Projet alimentaire territorial : une politique volontariste pour le ‘bien manger en Provence’

Publié le 22 février 2022

Les productions, les filières, le foncier agricole, et l’agroalimentaire sont au cœur du Projet alimentaire territorial de la Métropole Aix-Marseille-Provence, du Pôle d’équilibre territorial et rural du Pays d’Arles et de leurs partenaires (© GC).

Porté par la Métropole Aix-Marseille-Provence et le Pôle d’équilibre territorial et rural du Pays d’Arles, le Projet alimentaire territorial des Bouches-du-Rhône a pour ambition de cultiver le ‘bien manger’ en Provence. L’ambitieux projet veut développer une agriculture de proximité accessible à tous, et reconquérir les marchés locaux.

Le nouveau modèle alimentaire souhaité par l’État pour les Français doit s’appuyer sur les territoires et se construire localement. Les Projets alimentaires territoriaux (PAT) ont l’ambition de fédérer les différents acteurs autour de la question de l’alimentation, contribuant ainsi à la prise en compte des dimensions sociales, environnementales, économiques et de santé de ce territoire. Plus de 330 PAT sont désormais reconnus par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation au 1er janvier 2022.

Acteurs publics et privés ont été ainsi encouragés à construire une politique volontariste qui impacte positivement le développement d’une agriculture locale, accessible à tous. Et, dans le département, la reconquête des marchés locaux et des circuits de proximité est tout l’objectif du PAT. Mais pas seulement. Le projet que portent la Métropole Aix-Marseille-Provence et le Pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) du Pays d’Arles – en partenariat avec l’État, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, la Région Sud et la Chambre d’agriculture – veut mettre le territoire au service d’une alimentation locale, durable, de qualité et accessible à tous.

Le projet – labellisé par l’État et qui se veut transversal – s’appuie sur six grands piliers : économie, alimentation, foncier/équipement, environnement, gastronomie et innovation. Dans les grandes lignes, la volonté des partenaires est de mettre en adéquation la production avec la demande locale ; de préserver les espaces agricoles face à la pression foncière ; et d’aider l’installation des jeunes agriculteurs. Les stratégies et les actions définies doivent rapprocher les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les collectivités territoriales et les consommateurs.

Vente directe et restauration collective

Depuis 2018, la Métropole et le PETR du Pays d’Arles animent la démarche,  dont l’ambition est de contribuer globalement à développer l’agriculture sur le territoire. Pour cela, ils mobilisent et accompagnent tous les acteurs de la chaîne alimentaire, dans un dialogue territorial continu et des actions opérationnelles. Une feuille de route commune et des actions concrètes ont été dessinées pour 2024.

La question des débouchés est au cœur des préoccupations des acteurs du projet. Sur le modèle des Halles Terres de Provence du Pays d’Aix – ce marché de demi-gros saisonnier en vente directe qui se décline déjà sur Plan de campagne et le quartier de La Barasse, à Marseille (XIe arrondissement) – d’autres projets sont à l’étude. Ils s’appuient sur la formule doublement gagnante d’un prix attractif pour le consommateur, et d’une rémunération juste pour les producteurs.

Garantir l’accès à une alimentation de qualité pour tous, à la cantine, au restaurant et à la maison, passe aussi par de la formation. Et tout un réseau se met en place pour accompagner les villes vers une meilleure qualité de leur restauration scolaire. Ainsi, un programme de sept formations par an, sur mesure, a été établi pour les communes. Ces cycles de formation intitulés ‘Nos cantines durables’ doivent aborder la question de l’approvisionnement en produits durables et locaux, de la lutte contre le gaspillage. En parallèle, des outils pédagogiques sont développés, permettant notamment aux cuisiniers de cantine de partager leurs recettes à base de produits locaux de saison.

En matière de solidarité, le PAT n’est pas en reste : ainsi, pendant les confinements, 30 000 paniers de produits locaux ont été distribués aux familles du territoire, en lien avec les associations de terrain et les communes. Depuis, le projet – qui a soutenu les paniers Amap-solidaires, pour encourager la mixité sociale et le contrat de confiance avec les agriculteurs – se poursuit.

Dimension foncière stratégique

La feuille de route intègre aussi une politique foncière globale sur des secteurs agricoles stratégiques et la préservation de la ressource en eau. La reconquête des espaces ruraux ancestraux – remise en culture d’anciennes restanques dans les massifs – représente, en effet, un potentiel important à la croisée d’enjeux fonciers (économiques), écologiques (biodiversité), cynégétiques, paysagers et de gestion durable des massifs forestiers. Une politique de reconquête de friches agricoles est notamment soutenue par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Ces quatre dernières années, près de 4 000 hectares sont revenus dans le giron agricole, 630 projets ont été soutenus, soit 17,5 millions d’euros (M€) d’investissement et 11,80 M€ d’aide de la collectivité. Ainsi, les acteurs du PAT vont continuer d’accompagner des communes dans la mise en place de dispositifs de protection foncière – comme les PAEN (Protection des espaces agricoles et naturels) et les Zap (Zone agricole protégée) – et soutiendront également l’installation d’agriculteurs. Pour accélérer la transition agroécologique, il est aussi prévu d’accompagner et de former des maraîchers vers la certification Haute valeur environnementale (HVE).

Enfin, autre temps fort à venir cette année en matièrre de mise en avant du patrimoine agricole, le très attendu Salon des agricultures de Provence. Il illustre parfaitement la reconnexion souhaitée par les initiateurs du PAT entre les agriculteurs et les consommateurs du département des Bouches-du-Rhône. Il avait réuni, en 2019, pas moins de 60 000 personnes. Mise entre parenthèses en raison de la pandémie, la manifestation devrait d’autant plus valoriser les productions locales, les savoir-faire, les métiers agricoles et alimentaires sur cette édition 2022, programmée du 3 au 5 juin prochains. 

Emmanuel Delarue


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