Photovoltaïque : “Un pari sur l'avenir”

Publié le 16 avril 2019

Amaury Chauvet est plus ou moins fixé sur les productions qui ne fonctionnent pas. Sous sa serre photovoltaïque, en quête de nouvelles, il se concentre surtout sur celles qui ont déjà donné des résultats satisfaisants.

Pour s’adapter à un outil de production déroutant, Amaury Chauvet se positionne sur des productions de niche et continue de chercher les cultures qui répondront le mieux.

Ils sont quelques-uns comme lui sur Châteaurenard à s’être lancés, avec beaucoup d’espoir il y a quelques années, dans la production sous serre photovoltaïque. Parmi les questions que ces exploitants se posent aujourd’hui figure “l’intérêt ou pas de passer en bio” explique Amaury Chauvet. Mais comme pour le jeune exploitant qui explique “ne quasiment pas traiter”, la priorité est avant tout de “trouver les cultures avec un rendement satisfaisant, dans un environnement qui souffre d’un manque d’ensoleillement”.

Installé depuis une quinzaine d’années, d’abord en plein champ, le maraîcher dispose, depuis bientôt deux an, d’une structure fournie par Reden Solar, l’un des spécialistes de l’agrivoltaïque. Le fabriquant a pris à sa charge la totalité du coût de la serre et de son installation. L’outil s’étend sur une surface de 3,4 hectares d’un seul tenant, ce qui reste assez rare souligne le producteur. S’il a voulu “relever un challenge et miser sur un outil de production moderne sur le long terme” en se lançant dans l’aventure du photovoltaïque, Amaury Chauvet est encore plein d’incertitudes. Basculer sur une structure verre, plus écologique et avec des conditions de travail optimales était l’objectif. Mais le projet ne lui assure pas encore une production rentable.

Satisfaction sur les légumes feuilles

Il va boucler sa deuxième campagne et “continue de tâtonner dans ses choix de cultures”. Les légumes feuilles, de type épinard et blette, sont les productions qui ont le mieux répondu, notamment la blette couleur qui se vend plutôt bien. “Beaucoup de choses poussent en réalité. Mais le rendement ne suit pas”, constate le maraîcher. Avec des cycles plus longs, la plupart des cultures sont aussi plus sujettes à certaines maladies. “En blette pas exemple, les côtes vont pousser un peu plus fines. Il faut donc les laisser pousser plus longtemps, mais elles s’exposent ainsi à l’oïdium. J’ai réussi à le gérer préventivement, mais sur d’autres productions c’est beaucoup plus compliqué”, rapporte l’adhérent du Ceta de Châteaurenard.

Les potimarrons ont bien donné aussi l’an dernier. Il va peut-être essayer de nouvelles variétés cette année, jouer sur les densités et les conduire différemment.

Ces conditions d’ensoleillement réduit, de l’ordre de -60 % en hiver, l’obligent à “diversifier les cultures, opter pour des productions moins courantes et, surtout, trouver des clients prêts à jouer le jeu”.

Planter beaucoup plus tôt

Pour palier au manque de luminosité, il continue de jouer sur les densités et les dates de plantations, en regardant avant tout le potentiel de vente. Avec “un comportement vraiment déroutant de certaines cultures”, il est aussi complexe de trouver le bon échelonnage des cultures. Aussi a-t-il planté l’an dernier ses blettes 20 jours plus tôt, et avant le 15 août. Elles ont donné de beaux résultats, alors qu’après le 1er septembre, tout a beaucoup plus de mal à pousser.

Amaury pense poursuivre son positionnement sur le légume feuille, “les blettes notamment, où il y a peut-être un créneau à jouer”. D’autres productions complèteront ses plannings, mais, cette année, il va mettre en culture la plupart de ses productions d’hiver entre le 1er et le 15 août, pour optimiser les rendements.

Emmanuel Delarue


Le créneau des légumes feuilles, les blettes couleur notamment, est une des satisfactions de l’exploitant.

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