Plan stratégique : le CIVP fait sa révolution

Publié le 14 décembre 2021

Jean-Jacques Breban, fédération régionale du négoce, Éric Pastorino, CIVP, Olivier Nasles, ODG des Coteaux d’Aix-en-Provence, Éric Lambert, ODG des Coteaux varois en Provence, et Paul Bernard, ODG des Côtes de Provence (© E. Delarue).

Contraintes au vignoble, consommation, attentes du marché, distribution… En dix ans, tout l’environnement des vins rosés a changé. L’interprofession des Vins de Provence – qui veut conserver le leadership et accélérer la ‘prémiumisation’ de son offre – souhaite s’adapter et passe à l’action.

Sur le marché des vins rosés, les Vins de Provence ont une longueur d’avance. Mais, depuis dix ans, la consommation de rosé dans le monde connaît une forte hausse, et les attentes des marchés et des consommateurs sont aussi plus grandes. Ce constat, partagé par les membres de l’interprofession des Vins de Provence, s’est traduit par la volonté d’élaborer un plan d’actions pour passer à l’offensive. L’objectif est de conserver le leadership sur les rosés, mais aussi de pérenniser ses positions, sur la qualité notamment. Cette stratégie, c’est le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), Éric Pastorino – élu en juillet dernier – qui l’a dévoilée en assemblée générale, au domaine Saint-Julien à La Celle, le 2 décembre. Pour que le rosé de Provence continue d’être ‘le rosé des rosés’, la feuille de route est tracée.

Les trois appellations des Vins de Provence, les caves et maisons, ainsi que le négoce ont su, en quelques décennies, développer la notoriété et l’image de nos vins, au point que notre région est devenue la référence mondiale des vins rosés. Aujourd’hui, de nombreux groupes de renom investissent dans le vignoble et souhaitent y bâtir des marques de haut niveau. Même si nous pouvons être confiants pour l’avenir de notre filière, il est de notre devoir de consolider durablement notre montée en gamme et de relever les nouveaux défis, qu’ils soient économiques ou environnementaux. C’est tout le sens et toute l’ambition de notre plan stratégique“, rapporte Éric Pastorino.

Accompagner la montée en gamme

Pour l’atteindre, l’interprofession souhaite donc, pour les trois années à venir, travailler activement sur cinq axes de travail. La consolidation de sa position de référent en matière de vin rosé est le premier chantier. Il va consister à assumer, au-delà des produits, le statut de leader sur la couleur ‘rosé‘, tant sur l’analyse économique – avec la montée en puissance de l’Observatoire mondial du rosé, impulsé par le CIVP – que sur la recherche ou la mise en réseau avec, par exemple, le lancement, en 2022, d’un réseau international des vignobles spécialisés dans le vin rosé.

Les Vins de Provence entendent évidemment poursuivre leur montée en gamme. Tout un travail doit être conduit, pour accompagner la montée des niveaux d’exigence sur la qualité des vins, mais aussi pour porter l’image premium des vins : il s’agit pour cela de marquer les esprits auprès des prescripteurs, avec des événements d’envergure – un Provence Wines World Tour est notamment en cours d’élaboration –, mais aussi auprès des grands noms et des lieux prestigieux de la gastronomie.

La structuration et la valorisation de l’offre œnotouristique sont un axe stratégique sur lequel le CIVP entend également s’appuyer. “Nous allons travailler à recenser, qualifier et organiser l’offre dans le territoire, afin de proposer des expériences immersives contribuant au rayonnement collectif des Vins de Provence. Pour répondre aux attentes des visiteurs, une nouvelle plateforme web fera prochainement office de guichet unique, et donnera l’accès à l’ensemble de l’offre œnotouristique des caves et domaines du vignoble“, expliquait Brice Eymard, directeur du CIVP.

Une organisation aussi plus agile

Pour les Vins de Provence, le défi se place également dans le vignoble. Aussi, pour réussir le défi de la transition agroécologique, l’interprofession entend-elle coordonner un pôle d’expertise et d’innovation, réunissant l’ensemble des organismes techniques de la filière.

Enfin, le CIVP va renforcer ses liens avec les vignerons et les négociants, avec la mise en place d’outils permettant de mieux faire circuler l’information. Cela doit aussi permettre de stimuler l’intelligence collective, afin d’impliquer tous les adhérents et, plus largement, tous les acteurs du territoire dans la mise en œuvre du plan stratégique.

Pour articuler son nouveau projet stratégique et être mieux en connexion avec son environnement, le CIVP va ainsi dépoussiérer son fonctionnement, “pour être plus agile“. Le conseil d’administration et les commissions vont s’entourer d’experts du vignoble et quatre grands pôles – pôles ‘Économique’, ‘Technique’, ‘Marketing & communication’ et ‘Animation du territoire’ – ont été redéfinis pour répondre à ces ambitions.

Après 20 ans de réussites sur leurs marchés, l’étape que s’apprêtent à franchir les Vins de Provence ne s’annonce pas comme la plus facile. Mais s’adapter aux changements générationnels est inévitable et, dans ce nouveau défi, l’ambition collective du CIVP est forte. 

Emmanuel Delarue


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