos souhaits qui seront intégrés dans le programme d’actions, présenté lors d’une prochaine commission technique ou lors de la première édition de ces Assises du maraîchage”, annonçait Éric Testud.

Siagi et Agilor, des solutions de financement

Pour investir et développer son entreprise et sa production, encore faut-il les moyens financiers pour y parvenir. Pour informer les maraîchers présents des dispositifs bancaires existants, les organisateurs de la rencontre annuelle avaient convié Nadine Salmon – directrice de la région Sud Paca de Siagi, un organisme de cautionnement mutuel – ainsi que Laurent Dutoit, responsable affaire au Crédit agricole Alpes Provence, afin que les deux structures présentent leurs outils de financement.

Sur demande du ministère de l’Agriculture formulée il y a cinq ans, Siagi opère désormais sur la filière agricole, afin de garantir les crédits bancaires.

Du côté du Crédit agricole Alpes Provence, on a surtout insisté sur l’offre Agilor, proposée sur les départements des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et des Hautes-Alpes. 

Céline Zambujo


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