Plan de relance : “Un beau challenge à relever“

Publié le 02 février 2021

Comme l’indique le président de la Chambre d’agriculture, “les équipes de la Chambre sont dans les starting-blocks“ (@ Emmanuel Delarue).

Mobilisée, la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône s’est mise en ordre de bataille pour accompagner les exploitants du département, afin qu’ils puissent bénéficier au mieux des aides de l’État du Plan de relance. Pour son président, Patrick Lévêque, ces subventions sont des opportunités de développer l’agriculture à ne pas manquer.

Quel regard portez-vous sur le Plan de relance et ses objectifs ?

Patrick Lévêque : “L’État a souhaité affecter, à l’intérieur de son Plan de relance, des aides spécifiques pour renforcer la souveraineté alimentaire, accélérer la transition agroécologique et adapter l’agriculture au changement climatique. C’est une belle opportunité pour les exploitations du département. Les moyens alloués, soit 1,2 milliard d’euros, le sont cependant à l’échelle nationale, et aucune répartition régionale n’a été provisionnée. Et l’on voit bien que certains dispositifs ont été très sollicités. Je pense notamment au Plan protéines qui, dans notre département, aurait pu être intéressant, mais dont l’enveloppe a très rapidement été consommée. À nous d’être désormais réactifs en ce qui concerne les autres dispositifs.“

Parmi les mesures dévoilées, quels dispositifs vous paraissent les plus opportuns pour notre département ?

P. L. : “Nous avons dans notre département une agriculture très diversifiée avec pas moins d’une dizaine de filières, et les différents dispositifs du plan sont potentiellement opportuns pour de nombreuses exploitations. Nos agriculteurs – qui ont fait déjà beaucoup d’efforts en la matière – tendent vers une agriculture toujours plus propre, plus respectueuse de l’environnement. Aussi, les subventions dédiées aux agroéquipements performants en matière environnementale nous concernent forcément. Mais il y a aussi tous les dispositifs qui touchent à l’eau et au financement du matériel permettant une meilleure utilisation de la ressource, dans le cadre de la lutte contre les aléas climatiques.“

Le réseau des Chambres d’agriculture se place au cœur de la mécanique d’accompagnement des demandes.Comment cela va-t-il se passer dans les Bouches-du-Rhône ?

P. L. : “La Chambre d’agriculture s’est mise en ordre de bataille, puisque nous avons mis en place des équipes de techniciens capables de répondre aux différentes demandes des agriculteurs, et aussi de les accompagner dans la construction des dossiers. Mais au-delà de cet accompagnement, pouvoir sensibiliser et informer les agriculteurs sur les différentes mesures est primordial. Toutes les informations sur les dispositifs auxquels ils peuvent accéder sont, et seront, diffusées au travers de nos organes habituels, à savoir le site internet et les réseaux sociaux de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône. Aucune exploitation ne doit passer à côté des dispositifs qui peuvent la concerner.“

Les demandes déposées auprès de FranceAgriMer seront traitées selon leur ordre d’arrivée, dans la limite des crédits disponibles. Qu’est-ce que cela doit nécessiter de la part des exploitations et des agents de la Chambre d’agriculture ?

P. L. : “Les premiers arrivés seront en effet les premiers servis. Aucun crédit n’a été alloué par région, ce qui sous-entend que certaines régions pourront bénéficier de plus de subventions, parce qu’elles auront été beaucoup plus rapides que d’autres dans le traitement des demandes, le montage et le dépôt des dossiers. Il y a vraiment un beau challenge à relever en la matière. Il faut absolument que nous soyons très opportunistes sur le sujet. Pour l’instant, on observe beaucoup de questions au sein de la profession qui s’interroge, et je pense que les demandes vont démarrer très rapidement. Insistons sur le fait qu’il ne faut pas perdre de temps. Les équipes de la Chambre d’agriculture sont dans les starting-blocks. Nous diffusons largement les informations, mais n’oublions pas que vouloir s’engager sur tel ou tel dispositif relève avant tout de décisions d’entreprise. Il appartient à chaque exploitant de se mobiliser.“

Les crédits du Plan de relance ciblent également des mesures transversales aux filières comme les Projets alimentaires territoriaux (PAT). L’agriculture du département peut-elle en profiter ?

P. L. : “Nous sommes déjà, avec la Métropole et le Département, très largement engagés sur le sujet, puisque notre département a lancé son PAT qui a été validé au niveau national.

De nombreuses opérations ont été et continuent d’être développées, pour soutenir les circuits courts. Nous montrons que nous sommes capables de répondre aux demandes de nos concitoyens. Il nous faut maintenant continuer à massifier ce que toutes les expériences acquises – avec les halles, les drives, les casiers ou encore la carte interactive du Conseil départemental, développée avec la Chambre – ont pu nous apporter. Le Plan de relance peut nous y aider encore.“ 

Propos recueillis par Emmanuel Delarue


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