Millésime Bio : témoignages

Publié le 09 février 2021

Pour la famille Michel, le salon Millésime Bio est toujours un rendez-vous important.

Mas de Valériole. “Le produit, il faut le goûter !“ 

Le vignoble du Mas de Valériole s’étend sur une vingtaine d’hectares, en plein cœur du parc régional de Camargue. Son propriétaire viticulteur, Patrick Michel, perpétue aujourd’hui l’héritage familial en agriculture biologique. Il cultive ses vignes classées en IGP Bouches-du-Rhône et Méditerranée, en produisant des vins sur les trois couleurs. Il développe aussi l’identité camarguaise de sa production, grâce à la mention territoriale ‘Terre de Camargue’, lancée en 2012. Pour le domaine, le salon Millésime Bio est toujours un moment important. “Quand nous avons commencé à y participer, il fallait faire un peu sa place. C’est sur le salon que nous avons rencontré nos meilleurs clients, des gens qui nous sont fidèles depuis plusieurs années. Millésime Bio nous permet aujourd’hui de les suivre, les cavistes notamment, qui viennent des quatre coins de France ou de l’étranger“, explique Hélène, l’épouse de Patrick.

C’est aussi un rendez-vous très intense pour la famille de vignerons. Surtout le jour de l’ouverture. “Nous ne sommes pas trop de quatre pour répondre aux sollicitations et assurer le stand le lundi“, reconnaît Hélène Michel. Pour cette édition 2021, c’est une totale découverte. La participation au salon demande beaucoup de préparation, car la famille n’y va jamais les mains dans les poches. “Nous faisons habituellement un gros travail au préalable, pour contacter tous les cavistes des régions qui nous intéressent , pour se présenter, etc. Mais, cette année, si ce n’est d’avoir simplement prévenu nos clients habituels que nous serions présents, nous n’avons pas fait de prospection particulière“, poursuit Hélène Michel. Aussi habituellement, le deuxième jour du salon, à la mi-journée, plus de 70 % des échanges et des rencontres sont déjà réalisés. C’est loin d’être le cas cette année pour la famille, qui ne désespérait pas pour autant. Il faut dire que la formule digitale est plutôt innovante, bien que quelque peu déroutante pour tout le monde, fournisseurs comme acheteurs.

Si les fidèles clients peuvent se contenter de réclamer quelques échantillons de rosés – pour s’assurer que le profil des vins correspond bien à ce qu’ils ont l’habitude d’acheter les années précédentes – il n’en est pas de même pour les nouveaux clients. “Les gens qui retiennent vos produits, il faut qu’ils les goûtent. C’est aussi simple que ça, parce que du bon vin il y en a partout !“, observe Hélène Michel, reconnaissante cependant envers les organisateurs d’avoir, malgré tout, pu maintenir l’organisation du salon. 

Emmanuel Delarue

Contact : Famille Michel - Vignerons indépendants, Gageron, RD 36B, 13200 Arles. 

Tél. : 04 90 97 10 41, www.masdevaleriole.com, Facebook : @masdevaleriole

 

Mas de Cadenet  : “Une toute autre approche“

Aux pieds de la Sainte Victoire, le Mas de  Cadenet travaille beaucoup avec la restauration et les cavistes régionaux. “Millésime Bio est un salon dynamique, convivial, un rendez-vous incontournable“, pour Matthieu Negrel qui y participe depuis de nombreuses éditions. C’est aussi parfois la seule occasion de l’année pour rencontrer les acheteurs qui viennent de plus loin. Premier salon de l’année, il permet de développer de nouveaux contacts. Mais, pour les clients du domaine, c’est aussi le moment attendu pour découvrir le nouveau millésime. De fait, ne pas avoir pu faire de salons en 2020 a beaucoup manqué à la profession et au viticulteur de Trets. C’est pourquoi, être présent et participer cette année à Millésime Bio, même organisé en digital, était une évidence, malgré le format virtuel très différent. Les rendez-vous ont été forcément moins nombreux sur cette édition, mais un peu plus longs, reconnaît Matthieu Negrel. “Sur le salon physique, les contacts s’établissent plus rapidement. On accueille bien souvent trois clients en même temps sur le stand, ce qui n’est pas possible dans le cadre d’un salon en digital. Il y a aussi tous les visiteurs qui saisissent l’opportunité de s’arrêter sur le stand, pour nous rencontrer et déguster, alors qu’ils ne l’avaient pas forcément prévu au départ. Cette spontanéité et cette une efficacité ne se sont pas retrouvées certes. Mais on a pu mettre en place des dégustations par Zoom“, explique le viticulteur. Pour ce faire, les échantillons ont été expédiés à l’avance aux clients, et la dégustation s’est faite avec eux en ligne, via l’application. Cela a fonctionné, mais dans une approche toute autre. Tant pour le vigneron que pour ses acheteurs. “Il manquait ce ressenti et les commentaires sur la découverte du produit. Le digital ne peut y répondre. Le vin, c’est du vivant. Les gens prennent du plaisir, marquent une réaction. C’est un moment humain qu’il est très compliqué de partager virtuellement“, résume Matthieu Negrel.

En revanche, les moments partagés avec les visiteurs ont été plus posés, et les discussions plus approfondies. Cela a tout de même demandé de s’organiser un petit peu. Les vignerons sont généralement situés en campagne et sont loin d’être tous ‘fibrés’. Pour échanger sur l’application Zoom, la qualité du réseau doit être nécessairement au rendez-vous, et le support technique à la hauteur. Il n’empêche qu’avoir du contact visuel était déjà appréciable et a au moins permis de se retrouver d’une certaine manière, après plusieurs mois de disette en matière de salons professionnels. 

Emmanuel Delarue

Contact : EARL Mas de Cadenet Négrel, Chemin départemental 57, 13530 Trets-en-Provence. 

Tél. : 04 42 29 21 59, famillenegrel@masdecadenet.fr



Comme l’explique Matthieu Negrel, “le vin, c’est du vivant. Les gens prennent du plaisir, marquent une réaction, c’est un moment humain qu’il est très compliqué de partager virtuellement“.

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