Réforme des retraites : des craintes et beaucoup d’espoirs

Publié le 24 septembre 2019

Jacques Dufrechou et Annie Légier, dirigeants respectifs de la Section nationale des anciens exploitants, et de la Section départementale des anciens exploitants des Bouches-du-Rhône.

Le conseil national de la Section nationale des anciens exploitants (SNAE) s’est déroulé du 10 au 13 septembre dernier, à Saint-Martin-de-Crau. L’occasion pour les adhérents du syndicat de partager des moments festifs, mais aussi d’exprimer leurs revendications pour la future réforme des retraites.

C’est un programme dense qui attendait les membres du conseil décentralisé de la Section nationale des anciens exploitants (SNAE), réunis pendant trois jours à Saint-Martin-de-Crau, à l’invitation de la SDAE 13, présidée par Annie Léger. La réforme des retraites, la question du renouvellement des générations dans le monde agricole, ou encore celle du reste à charge des complémentaires santé étaient au centre des discussions de ce rendez-vous, ponctué de visites destinées à découvrir le patrimoine culturel, historique et bien sûr agricole des Bouches-du-Rhône.

À l’heure où diverses professions font entendre plus ou moins bruyamment leur voix (RATP, avocats, salariés du transport aérien…), les anciens exploitants agricoles souhaitent, eux aussi, alerter l’opinion sur les difficultés qu’ils rencontrent. Depuis début 2017, “un dispositif garantit, certes, aux chefs d’exploitation un montant de pension minimal pour une carrière complète, à 75 % du Smic net agricole, soit 871 euros, contre 1 800 euros pour l’ensemble des Français”, explique Jacques Dufrechou, président de la SNAE. “Mais les con­joints et aidants familiaux n’y sont pas éligibles”, relance ce dernier. Le sentiment d’injustice est d’autant plus criant, après une vie de dur labeur, que “le montant des pensions se dégrade”, poursuit-il. En effet, ce montant “n’est plus indexé sur la revalorisation du Smic”. Ce qui fait dire au président que les agriculteurs retraités “ont, de ce fait, l’impression d’être des laissés-pour-compte, alors que nous avons fait beaucoup pour nourrir la France, et contribué à rendre notre balance commerciale excédentaire”. Le projet de réforme des retraites, dont les travaux sont con­duits par le Haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye, suscite néanmoins quelques espoirs pour les anciens exploitants agricoles.

Un minimum de pension à 85 % du Smic

“Pour les agriculteurs qui prennent leur retraite avant 2025, le minima retraite passerait à 1 000 euros nets par mois pour une carrière complète. Puis, après la mise en place de la réforme, à 85 % du Smic”, détaille Jacques Dufrechou. “Il serait également indexé sur l’évolution du Smic.”

Pour le président de la SNAE, “les conclusions du Haut-commissaire à la réforme des retraites, si elles sont retenues par le gouvernement, vont dans la bonne direction : elles permettraient aux agriculteurs de bénéficier de pensions calculées selon les mêmes règles que les autres professions”. Une analyse partagée par la FNSEA qui juge inacceptable “un calcul de la pension des agriculteurs basé sur la durée totale de carrière, alors que les salariés bénéficiaient des 25 meil­leures années”. Le syndicat majoritaire juge par ailleurs favorablement “la mise en œuvre d’un système par points et d’un minimum de pension commun à l’ensemble des Français”.

La question du reste à charge – autrement dit la somme à payer après prise en charge par les complémentaires santé – est une autre préoccupation majeure des adhérents pour les anciens exploitants agricoles, même si elle reste secondaire par rapport aux pensions de retraite. “Il existe de fortes disparités en fonction des territoires, selon que vous habitez ou non à proximité de métropoles”, relève Jacques Dufrechou. “Les consultations de professionnels de santé occasionnent parfois de longs déplacements, pour ceux qui résident dans des déserts médicaux. Sans compter des tarifs très inégaux pour les médecins spécialistes”, pointe le dirigeant du SNAE, qui n’a pas oublié la promesse “d’un accès au soin égal pour tous” formulée par le président de la République.

Julien Dukmedjian

 

 


Les participant(e)s et leurs conjoint(e)s ont été accueilli(e)s par Annie Légier, présidente de la SDAE 13, et Isabelle Giordano, directrice de la FDSEA 13.

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