MSA Provence Azur : “solidarité, responsabilité, démocratie”

Publié le 12 juillet 2022

À la tribune, Antoine Pastorelli (au micro), Jean-Yves Constantin, Sylvain Hutin et Philippe Moinard, défendent l’importance du régime agricole (© DR).

À l’heure de la mise en œuvre de la convention d’objectifs et de gestion 2022-2026, les responsables de la MSA Provence Azur, réunis en assemblée générale le 28 juin à Vidauban, réaffirment leur volonté d’incarner les valeurs fondamentales du mutualisme au plus près des territoires.

Face aux multiples incertitudes induites par la persistance de la pandémie de Covid 19, les aléas climatiques et la guerre en Ukraine et ses conséquences économiques, la caisse de Mutualité sociale agricole Provence Azur (MSA PA) entend plus que jamais renforcer ses actions pour accompagner le monde agricole et rural. En témoigne le rapport d’activité présenté lors de l’assemblée générale annuelle de la structure, organisée le 28 juin dernier, à Vidauban.

Sur tous les fronts

En sus de près de 765 millions d’euros de prestations légales versées l’an dernier au titre de la protection sociale (voir le détail ci-contre), la MSA PA a bien sûr été mobilisée dans le cadre de la crise sanitaire pour assurer, en lien avec les caisses primaires d’assurance maladie, le tracing des cas de Covid. Les équipes ont aussi participé à la mise en service d’une unité de vaccination mobile dans le Haut Var.

Le gel d’avril 2021 a aussi occupé l’organisme. “Le dispositif initial ayant été invalidé par l’Europe, ce dossier a malheureusement été retardé, mais ce n’est pas du fait de la MSA. Les aides vont désormais pouvoir être versées dans le courant de l’été”, indique à ce sujet le directeur de la MSA PA, Sylvain Hutin.

Développement du Dispositif des ressources mensuelles DRM, déploiement de l’espace numérique santé et du service public des pensions alimentaires, nouveaux services en ligne, actions sociales et de prévention, ont également mobilisé les services de la caisse interdépartementale. Des campagnes d’appels vers les primo débiteurs ont été mises en place pour soutenir au mieux les adhérents en difficulté, et des
webinaires et des parcours dédiés ont également été proposés.

De nouvelles actions ont, par ailleurs, été initiées sur le terrain de la ruralité, avec notamment, la participation à la création d’une agence et d’un bus itinérant France Services, qui permet aux habitants des secteurs ruraux d’avoir accès, en un même lieu, à l’ensemble des services publics. “Nous développons une offre de services qui se veut proactive pour accompagner au mieux nos ressortissants”, résume  Sylvain Hutin. Le tout dans un contexte budgétaire pourtant contraint.

Des moyens demandés dans un contexte contraint

Car si la Convention d’objectifs et de gestion (COG) signée fin 2021 avec l’État maintient les budgets dévolus à l’action sociale, et augmente même sensiblement ceux dédiés à la santé et à la sécurité au travail et à la prévention santé, des économies sont exigées au volet fonctionnement. Un objectif que les responsables de la MSA appellent à réexaminer au prisme de la poussée de l’inflation. “L’État doit entendre les demandes du régime agricole d’un accompagnement financier, compte tenu des circonstances exceptionnelles. Il a su globalement jouer son rôle de protection lors de la crise pandémique. Il doit veiller à ce que la nouvelle crise inflationniste préserve les Français, et notamment les plus précaires”, défend Antoine Pastorelli.

On a négocié cette nouvelle COG pied à pied sur fond de Covid. Puis la guerre en Ukraine s’est rajoutée. Et dans les conditions actuelles, avec l’inflation que l’on connaît, les 5 % d’économie que l’on nous demande sur le fonctionnement ne sont pas tenables. L’État devra faire en sorte de maintenir nos moyens d’actions, tout comme le pouvoir d’achat de nos salariés”, développe Philippe Moinard, président de la commission de l’action mutualiste au sein de la caisse centrale de la MSA. “La CCMSA est mobilisée pour continuer à assurer un service de qualité et à renforcer le guichet unique et le pilotage de la performance, pour que le réseau fonctionne bien”, garantit le représentant de la MSA au niveau national.

Avant de pointer l’épineuse question de la retraite agricole en estimant : “On a un vrai problème, nous agriculteurs, on ne cotise pas assez parce que l’on n’a pas assez de revenus. Il faudrait a minima cotiser au minimum vieillesse, il faut qu’on arrive à être meilleur sur ce sujet”.

Mal-être et emploi : des chantiers en cours

Pour les responsables de la MSA Provence Azur, plus que jamais dans ces circonstances, les valeurs du mutualisme doivent s’exprimer sur le terrain, aux plus près des territoires ruraux et du milieu agricole.

C’est dans cet esprit que sont portés les projets en cours et à venir, parmi lesquels le développement du dispositif de lutte contre le mal-être en agriculture.

Dans le cadre de la feuille de route nationale définie en lien étroit avec l’État, la MSA PA participe activement au renforcement du dispositif d’écoute et d’accompagnement qui vise à détecter plus rapidement les situations de détresse et à coordonner les moyens et les acteurs mobilisés. “Ce travail fait suite à la création, en 2012, de la cellule prévention suicide et s’appuie sur le réseau de sentinelles, mis en place en 2017, que nous souhaitons développer en nous appuyant sur les élus cantonaux de notre MSA”, explique Sylvain Hutin.

La MSA Provence Azur a, par ailleurs, répondu à un appel à manifestation d’intérêt de la caisse centrale concernant l’emploi en agriculture. “C’est un sujet complexe, qui porte de nombreuses problématiques. Pendant trois ans, en lien avec la MSA du Languedoc, chef de file de ce projet, nous allons réfléchir pour éclairer ces enjeux, les prendre à bras-le-corps et proposer des actions”, présente Jean-Yves Constantin, premier vice-président de la MSA PA.

Un mutualisme de proximité renforcé

Ce dernier souligne l’importance du rôle des élus de la MSA pour mener à bien les différentes actions déployées. “Lors de la négociation de la COG, le budget des élections n’a pas été touché. C’est une reconnaissance de la mise en œuvre de la démocratie au sein de notre régime agricole de protection sociale. C’est aussi une responsabilité. À nous de faire vivre les valeurs du mutualisme, de faire vivre la solidarité, la démocratie, la responsabilité”, soutient-il. “Il est important d’expliquer sans cesse ce qu’est la MSA. Il est important d’être acteur des débats pour construire l’avenir et pour que notre manière d’être présent sur les territoires en milieu rural ait un avenir”, insiste Jean-Yves Constantin. Et pour mieux accompagner ses délégués, en plus d’un plan de formation étoffé, la MSA a créé récemment une application mobile qui facilite l’accès à l’information et l’échange.

“En ces temps agités, le rôle des délégués MSA est encore plus important, il est central. Ces derniers sont le relais actif entre les territoires et la MSA. Ils proposent et participent à des actions utiles pour le monde agricole et rural, ils informent les adhérents sur le soutien et l’accompagnement apportés par leur MSA”, conclut Antoine Pastorelli, en saluant “l’implication des élus et des salariés qui font le maximum pour rendre les meilleurs services aux adhérents et aux territoires”.

Grabrielle Lantes


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