Prémices du riz : la filière veut “rizister” malgré le verrou désherbage

Publié le 24 septembre 2019

Chemin faisant jusqu’aux îlots des essais variétaux, les producteurs ont eu une piqure de rappel concernant les modalités de sélection et plus généralement, du programme de création variétale pour le riz de Camargue

Rendez-vous incontournable de rentrée pour les producteurs de riz, les ‘Prémices du riz’ lancent la récolte, alors que les aléas climatiques se sont enchaînés cette année.

C’est LE rendez-vous des riziculteurs de septembre. Les ‘Prémices du riz’, organisés par le Centre français du riz, Arvalis (CFR), la Région Sud et le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, sont un temps de respiration pour les producteurs, à quelques jours du début des récoltes. Et cette année, les nouvelles sont mi-figue, mi-raisin. Accueillis par Bertrand Mazel – président du Syndicat des riziculteurs de France et président de l’Union des riziculteurs européens – ils étaient on ne peut plus attentifs aux propos de Cyrille Thomas, ingénieur du Centre français du riz, quand ce dernier a ouvert la matinée technique par la présentation du premier bilan de campagne. “Contrastée”, c’est ainsi que l’on peut la résumer, expliquait-il. Après une première phase d’installation, de mai à juin, les conditions climatiques sont devenues extrêmement défavorables, “ce qui a entraîné des semis tardifs et des installations lentes. Les courbes de températures montrent un année plutôt basse, même si elle n’est pas non plus catastrophique”, tempère Cyrille Thomas, bien qu’elle se place néanmoins parmi les trois premières années les plus mauvaises enregistrées depuis 1991.

En plus de ces conditions difficiles, les riziculteurs ont également dû faire avec un épisode de mistral particulièrement marqué en mai, épisode qui a pénalisé les riz “déjà très mal ou peu implantés”. Ce mistral “a eu un gros impact sur la levée des plants, entraînant jusqu’à des arrachements de plantules, qui ont nécessité des ressemis.”

Mais ce n’était pas fini ! À partir de la seconde quinzaine de juin, des épisodes caniculaires ”exceptionnels en Camargue”, dépassant régulièrement les 40°C, ont ralenti le développement de la culture.

Des situations contrastées

Malgré tout, les densités moyennes de levée restent acceptables, avec 200?plants/m² en moyenne. “C’est correct”, mais c’est une moyenne obtenue à partir de valeurs très contrastées?: les semis jusqu’au 15 mai sont caractérisés par des densités comprises entre 100 et 150 plants/m², qui peuvent être insuffisantes quand les implantations sont hétérogènes. Quant aux semis plus tardifs, menés jusqu’à la fin juin, “une pratique qui tend à se généraliser”, on observe des densités bien supérieures à 200 plants/m². “Au final, la moyenne cache donc des situations très contrastées.”

Du côté du développement de la culture, l’année 2019 se caractérise par un cycle semi-épiaison “extrêmement allongé” par rapport aux cycles normaux pour les semis des 9-10 mai (voir tableau) : “Nous avons en moyenne un retard de 10 jours par rapport aux semis à épiaison standard. Et ce retard n’a pas été rattrapé par la suite sur les semis les plus tardifs, avec des épiaisons échelonnées jusqu’à fin août pour les variétés les plus tardives”.

Au final, c’est donc un début de campa­gne “très compliqué” auquel ont dû faire face les producteurs et la filière, “meilleur” par la suite. “Les cultures sont saines, même si l’on constate un retard notable pour certaines variétés. D’où l’importance de la période qui s’ouvre pour permettre le remplissage des grains. Nous avons besoin de quelques jours supplémentaires de chaleur avant que le potentiel ne soit définitivement fixé”, reconnaît Cyrille Thomas.

Enfin, la sécheresse a également compliqué la gestion hydrique des rizières. En effet, les débits du Rhône ont pu descendre à certains moments en-dessous de 1 000 m3/seconde, à partir de juillet. “C’était gérable, mais il fallait bien faire attention aux risques de remontées salines. Heureusement, le mistral – qui favorise en général ces remontées – n’a pas sévi à ce moment-là. Mais certains jours, nous avons été sur la tangente”, a conclu l’ingénieur du CFR.

Céline Zambujo

 


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