Région Sud : un plan de relance post-Covid, pour redynamiser l’agriculture dans ses territoires

Publié le 27 octobre 2020

Bénédicte Martin, présidente de la commission ‘Agriculture’ à la Région Sud a détaillé le plan de relance voté le 9 octobre dernier par la Région (Photo : DR)

L’État et la Région veulent passer la vitesse supérieure pour répondre ensemble à la crise et accompagner les agriculteurs, avec des moyens qui correspondent aux besoins du terrain.

Le secteur agricole a lourdement souffert durant la crise sanitaire, et plusieurs filières continuent d’être impactées par des pertes économiques. Pour permettre à l’agriculture française de retrouver de la compétitivité et mieux se préparer aux enjeux de demain, l’État l’a doté d’un plan spécifique de 1,2 milliard d’euros. Dans les territoires, la Région Sud – qui avait déjà répondu à l’urgence en mobilisant cinq millions d’euros au printemps dernier – veut aussi accompagner la résilience de son tissu agricole. La collectivité a voté, le 9 octobre dernier, un plan de relance de 16 millions d’euros en faveur de l’investissement, des projets et de l’innovation en agriculture. Cet alignement entre la profession, la Direction régionale de l’agriculture et la Région autour d’enjeux et de stratégies partagés méritait bien quelques éclairages. C’est dans le cadre d’une conférence – organisée en ligne, pendant le salon Med’Agri – que quelques-uns de leurs représentants se sont livrés à l’exercice.

Pour Bénédicte Martin, présidente de la commission ‘Agriculture’ au Conseil régional Paca, “ce plan de reconquête s’articule autour d’une stratégie régionale, construite avec la Chambre régionale d’agriculture, dans le cadre des huit comités de filières, et autour de trois axes“. Il vise d’abord “l’organisation, pour peser sur les circuits de distribution, courts ou longs ; et l’accompagnement sur la différenciation, pour aller chercher de la valeur ajoutée par les signes de qualité, des démarches de progrès et la Haute valeur environnementale“, détaille la conseillère régionale. Pour garder du rendement et de la productivité sur des productions emblématiques de la région, la collectivité veut aussi accompagner les exploitations sur leurs investissements, pour s’adapter au changement climatique. Enfin, la Région Sud cible la formation, “pour assurer l’accompagnement des agriculteurs de demain“.

Le secteur de l’agroalimentaire n’est pas oublié, puisque la Région travaille sur “l’identification des grands vecteurs régionaux de l’agroalimentaire, pour accompagner les acteurs du secteur dans la relocalisation de leurs approvisionnements et de leurs outils de production“, ajoute Bénédicte Martin, concluant que les notions d’indépendance et de souveraineté alimentaire sont au cœur des préoccupations comme le plan de relance national.

Complémentarité des soutiens de l’État et de la Région

Voté, le plan régional ne demande qu’à être mis en œuvre. Et tout l’enjeu va consister à l’articuler, sur le terrain, avec le plan de relance national. C’est tout ce qu’attend la profession. “Durant la crise, l’agriculture a démontré son rôle stratégique et sa capacité de résilience, tout en assurant l’approvisionnement alimentaire de la population. Reconquérir notre souveraineté alimentaire est indispensable. Mon souhait est que tous ces moyens et dispositifs puissent rapidement être assemblés et mis en œuvre, pour être le plus efficace possible“, observe de son côté André Bernard. Le président de la Chambre régionale d’agriculture assure que “le réseau des Chambres sera au rendez-vous, pour être auprès des agriculteurs et des collectivités territoriales locales : il nous faut réussir ce challenge, qui est de redynamiser l’agriculture sur ses territoires“.

Dévoilé dans ses grandes lignes en septembre dernier, “le Plan de relance de l’État en faveur de l’agriculture attend encore d’être totalement ficelé, puisqu’aujourd’hui, tous les détails des différentes mesures ne sont pas encore établis et font encore l’objet de concertations entre la profession et l’administration“, indique Patrice de Laurens, directeur régional de la Draaf. La recherche de la souveraineté alimentaire, d’une meilleure adaptation au changement climatique et d’une meilleure adaptation à la transition écologique est une colonne vertébrale de 16 mesures déjà connues, dont un important volet (400 millions d’euros sur 1,2 milliard prévu) sera consacré à la transition écologique, avec des montants d’enveloppe conséquents au niveau national.

Les premiers crédits rapidement versés

Une fois les détails des différentes dispositions connus, la Draaf souhaite organiser “des réunions pour partager, avec le monde agricole, la meilleure façon de saisir toutes les opportunités d’aides. Mais l’on sait d’ores et déjà que les projets qui seront prêts le plus tôt possible sont ceux qui seront le plus assurés d’être financés“, commentait Patrice de Laurens. Toutes ces informations seront aussi portées à l’attention des agriculteurs sur le site internet de la Draaf.

Les actes, eux, devraient venir assez rapidement. La base juridique la plus importante de ces mesures sera la loi de finances 2021, adoptée à la fin de l’année 2020. “L’idée est que les premiers engagements de crédits devront pouvoir être faits dès le début de l’année“, ajoutait Patrice de Laurens.

Pour que tous les projets aboutissent et obtiennent les enveloppes, la Région, l’État et le réseau des Chambres d’agriculture avec les filières auront à relever, ensemble, le challenge de l’efficience. Il faudra aller vite et être efficace, en essayant de s’appuyer au maximum sur des dispositifs existants pour accompagner les projets et instruire les dossiers. 

Emmanuel Delarue