Ovinpiades 2020 : la nouvelle génération relève le défi

Publié le 21 janvier 2020

Prise de température, examen de la dentition, des pieds, de la mamelle... permettent d’apprécier la santé de la brebis.

Une soixantaine de jeunes élèves d’établissements d’enseignement agricole de la région concourraient, mi-décembre, pour le titre de ‘Meilleur jeune berger de Paca’, à travers des épreuves théoriques et pratiques.

Les gestes étaient plus ou moins assurés, les réponses parfois incertaines... Mais la concentration se lisait sur les visages de chacun des participants, lors de la finale régionale Paca des 15e Ovinpiades des jeunes bergers. L’épreuve - qui se disputait au Domaine du Merle, à Salon-de-Provence - réunissait quelque 60 jeunes, de 16 à 24 ans, issus de dix établissements d’enseignement agricole de la région. L’objectif pour les candidats ? Réussir au mieux les sept épreuves pratiques - trier les brebis avec un lecteur électronique, parer les onglons, évaluer l’état d’engraissement des agneaux... - et théoriques, telles que choisir un bélier correspondant à un type d’élevage défini... Autant d’exercices que les élèves sont amenés à réaliser dans leur établissement, ou en stage, mais qui deviennent autrement plus difficiles, dans les conditions réelles du con­cours, quand le stress monte et que la durée de l’exercice est chronométrée ! Pas de quoi inquiéter pour autant Gilles Cazin (Centre de formation du Merle) et Aubin Allègre (CFPPA de Carmejane), finalistes régionaux Paca, qui participeront à l’épreuve nationale, prévue le samedi 22 février prochain, au Salon international de l’agriculture, à Paris, face à 38 autres candidats.

Pour Interbev Ovins et Inn’ovin, organisateurs de ces 15e Ovinpiades, l’enjeu se situe au-delà de la simple vérification des compétences de chacun des jeunes. Il s’agit de rendre attractifs les métiers de berger ou d’éleveur ovin, et de susciter des vocations, afin d’assurer le renouvellement des générations. Il y a en effet urgence pour maintenir la production nationale, car la France est le 3e producteur européen d’agneaux, derrière le Royaume-Uni et l’Espagne. Or, plus d’un éleveur de brebis sur deux partira à la retraite dans les prochaines années, et 10 000 emplois d’éleveur seront à pourvoir dans les dix ans à venir... 

Une profession largement féminisée

Une récente enquête d’opinion, réalisée pour la Confédération nationale des éleveurs, place les ovins comme le plus attractif des métiers d’élevage pour trois Français(e)s sur dix. Plusieurs raisons expliquent cet engouement : les investissements sont, en premier lieu, proportionnellement plus modestes que pour d’autres filières d’élevage, avec un retour sur investissement relativement rapide. La filière ovine permet, d’autre part, une bonne rentabilité (bon maintien des prix, demande supérieure à l’offre, Politique agricole commune pour l’heure encore favorable...), et la diversité des modes de production (lait et viande) offre plusieurs choix possibles.

La petite taille de l’animal rend également la profession attractive pour les femmes : 35 % des éleveurs sont des éleveuses. Frédéric Laurent, responsable pédagogique au sein du Domaine du Merle, constate l’engouement des jeunes, et des moins jeunes, pour le métier : ”Cinquante candidats se présentent chaque année, afin d’intégrer la formation de berger, pour seulement quinze places proposées !”. Parmi les motivations avancées par les postulants, majoritairement urbains, figurent ”l’envie d’exercer un métier proche de la nature et au contact des animaux”, détaille Frédéric Laurent. La perspective de trouver un emploi en fin de formation est également un argument fort : “500?000?brebis sont conduites en estive chaque année, ce qui nécessite au moins 500 bergers pour les mener et les surveiller. La plupart de nos élèves est, de ce fait, embauchée à la fin de leur cursus”, se réjouit le responsable pédagogique.

Concurrents... avant de devenir jurés

Membres du jury pour la première fois, à seulement 21 ans, Martial Reille et Alexandra Pascal se sont connus sur les bancs du CFPPA de Carmejane (04), et ont tous deux remportés la finale régionale des Ovinpiades, lors de précédentes éditions. Fils et fille d’éleveurs, Martial, comme Alexandra, travaille dans l’exploitation familiale, sur le plateau de Valensole pour l’un, dans les Alpes-Maritimes pour la seconde. S’ils ne regrettent pas leur choix, ils pointent néanmoins les difficultés du métier (prédation du loup, forte dépendance aux aides de la Pac...). Pas de quoi, pour autant, les décourager, ni les faire dévier de leur choix de départ. Les Ovinpiades sont, pour eux, l’occasion de rencontrer d’autres jeunes passionnés par le métier, mais aussi de don­ner quelques conseils ou d’enseigner les bons gestes aux candidats. “On sent qu’ils aiment leur futur métier”, répondent unanimement les deux jeunes éleveurs lorsqu’on les interroge sur le niveau des candidats présents aux Ovin- piades. Âgée de 23 ans, Charlotte Briand n’est, pour sa part, pas issue du milieu agricole. Ce qui ne l’a pas empêchée de remporter la finale régionale 2016 Paca. Un titre qui a “certainement pesé lors de son recrutement comme technicienne par la coopérative Agneau Soleil”, avance-t-elle dans un large sourire.

Julien Dukmedjian


Les membres du jury surveillent le bon déroulement des épreuves, et notent la précision des gestes des candidats lors des épreuves.

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