Moisson : Un blé dur de qualité qui redonne le sourire

Publié le 06 août 2019

Cette année, la qualité du blé dur est très satisfaisante dans tous les secteurs de la région.

Les pluies permanentes de l’automne dernier, et les semis très étalés qui ont suivi, n’ont pas compromis la qualité des récoltes qui est bien au rendez-vous.

Dans la zone traditionnelle de production de Paca, il restait encore, fin juillet, quelques rares secteurs où le blé dur n’avait pas été moissonné. Mais ce que les producteurs ont déjà rentré depuis un mois a de quoi redonner un peu le sourire à la filière. Membre du bureau de l’AGPB et céréalier sur Arles, Nicolas de Sambucy le confirme : “La qualité des moissons, très bonne jusqu’à maintenant, n’a rien à voir avec ce que nous avons rentré l’an passé”.

Pourtant, avec des pluies permanentes à l’automne dernier, des semis précoces et des semis tardifs, il avait fallu s’adapter. Mais la qualité des moissons, très étalées, n’en a donc pas souffert. Pour les rendements, la situation est, en revanche, plus nuancée et l’on observe beaucoup d’hétérogénéité en fonction des bassins de production.

Moins de rendement pour les semis tardifs

“Toutes les terres de coteaux qui ont été bien arrosées par les pluies et qui ont pu être semées dans les temps, en octobre, ont produit de bons rendements et de belles qualités. Mais c’est sûr qu’il ne fallait pas s’attendre à une grosse quantité pour les semis de janvier. La Camargue a par exemple beaucoup plus souffert de la sécheresse et de ces semis très tardifs. Mais une chose est sûre, la qualité est bonne partout !”

Pour la suite de la campagne, la météo qui s’annonce bonne, a permis de conserver ce niveau de qualité et les moissons se sont achevées, dans les secteurs les plus tardifs, fin juillet. Au plan quantitatif, même si “tout n’est pas bouclé et les estimations pas encore établies”, on devrait s’orienter vers “une baisse globale de la collecte dans la région”, indique Nicolas de Sambucy. Mais c’est surtout la baisse de surfaces cultivées qui en est la cause. En Paca, les surfaces céréalières continuent en effet de dégringoler. Certaines estimations indiquent un retrait cette année par rapport à l’an dernier de 7?% des surfaces.

De 20 à 70 q/ha

En Vaucluse, la tendance est confirmée par Jean Pelegry, responsable de la filière ‘céréales’ du groupe CAPL. Côté pile, “la bonne nouvelle de l’année, c’est que nous avons de la marchandise de qualité, par rapport à l’an dernier : en blé dur, nous avons plus de 60?% de la collecte qui va aller en qualité protéine, plus de 40?% en qualité meunerie pour le blé tendre, et plus de 70?% en orge de qualité”, note-t-il, soulagé. Mais côté face, il déplore la baisse des surfaces semées pour la campagne 2018-2019. “On le savait, mais elles ont baissé entre 25?% et 30?%. La faute d’une part à un climat de plus en plus extrême, avec un automne particulièrement pluvieux qui a retardé les semis. Les premiers ont été réalisés début octobre et les derniers en janvier.”

Quant à la seconde explication à cette baisse de surface, il faut la trouver dans le contexte “de marché tendu”, observé ces derniers mois, et de prix non-rémunérateurs pour ces zones traditionnelles de blé dur, “qui n’ont pas incité les céréaliers à semer, d’autant plus avec les pluies automnales”.

Résultat : des rendements très hétérogènes, toutes céréales confondues, avec des rendements compris entre 20 et 70?quintaux par hectare. “Ce manque d’homogénéité est lié d’une part, aux dates de semis, d’autre part, aux types de sols dans lesquels ces semis ont été réalisés.” Ainsi, les semis précoces d’octobre affichent “de très bons rendements” quand les plus tardifs sont “moyens à mauvais”. De même, les meilleurs rendements sont obtenus en croisant terres profondes et semis précoces.

Emmanuel Delarue et Céline Zambujo

 


Autres productionsGrandes culturesMoisson blé dur récolte qualité